DIEU PREUVES DE L'EXISTENCE DE

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Au long de l'histoire de la philosophie, les preuves de l'existence de Dieu varient selon le type d'argument choisi pour les fonder. Le philosophe peut partir de l'expérience qu'il fait de la contingence du monde, et en inférer, se plaçant à différents points de vue, l'existence nécessaire d'un Dieu soutenant dans l'être et expliquant à la pensée la contingence de l'expérimenté. C'est ainsi que tout mouvement (entendons tout devenir) impliquerait, d'objet mû en moteur et de moteur en objet mû, la nécessité d'un premier moteur immobile, suprême cause. Il en va pareillement pour l'existence même de ce qui se meut, qui impliquerait l'agir absolu d'une pure existence subsistante, seule capable de faire passer tout être du simple et indigent pouvoir d'exister à l'existence de fait. Ainsi raisonne Aristote (Physique, VIII ; Métaphysique, Λ), repris, à travers Avicenne et Maimonide, par Thomas d'Aquin (ce sont les trois premières voies du Contra Gentiles et de la Somme théologique). Tel est l'esprit des preuves dites cosmologiques ou a contingentia mundi.

Le philosophe peut aussi considérer l'ordre du monde, la finalité qu'il y discerne, la beauté qu'il y contemple, etc., et, se refusant à y voir l'effet du hasard, affirmer l'action suprêmement intelligente d'un Dieu organisateur ultime du cosmos. Cet argument, dit téléologique ou physico-théologique, s'enracine chez Platon et Aristote. Thomas d'Aquin l'utilise (cinquième voie de la Somme théologique) ; Leibniz ne le néglige point (Nouveaux Essais) ; Voltaire y acquiesce. Le philosophe peut enc [...]


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Pour citer l’article

Lucien JERPHAGNON, « DIEU PREUVES DE L'EXISTENCE DE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/preuves-de-l-existence-de-dieu/