PRAGMATIQUE

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La pragmatique, ou comment accommoder les restes : cette formule rejoint l'intuition de Bar-Hillel, l'un de ses fondateurs, qui lança de son côté l'expression de « poubelle pragmatique » pour désigner le dépotoir théorique où l'on pourrait déverser tous les problèmes insolubles en syntaxe ou en sémantique. La pragmatique contemporaine regroupe un ensemble de recherches logico-linguistiques aux frontières floues. Mais un consensus général se dessine pour la définir comme l'étude de l'usage du langage, qui traite de l'adaptation des expressions symboliques aux contextes référentiel, situationnel, actionnel et interpersonnel. C'est une discipline dont le domaine foisonnant est en train de conquérir son statut d'autonomie et en vient même à adopter une conception maximaliste voire fondatrice à l'égard de la sémantique. On comprend, dans ces conditions, que la pragmatique soit l'enjeu de réinterprétations philosophiques qui ne se confondent pas nécessairement avec le pragmatisme des fondateurs.

L'attitude pragmatique correspond au déplacement de l'intérêt vers un aspect négligé : après les points de vue historique et structural qui ont marqué les sciences du langage depuis le xixe siècle, on se met à étudier les systèmes de signes comme des phénomènes de communication. Sont « pragmatiques » les traits qui donnent à un fragment linguistique une fonction dans un acte ou un jeu de communication.

Genèse et développement

Les termes de « pragmatisme » et de « pragmatique » n'ont pas la même portée. Le premier désigne une position philosophique d'ensemble : c'est une théorie de la rationalité en tant que liée aux intérêts humains fondamentaux. Quelque chose de l'usage kantien du terme pragmatisch survit chez C. S. Peirce : « en relation avec [...]

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Pour citer l’article

Francis JACQUES, « PRAGMATIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pragmatique/