PRAGMATIQUE

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Incertitudes

Actuellement, c'est la pragmatique indexicale qui est la mieux assurée. Mais ses objectifs sont aussi les plus restreints. Tantôt on veut confondre la pragmatique avec une simple théorie de la performance sémantique (Katz, 1972), tantôt on souhaite y voir la théorie qui prend pour objectif la totalité de la compétence linguistique, « à charge de découvrir l'ensemble des conditions générales et intériorisées qui doivent être remplies par une situation énonciative pour que certains énoncés y soient possibles et y aient un sens » (Wunderlich, 1972).

De multiples controverses internes ont cours, touchant le statut de la pragmatique, sa cohérence, son existence autonome comme discipline : est-elle hétérogène ou unifiée ? intégrée ou intégrante ? faut-il adopter à son égard une conception minimaliste ou maximaliste ? À peu près autant d'efforts ont été tentés pour délimiter la pragmatique de la sémantique que pour démontrer que la démarcation est impossible. Tantôt on avance que des explications pragmatiques sont requises pour des phénomènes syntaxiques ou sémantiques, tantôt, à l'inverse, on établit que des explications syntaxiques ou sémantiques sont requises pour certains phénomènes pragmatiques. Comme toutes les disciplines neuves et vivantes, le statut de la pragmatique oscille entre un excès d'honneur et un excès d'indignité.

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Pour citer l’article

Francis JACQUES, « PRAGMATIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 23 janvier 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pragmatique/