POLYPHONIE

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La polyphonie et les musiques nouvelles

On peut se demander si la notion de polyphonie n'est pas, finalement, rigoureusement attachée à l'idée que l'on se fait (que l'on se faisait ?) de la musique en Occident depuis l'Enchirias musices. Cette idée, que l'on voit développée dès les premiers ouvrages théoriques, et qui reste à la base de l'enseignement de l'écriture musicale et de la composition, est celle d'une corrélation stricte entre les aspects mélodiques du discours musical (sons consécutifs) et les aspects harmoniques (sons simultanés). Prise dans ce sens, l'expression « polyphonie occidentale » implique l'existence de la recherche d'une synthèse entre le consécutif et le simultané, l'horizontal (la mélodie) et le vertical (l'harmonie). C'est aussi dans ce sens que la polyphonie occidentale se distingue de l'hétérophonie. Il faut donc distinguer, ainsi que le dit Jacques Chailley, l'aspect stylistique du sens strict. Le premier est magnifiquement représenté par la Symphonie de psaumes ; le second le serait par les canons de la Symphonie, op. 21, de Webern. Doit-on alors parler de polyphonie ou d'hétérophonie dans le cas de la superposition de trames sonores mélodiques que l'on rencontre dans les musiques dites expérimentales ? La notion de polyphonie ne risque-t-elle pas de devenir vague si on ne la limite pas, par définition, aux phénomènes musicaux décrits dans cet article ?

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 4 pages

Écrit par :

  • : ancien directeur de l'Institut de musicologie de l'université de Paris
  • : professeur de composition au Conservatoire national supérieur de musique de Paris

Classification

Autres références

«  POLYPHONIE  » est également traité dans :

ACCOMPAGNEMENT MUSICAL

  • Écrit par 
  • PIERRE-PETIT
  •  • 1 922 mots

Dans le chapitre « Monodie et contrepoint »  : […] La mélodie a été l'unique forme d'expression musicale de nos pays pendant des millénaires ; et la seule audace extramélodique de nos plus lointains ancêtres a consisté à inventer la « pédale », cette note continue que nous retrouverons dans les « musettes » et qui, dans la musique gréco-romaine, servait parfois de pivot à une monodie qui s'enroulait autour, comme les rubans d'un mirliton. À cette […] Lire la suite

ADAM DE LA HALLE (1235 env.-env. 1285)

  • Écrit par 
  • Paul ZUMTHOR
  •  • 1 080 mots

Dans le chapitre « L'ouvre poétique et musicale »  : […] Son ouvre se caractérise par sa diversité. Les inspirations qu'elle manifeste sont principalement polarisées par des éléments tirés de la tradition lyrique des trouvères. Pourtant, Adam se situe aux confins de cette esthétique et d'un ars nova dont il est l'un des premiers créateurs, d'où une certaine dualité, et parfois l'ambiguïté de sa poésie. On y peut distinguer un type de poème artificiel, […] Lire la suite

AGRICOLA ALEXANDRE (1446 env.-1506)

  • Écrit par 
  • Pierre-Paul LACAS
  •  • 348 mots

Né vraisemblablement en Flandre, peut-être en Allemagne, Alexandre Agricola (ou Ackermann) est en Italie, à Florence, en 1470, date de son mariage. Il est au service du duc Galéas-Marie Sforza de Milan, de 1471 à 1474, date à laquelle on le rencontre à Mantoue, ayant cédé sa place à Milan à Loyset Compère. En 1476, il est à Cambrai dans le groupe des petits vicaires (chantres). Il est de nouveau e […] Lire la suite

ARS ANTIQUA

  • Écrit par 
  • Edith WEBER
  •  • 1 899 mots
  •  • 2 médias

L'expression ars antiqua (forgée par les historiens de la musique – par opposition au nom du traité Ars nova , rédigé par Philippe de Vitry, s'appliquant à l'époque de Guillaume de Machaut en France et Francesco Landini en Italie, au xiv e  siècle) désigne l'école musicale parisienne des xii e et xiii e  siècles et, plus particulièrement, la musique médiévale française de 1230 à 1320 environ. Le […] Lire la suite

ARS NOVA

  • Écrit par 
  • Roger BLANCHARD
  •  • 6 409 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les formes »  : […] Parmi les formes héritées de l' école de Notre-Dame, certaines disparurent peu à peu au cours du xiv e  siècle, d'autres se transformèrent ; enfin des formes nouvelles naquirent. Nous avons défini ci-dessus la technique du motet isorythmique ; il nous faut revenir sur la forme motet et en retracer l'évolution. Le motet (étymologiquement, petit mot, motetus , motulus ) est né au xiii e  siècle de l […] Lire la suite

ARS NOVA (P. de Vitry)

  • Écrit par 
  • Juliette GARRIGUES
  •  • 311 mots

Le compositeur et théoricien de la musique Philippe de Vitry, qui occupera des charges importantes – notaire royal, maître des requêtes, conseiller... – auprès des rois de France Charles IV le Bel, Philippe VI et Jean II le Bon avant de devenir en 1351 évêque de Meaux, fait paraître vers 1320 un traité théorique en latin, Ars nova , qui va infléchir le cours de la musique occidentale en proposant […] Lire la suite

BANCQUART ALAIN (1934- )

  • Écrit par 
  • Alain FÉRON
  •  • 1 735 mots

Dans le chapitre « Pères spirituels  »  : […] Le souci premier d'Alain Bancquart est la grande forme : en d'autres termes, l'expansion temporelle libérée de la contrainte de la pulsation métrique traditionnelle, grâce à des processus d'écriture fondés sur ceux des compositeurs qui ont nourri sa réflexion : Bach, Beethoven, Schubert, Bruckner, Messiaen et Stockhausen. Bach, parce qu'il a conçu la trame contrapuntique de telle manière que les r […] Lire la suite

BAROQUE

  • Écrit par 
  • Claude-Gilbert DUBOIS, 
  • Pierre-Paul LACAS, 
  • Victor-Lucien TAPIÉ
  •  • 20 831 mots
  •  • 22 médias

Dans le chapitre « La naissance d'un style »  : […] C'est par opposition à l'écriture musicale de la Renaissance que naît progressivement la manière baroque. Dès 1922, Hans Joachim Moser a parlé d'un premier baroque ( Geschichte der deutschen Musik , II) ; peu après, en 1928, Ernst Bücken publiait sa Musik des Barocks . Mais c'est Curt Sachs qui semble avoir appliqué ce terme de baroque à notre sujet. D'après Manfred Bukofzer, un des meilleurs hist […] Lire la suite

BASSE, musique

  • Écrit par 
  • Henry BARRAUD
  •  • 3 508 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La basse dans la polyphonie »  : […] Un son qui s'identifie comme étant par essence une basse doit nécessairement, comme on l'a vu plus haut, être une basse par rapport à quelque chose. Cela revient à dire qu'il n'y a basse qu'au sein d'une combinaison de plusieurs sons dont le plus grave prend une valeur particulière en vertu de quelque loi mystérieuse et qui demande à être éclaircie. Une combinaison de plusieurs sons au sein desque […] Lire la suite

BENEVOLI ORAZIO (1605-1672)

  • Écrit par 
  • Alain FÉRON
  •  • 687 mots

Né à Rome le 19 avril 1605, le compositeur italien Orazio Benevoli est d'origine lorraine : son père, Robert Venouot, confiseur de profession, italianisera son nom en Benevoli après s'être établi à Rome. Le jeune Orazio est enfant de chœur à l'église Saint-Louis-des-Français (1617-1623), où il étudie la grammaire et le latin tout en s'initiant à la musique sous la férule de Vincenzo Ugolini et de […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacques CHAILLEY, Michel PHILIPPOT, « POLYPHONIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 03 décembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/polyphonie/