MURCHISON sir RODERICK IMPEY (1792-1871)

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Des premières études de terrain en Europe

Roderick Impey Murchison est né à Tarradale (nord de l’Écosse), le 19 février 1792. À l’âge de seize ans, il s'engage dans l'armée et y restera huit ans. En 1815, il se marie et se consacre désormais à la science. Il commence par voyager en Europe pendant deux ans, surtout en Italie. Il revient s'installer en Angleterre en 1818. Sur les conseils du chimiste Humphrey Davy (1778-1829), il suit les cours de la Royal Institution. Il commence à s'intéresser aux terrains du sud de l'Angleterre (Sussex, Surrey, Hampshire) en compagnie de son épouse Charlotte. En 1825, il rejoint la Société géologique de Londres, devant laquelle il lit un mémoire sur les couches sédimentaires du Secondaire (aujourd’hui Mésozoïque). Il côtoie alors de célèbres géologues britanniques : William Buckland (1784-1856), Adam Sedgwick (1785-1873) ainsi que Charles Lyell (1797-1875).

Après avoir étudié la géologie du sud de l'Angleterre, Murchison s'intéresse aux terrains les plus au nord de l'Écosse : les Highlands. Les roches y sont bien plus anciennes car elles datent au moins du Carbonifère (période du Paléozoïque). Il montre alors que le grès rouge des Highlands appartient à la « série des vieux grès rouges » du Dévonien, soit entre 419 et 359 millions d'années (Ma), et non à la « série des nouveaux grès rouges » (environ 250 Ma ; limite entre le Paléozoïque et le Mésozoïque).

Dès 1830 et jusqu'à la fin de sa vie, il va consacrer une grande partie de son activité à la vie de la Royal Geographical Society dont il sera le président à de nombreuses reprises, notamment en permanence de 1862 à 1871. Il assurera également la présidence de la Geological Society of London de 1831 à 1833 ainsi que de 1841 à 1843.

À partir de 1828, il entreprend un voyage en Europe avec Charles Lyell qui est considéré comme le père de la stratigraphie. Tous deux visitent les volcans d'Auvergne et les terrains tertiaires du sud de la France. Ils proposent une explication pour le creusement des vallées. Murchison continue ensuite seul son voyage à travers les Alpes dans le nord de l'Italie, le Tyrol et la Suisse. Il publie ses travaux concernant ces régions en 1829 et 1830 avec son ami Adam Sedgwick. Ce travail restera longtemps un des classiques de la géologie alpine pour la finesse des observations. Il étudie ensuite les couches du pays de Galles qui affleurent dans le Herefordshire et le Shropshire pour essayer de mieux comprendre la stratigraphie alors très confuse de ces régions. Il présente ses travaux en 1831 devant la British Association for the Advancement of Science qu'il vient de créer avec David Brewster (1781-1868). Il propose en 1834 de faire de ces dépôts sédimentaires un système unique qu'il nomme Silurien, du nom d'une ancienne tribu celte locale, les Silures. Cette classification entre alors en conflit avec celle d’Adam Sedgwick, qui regroupait toutes ces couches dans le Cambrien (subdivision basale du Paléozoïque, dont le nom vient de Cambria/Cumbria, formes latines du mot celte qui désigne cette région). Ce problème sera résolu ultérieurement par Charles Lapworth (1842-1920), qui ajoute l'Ordovicien (dénommé ainsi d'après les tribus celtes des Ordovices) entre le Cambrien et le Silurien pour les couches géologiques contestées. Le Silurien (qui est défini aujourd’hui entre 443 et 419 Ma), avec ses couches et ses fossiles caractéristiques, sera synthétisé dans son ouvrage The Silurian System, publié en 1939. Il élargit son champ d'investigations en travaillant sur les terrains dévoniens (surmontant le Silurien) des mêmes régions, puis sur ceux de la vallée du Rhin.

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Patrick DE WEVER, « MURCHISON sir RODERICK IMPEY - (1792-1871) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/murchison-sir-roderick-impey/