VARGAS LLOSA MARIO (1936- )

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Écrivain péruvien, Mario Vargas Llosa est (tout comme Julio Cortázar, Carlos Fuentes, Gabriel García Márquez ou José Donoso) l'un des principaux réalisateurs de ce que l'on a appelé, dans les années 1960, le boom de la littérature latino-américaine : explosion soudaine et fulgurante d'œuvres et de talents originaux qui provoquèrent l'admiration et l'intérêt passionnés du public de langue espagnole, suivi aussitôt par les lecteurs du monde entier. Il a obtenu le prix Nobel de littérature en 2010.

Le romancier péruvien Mario Vargas Llosa

Photographie : Le romancier péruvien Mario Vargas Llosa

Participant au renouveau de la littérature sud-américaine dès la fin des années 1950, le romancier péruvien Mario Vargas Llosa a acquis une renommée internationale dès 1962, avec la publication de La Ville et les Chiens

Crédits : The Granger Collection, New York

Afficher

Un goût précoce de l'écriture

Mario Vargas Llosa naît le 28 mars 1936 à Arequipa, au Pérou. Après des études secondaires à Cochabamba (Bolivie), puis à Lima et à Piura, il s'inscrit à l'université de San Marcos. Il fera ensuite de longs séjours en Europe (Paris, Madrid, Londres, Barcelone). Sa connaissance profonde du Pérou, sa vaste culture littéraire, son goût pour l'écriture (dès 1952, il publie une pièce de théâtre, La Huida, « La Fuite ») et pour le journalisme, une enfance tourmentée, une puissante personnalité, tout cela s'est épanoui brusquement dans la création d'un cycle romanesque qui, très vite, impose son nom. « Je suis convaincu que la littérature est intrinsèquement scandaleuse », déclare Vargas Llosa. C'est à dénoncer le scandale en effet, et ses mille visages, que dès le début s'emploie son œuvre. Après Ricardo Palma, César Vallejo, José María Argüedas et Ciro Alegría qui, en leur temps, donnèrent leur éclat aux lettres du Pérou, c'est le nom de Vargas Llosa qui, sans conteste, s'impose désormais au premier rang des écrivains péruviens.

En 1959, le jeune écrivain obtient, en Espagne, le prix Leopoldo-Alas pour un recueil de nouvelles, Los Jefes (Les Caïds) : « Tentatives frustrées de romans », dit l'auteur de ces récits âpres et tendus. D'emblée le ton est trouvé : « La tension éclata violemment comme une explosion » ; d'emblée aussi le thème essentiel, la violence de l'individu en réponse à la violence de la société : qu'il s'agisse d'une révolte de collégiens (Les Caïds), d'un duel à mort (Leónidas), de la rivalité de deux adolescents pour l'amour d'une fille (Un dimanche), c'est toujours le même climat de compétition et d'agressivité qui marque ces nouvelles. On y observe un procédé particulièrement efficace : le récit commence souvent à un moment de paroxysme de l'action, après lequel les personnages ne sont plus libres d'agir ou d'être que selon un déterminisme auquel ils ne peuvent plus échapper. Ce climat dramatique, où le hasard et la fatalité jouent un jeu incertain, sera une des constantes les plus fascinantes de l'univers romanesque de Vargas Llosa.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages

Écrit par :

  • : professeur émérite des Universités, membre correspondant de la Real Academia Española

Classification

Autres références

«  VARGAS LLOSA MARIO (1936- )  » est également traité dans :

LA FÊTE AU BOUC (M. Vargas Llosa) - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Philippe DULAC
  •  • 980 mots
  •  • 1 média

En 1961, le 30 mai – jour de la Fête au Bouc – Rafaël Leonidas Trujillo Molina qui, depuis 1930, maintenait Saint-Domingue dans un régime de terreur et d'esclavage, était abattu dans sa voiture par des conjurés postés au bord de la route qu'il avait coutume d'emprunter. Une répression terrible s'ensuivit. Le pays, loin de se libérer et de s'acheminer vers la démocratie, continua de s'enfoncer dans […] Lire la suite

AMÉRIQUE LATINE - Littérature hispano-américaine

  • Écrit par 
  • Albert BENSOUSSAN, 
  • Michel BERVEILLER, 
  • François DELPRAT, 
  • Jean-Marie SAINT-LU
  •  • 16 294 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Le théâtre, entre histoire et onirisme »  : […] Le renouveau d’intérêt pour le théâtre au milieu du xx e  siècle a permis de redécouvrir une véritable tradition théâtrale hispano-américaine qui s’est ensuite étoffée dans les décennies qui ont suivi. Les théâtres des grandes villes du continent créent des spectacles tout au long de l’année, en particulier en Argentine, au Mexique, à Cuba. Les festivals de théâtre à Cali, en Colombie, et à Santia […] Lire la suite

PÉROU

  • Écrit par 
  • François BOURRICAUD, 
  • Albert GARCIA, 
  • Alain LABROUSSE, 
  • Évelyne MESCLIER, 
  • Valérie ROBIN AZEVEDO
  •  • 22 246 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Marasme économique et déliquescence du système des partis  »  : […] À la fin de 1986, les premières difficultés économiques se font sentir. Le faible niveau des exportations et le déficit commercial génèrent une baisse draconienne des réserves. Face au déficit fiscal, le gouvernement cherche à maintenir la croissance et à contrôler les déséquilibres en augmentant l'intervention de l'État dans l'économie. En juillet 1987, l'annonce de la nationalisation du système […] Lire la suite

LA TANTE JULIA ET LE SCRIBOUILLARD, Mario Vargas Llosa - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Philippe DULAC
  •  • 1 420 mots
  •  • 1 média

Avec La Tante Julia et le scribouillard (1977), le romancier péruvien Mario Vargas Llosa (né en 1936) poursuit le travail de distanciation narrative et d'ironie romanesque qui est le sien depuis Pantaléon et les visiteuses (1975). Jusque-là, son projet déniait la présence d'un créateur vraiment omniscient, et donc libre et joueur. Que ce soit au travers de récits brefs et cursifs comme Les Ch […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

13-22 novembre 1992 Pérou. Tentative de putsch et élection de l'Assemblée constituante

Mario Vargas Llosa et Parti communiste orthodoxe. Les observateurs de l'O.E.A. estiment que le scrutin s'est déroulé normalement.  […] Lire la suite

10 juin 1990 Pérou. Élection d'Alberto Fujimori à la présidence

Mario Vargas Llosa, candidat libéral du F.R.E.D.E.M.O. Alberto Fujimori talonnait Mario Vargas Llosa au premier tour du scrutin, le 8 avril. Issu d'un milieu modeste et d'une communauté souvent dénigrée, l'immigré japonais a conquis les suffrages des populations rurales indiennes et urbaines pauvres. Il succédera, le 28 juillet, au président Alan García […] Lire la suite

8 avril 1990 Pérou. Premier tour de l'élection présidentielle

Mario Vargas Llosa, candidat de la coalition de droite du Fredemo et grand favori, arrive en tête avec 32,44 p. 100 des suffrages. Mais la surprise provient d'Alberto Fujimori, candidat d'origine japonaise du mouvement indépendant Cambio 90, qui réalise un score inattendu avec 27,98 p. 100 des voix. Le candidat de l'A.P.R.A., parti au pouvoir, subit […] Lire la suite

3-12 novembre 1989 Pérou. Élections municipales

Mario Vargas Llosa, remporte un net succès aux dépens du Parti social-démocrate (A.P.R.A.) au pouvoir – victime de son incapacité à juguler la crise économique – et de la coalition marxiste de la Gauche unie (I.U.) — sanctionnée pour ses divisions.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Bernard SESÉ, « VARGAS LLOSA MARIO (1936- ) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 02 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/mario-vargas-llosa/