MARX KARL (1818-1883)

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Plus d'un siècle après sa mort, Karl Marx apparaît bien comme le premier théoricien du « socialisme scientifique » (même s'il n'est pas l'inventeur de cette expression, déjà utilisée avant lui par Proudhon) et, à ce titre, comme l'initiateur du mouvement ouvrier international contemporain. Toutefois, la présentation de sa théorie n'a jamais cessé d'être l'enjeu de luttes idéologiques, donc, en dernière instance, politiques.

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Karl Marx (1818-1883), philosophe et économiste, théoricien du matérialisme dialectique, cofondateur de la Ire Internationale socialiste. 

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Ces luttes apparaissent dès la période de sa propre activité : elles continuent dans la deuxième période de l'histoire du mouvement ouvrier, celle de la formation des partis socialistes de masse et de la IIe Internationale ; dans la troisième période, celle du développement de l'impérialisme et de la révolution soviétique ; et, dans la quatrième, la période actuelle, celle de la généralisation des luttes révolutionnaires à l'échelle mondiale, des scissions du mouvement communiste international et de la crise du « socialisme réalisé ».

Il importe toujours, pour comprendre ces luttes, de remonter à leur signification pratique.

Ainsi en est-il des controverses qui portent sur la nature et le sens de la philosophie qui « fonderait » la théorie et la pratique du marxisme : hégélienne ? anti-hégélienne ? Matérialisme naturaliste, où l'histoire humaine apparaît comme le prolongement de l'évolution biologique et même géologique, où les lois de l'histoire sont des cas particuliers d'une dialectique universelle de la nature ? Ou bien philosophie humaniste, fondée sur la critique de toutes les aliénations de la société bourgeoise, sur l'idéal éthique d'une libération de l'homme, sur l'irréductibilité créatrice de la pratique historique ? Mais la théorie de Marx est-elle au juste fondée sur une philosophie ?

Ainsi en est-il également des controverses qui portent sur le rôle de Marx dans l'histoire du mouvement ouvrier, et en particulier dans la Ire Internationale, donc sur le sens des luttes de factions qui s'y sont déroulées et les circonstances de sa dissolution. Marx a-t-il été en quelque sorte l'invité du mouvement ouvrier ? A-t-il introduit de l'extérieur dans le mouvement ouvrier une théorie forgée en tant qu'observateur (et non participant) des événements historiques ? A-t-il su, par une tactique souple, faire triompher dans le mouvement ouvrier sa tendance contre d'autres, en attendant que leur conflit conduise à la scission ? Ou bien a-t-il été le véritable créateur de l'Internationale, a-t-il exprimé les tendances profondes du mouvement, en facilitant le processus, en se faisant l'interprète de l'histoire pour instruire et guider les dirigeants de la classe ouvrière ?

En fait, dans ces questions philosophiques comme dans ces questions historiques, il s'agit d'un même paradoxe : ce que Marx semble apporter du dehors au mouvement du prolétariat, c'est en réalité une idéologie prolétarienne de classe, autonome. Au contraire, les porte-parole autochtones du prolétariat n'ont d'abord été, en fait, que des représentants de l'idéologie petite-bourgeoise. C'est en ce sens très particulier que le marxisme a été importé dans la classe ouvrière par l'œuvre d'un intellectuel : cette importation est le même processus que celui par lequel le prolétariat trouve les formes d'organisation qui commandent son rôle historique dans la lutte des classes. Et, par conséquent, ce sont, pour chaque époque, les conditions pratiques permettant ou empêchant la fusion de la théorie révolutionnaire et du mouvement ouvrier qui sont en jeu dans l'interprétation de l'œuvre de Marx et de son rôle.

La jeunesse (1818-1846)

À l'époque de la jeunesse de Karl Marx, la contradiction principale d'où résultent les caractéristiques de l'histoire européenne commence seulement à se manifester comme contradiction de la bourgeoisie capitaliste et du prolétariat industriel. Son développement est extrêmement inégal.

En Allemagne, où Marx reste jusqu'à la fin de 1843, la bourgeoisie n'est dominante qu'en Rhénanie où Marx est né ; son père est, à Trèves, un avocat libéral, d'origine juive, converti au protestantisme. La question principale est celle de l'unité nationale. L'État prussien, qui fait payer à la paysannerie et à la bourgeoisie libérale la guerre de libération de 1814 par une très dure répression, tente de réaliser l'unité nationale par l'alliance des classes dominantes, bourgeoisie et féodalité foncière. Marx est étudiant en philosophie et en droit à Bonn, puis à Berlin ; il est docteur en philosophie en 1841 avec sa thèse Différence de la philosophie de la nature chez Démocrite et Épicure (Differenz der demokritischen und epikureischen Naturphilosophie), mais ne parvient pas à obtenir une chaire de professeur ; il est membre du cercle des hégéliens de gauche, animé par Bruno Bauer. Il devient journaliste, puis rédacteur en chef de la Rheinische Zeitung de tendance démocratique révolutionnaire, finalement interdite par le gouvernement prussien.

En France, où Marx émigre en octobre 1843, le développement de la grande industrie commence, la classe ouvrière devient une force décisive dans la lutte politique contre la domination de la grande bourgeoisie agraire et de l'« aristocratie financière », en même temps qu'elle commence de développer sa lutte contre le capital. La France est le pays classique des premières formes d'idéologie politique du prolétariat (blanquisme, socialisme et communisme utopiques : Saint-Simon, Fourier, Proudhon, Cabet), dominées par l'idéologie humaniste de la petite bourgeoisie radicale. La forme d'organisation correspondante est la secte, voire la société secrète. Marx, qui reste à Paris jusqu'en février 1845, en est expulsé par Guizot à la demande de la Prusse. Il publie, dans les Annales franco-allemandes, « Sur la question juive » et « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel » (« Zur Kritik der hegelschen Rechtsphilosophie », article paru en 1844 dans les Deutsch-französische Jahrbücher) : dans les limites d'une critique de l'État et de l'idéologie (représentée sous sa forme religieuse), le prolétariat apparaît, dans ces textes, comme la force historique destinée à renverser les rapports sociaux existants, réalisant ainsi l'émancipation humaine, par opposition à l'émancipation fictive, simplement juridique, réalisée par la bourgeoisie.

À Paris, Marx, devenu communiste, fréquente assidûment les cercles d'ouvriers socialistes français et allemands émigrés (notamment la Ligue des justes). Il est profondément influencé par le saint-simonisme auquel l'initie son ami H. Heine. Le communisme, forme la plus radicale de l'idéologie révolutionnaire de la classe ouvrière, lui apparaît non pas comme un idéal d'égalitarisme et de fraternité religieuse, mais comme « la forme nécessaire et le principe énergétique du futur prochain », le résultat de l'approfondissement des contradictions de la société actuelle. Marx étudie à travers l'économie politique anglaise (et française) la contradiction du travail aliéné, qui, dans la société bourgeoise, dépossède le producteur d'autant plus qu'il produit davantage (Manuscrits économico-politiques de 1844). En collaboration avec Engels, il critique dans La Sainte Famille, d'un point de vue matérialiste, la philosophie idéaliste de l'histoire, le point de vue simplement critique sur la société, qui traduit l'impuissance historique de la petite bourgeoisie intellectuelle. C'est la lutte de masse du prolétariat qui à ses yeux est la véritable critique de tout l'ordre social existant.

En 1845, Marx, réfugié à Bruxelles, travaille avec Engels à élaborer une conception matérialiste de l'histoire, fondement théorique d'un socialisme prolétarien autonome (Thèses sur Feuerbach et L'Idéologie allemande, manuscrits publiés après la mort de Marx). Il milite activement dans les groupes révolutionnaires d'ouvriers allemands. Il joue un rôle décisif dans la création de la première organisation ouvrière internationale, la Ligue des communistes (1847), qui, sous son influence et celle d'Engels, substitue à sa première devise : « Tous les hommes sont frères » le mot d'ordre : « Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »

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Karl Marx (1818-1883), par Zhang Wun. Musée Karl Marx, Trèves. 

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À la même époque, Marx effectue ses premiers voyages en Angleterre, seul pays européen où la grande industrie capitaliste est déjà dominante et où la classe ouvrière commence à s'organiser en mouvements économiques et politiques de masse (chartisme, trade-unions), comme le montre Engels dans La Situation de la classe laborieuse en Angleterre.

Du point de vue théorique, la période de jeunesse de Marx l'a conduit de la philosophie idéaliste allemande, dont la dialectique hégélienne était la forme la plus systématique, au matérialisme « critique » (sous l'influence prépondérante de Feuerbach), puis au matérialisme historique. Ce processus de transformation a permis la combinaison de la philosophie allemande et du socialisme (essentiellement français). Une telle combinaison s'esquisse alors chez d'autres théoriciens du mouvement ouvrier (par exemple, Proudhon), sans qu'ils parviennent à surmonter les difficultés qu'elle comporte : de ce fait même, leur position reste largement contradictoire. Cette contradiction a sa contrepartie pratique immédiate : par exemple, dans l'incapacité de reconnaître le caractère objectivement international de la lutte du prolétariat, et la nécessité, pour lutter contre la domination économique de la bourgeoisie, de lutter aussi contre sa domination politique. Misère de la philosophie, dit l'anti-Proudhon (1846), et le Manifeste du Parti communiste (rédigé en 1847 pour la Ligue des communistes) constituent les premiers exposés cohérents du matérialisme historique, c'est-à-dire les premiers textes de Marx dont la position théorique soit irréductible à toute forme antérieure, où la position spécifique du prolétariat devient dominante en même temps qu'elle trouve sa formulation. La rupture est à la fois théorique et politique. Mais elle ne constitue que le début d'une évolution incessante, marquée de découvertes et de « rectifications » successives, en particulier quant à sa représentation encore quelque peu messianique du prolétariat comme classe soumise à une paupérisation absolue et donc « radicalement dénuée d'illusions » (nationalistes, morales, religieuses) et quant à son interprétation « catastrophiste » des crises capitalistes.

La révolution de 1848

Expulsé de Bruxelles en mars 1848, Marx est au même moment invité à rentrer en France par le gouvernement provisoire issu de la révolution de Février à l'instigation de ses membres ouvriers. Il s'oppose au projet de certains émigrés d'une expédition militaire en Allemagne. Lorsque éclate le soulèvement pour l'unité nationale et le gouvernement démocratique, Marx rédige les Revendications du Parti communiste en Allemagne, programme d'une possible unité d'action entre la bourgeoisie libérale et le prolétariat. À partir d'avril-mai 1848, il met cette idée en pratique, en dirigeant à Cologne la section de la Ligue des communistes, en fondant une association de travailleurs de sept mille adhérents, en prenant la direction de la Neue rheinische Zeitung (à laquelle collaborent Engels, Lassalle, les frères Wolff...) : à ce journal, dit-il, « on ne pouvait donner qu'un drapeau, celui de la démocratie, mais celui d'une démocratie qui mettrait en évidence en toute occasion le caractère spécifiquement prolétarien qu'elle ne pouvait encore arborer ». Il participe au Comité de salut public créé à Cologne. Par là, s'esquisse une action révolutionnaire de masse qui dépasse largement le cadre initial de la secte socialiste.

Après les articles de Marx contre les massacres des ouvriers français pendant les journées de Juin, les commanditaires libéraux de la Nouvelle Gazette rhénane se retirent. La contre-révolution monarchique, féodale et grande-bourgeoise progresse en Allemagne en même temps que la contre-révolution bourgeoise l'emporte en France. La bourgeoisie allemande choisit l'alliance avec les grands propriétaires fonciers, sous l'hégémonie de l'État prussien, contre le libéralisme politique et l'unité nationale. Marx, accusé de subversion, est acquitté par le jury de Cologne. Rompant avec la bourgeoisie démocratique qu'effraie la révolution, il reprend le travail d'organisation et de formation théorique des organisations ouvrières (Travail salarié et capital, publié en 1849 sous le titre de Lohnarbeit und Kapital, à partir de conférences faites en 1847 à Bruxelles), tout en essayant de contribuer à la résistance armée des révolutionnaires rhénans. Au printemps 1849, Marx est expulsé d'Allemagne, puis, afin d'échapper à l'assignation à résidence par le gouvernement français, il se réfugie à Londres (sur tous ces événements, lire Révolution et contre-révolution en Allemagne d'Engels).

Après l'échec des révolutions en France et en Europe, Marx est un temps persuadé que la reprise du soulèvement est imminente en France. Aux sections de la Ligue des communistes reconstituée, il écrit : « Le parti du prolétariat doit se différencier des démocrates petits-bourgeois qui veulent terminer la révolution au plus vite [...] et rendre la révolution permanente jusqu'à ce que toutes les classes plus ou moins possédantes aient été chassées du pouvoir [...] dans tous les pays principaux du monde » (1850). Au même moment, apparaît pour la première fois chez lui la notion de dictature du prolétariat, forme politique indispensable pour « maintenir la révolution en permanence jusqu'à la réalisation du communisme ».

En comparant le déroulement des révolutions française et allemande, en étudiant leur interdépendance et les conditions économiques dans lesquelles elles se déroulent, Marx énonce une quadruple conclusion :

–  L'état du rapport des forces entre les classes qui luttent les unes contre les autres dans la société moderne dépend de la conjoncture économique : l'affaiblissement de la bourgeoisie et son isolement résultent de la crise commerciale mondiale de 1847, son renforcement en 1848-1849 dépend du retour de la prospérité industrielle. « Une véritable révolution n'est possible que dans les périodes où ces deux facteurs – les forces productives modernes et les formes de production bourgeoises – entrent en conflit les unes avec les autres. »

–  Le succès de la révolution prolétarienne dépend de la capacité de détacher la petite paysannerie propriétaire, pauvre, de la bourgeoisie et de l'État qui l'exploitent indirectement, et de la rallier à la lutte, sous la direction de la classe ouvrière, contre les classes dominantes.

–  Le développement des contradictions sociales en Angleterre, la lutte autonome du prolétariat contre la bourgeoisie française, la guerre démocratique en Allemagne et en Europe centrale sont les facteurs inséparables d'un même processus révolutionnaire. L'ordre contre-révolutionnaire et la répression reposent en Europe sur la solidarité des classes possédantes.

–  L'État moderne est l'instrument de cette domination et de cette solidarité, le garant du maintien de l'exploitation. La république démocratique bourgeoise, reposant sur le suffrage universel et le mécanisme des partis, est la forme normale de la dictature de la bourgeoisie ; c'est le régime politique qui permet l'unité des différentes fractions de la bourgeoisie, la domination de la bourgeoisie sur la classe paysanne et la petite bourgeoisie. C'est pourquoi la révolution prolétarienne ne peut l'emporter qu'à condition de « concentrer contre l'État toutes ses forces de destruction », de « briser la machine d'État que toutes les révolutions politiques n'ont fait que perfectionner ».

Ces conclusions sont énoncées notamment dans Les Luttes de classes en France (Die Klassenkämpfe in Frankreich, 1850) et dans Le 18-Brumaire de Louis Bonaparte (1852).

La clé de la révolution ininterrompue jusqu'au communisme est donc dans le développement des contradictions de la production capitaliste, dans la concentration du prolétariat en un mouvement politique de masse et dans la connaissance exacte de ces conditions. La Ligue des communistes est dissoute. Marx critique tout volontarisme : « Lorsque l'époque des révolutions de 1848-1849 fut close, Marx se dressa contre toute tentative de jouer à la révolution, exigeant que l'on sût travailler dans la nouvelle époque qui préparait, sous une « paix » apparente, de nouvelles révolutions » (Lénine, Karl Marx). La théorie du « parti révolutionnaire » qui s'ébauchait déjà dans le Manifeste et dans Misère de la philosophie – qu'on peut désigner comme théorie du « parti conscience » – inclut à la fois le moment de la lutte économique (syndicale) et celui de la lutte politique. Elle s'exprime philosophiquement dans les concepts de « classe en soi » et de « classe pour soi », qui disparaîtront plus tard.

« Le Capital » et l'Internationale (1850-1870)

La période qui va de 1850 à 1870 est d'abord celle du triomphe de la contre-révolution sur le continent et même en Angleterre. C'est la période de l'alliance entre les gouvernements russe, anglais, français, prussien, autrichien qui s'accordent, tout en se querellant, pour maintenir l'ordre existant. C'est la période des premiers affrontements impérialistes pour le partage du monde. C'est la période où la révolution industrielle capitaliste (dont l'Angleterre, qui domine le marché mondial, reste le centre) s'étend en profondeur à la France, à l'Allemagne, aux États-Unis. Mais c'est aussi, à partir des années 1860, la période des luttes de libération nationale en Europe (Irlande, Pologne), la période de l'accroissement massif de la classe ouvrière, des progrès de son organisation syndicale, des premières grandes grèves.

La préparation du « Capital »

« Marx vit dans un grand isolement [...]. Lorsqu'on lui rend visite, on est accueilli non par des salutations, mais par des catégories économiques » (Pieper à Engels, janv. 1851). Il poursuit des travaux théoriques acharnés, notamment à la salle de lecture du British Museum, qui portent surtout sur l'économie politique, mais également sur la philosophie, sur l'histoire, sur les sciences naturelles, sur les mathématiques. En 1866 encore, il écrit : « Bien que je consacre beaucoup de temps aux travaux préparatoires pour le Congrès de Genève [de l'Internationale], je ne puis, ni ne veux m'y rendre, car il m'est impossible d'interrompre mon travail pendant un temps aussi long. Par ce travail, j'estime faire quelque chose de bien plus important pour la classe ouvrière que tout ce que je pourrais faire personnellement dans un congrès quelconque » (lettre à Kugelmann du 23 août 1866).

Aujourd'hui, grâce à la publication des différents manuscrits qui s'étendent de 1857 (Grundrisse) à 1867 (livre I du Capital), on peut se faire une idée plus précise de l'ampleur et des étapes de cette recherche. Elle se concentre autour de deux grands thèmes. D'un côté (à travers la critique de Proudhon et du « socialisme ricardien », qui – comme chez Hodgskin – cherchait à fonder sur la « loi de la valeur » smithienne un plan de redistribution de la richesse sociale), elle démasque au fondement du concept classique d'échange (et de marché) une représentation anthropologique naturaliste et essentiellement juridique. De l'autre, elle confronte le concept ricardien de la productivité du capital à l'analyse du procès de travail et des conditions de vie de la classe ouvrière (notamment par l'utilisation systématique des rapports des « inspecteurs de fabriques » anglais, tel L. Horner, qui décrivent en détail l'intensification du « surtravail » par la révolution industrielle). L'accumulation capitaliste apparaît alors comme une dialectique sociale du « travail mort » et du « travail vivant », du développement de la « force productive » (manuelle et intellectuelle) et de l'exploitation, dont l'« automouvement » engendre progressivement tout le système des rapports sociaux de la « société bourgeoise ».

Ce travail est fréquemment interrompu par suite de la terrible misère matérielle dans laquelle il vit : « Je ne pense pas qu'on ait jamais écrit sur l'argent tout en en manquant à ce point. La plupart des auteurs qui en ont traité vivaient en bonne intelligence avec le sujet de leurs recherches » (à Engels, 21 janv. 1859). Plusieurs enfants de Marx meurent alors en bas âge. Les huissiers prennent, à sa poursuite, le relais de la police.

Marx collabore à différents journaux démocratiques, puis socialistes, notamment le New York Daily Tribune, où paraissent ses analyses de la politique internationale, de la colonisation anglaise, de la conjoncture économique (la crise de 1857), des mécanismes du crédit et de la circulation monétaire, du système industriel. À partir de 1859, il prend la direction effective de Das Volk, organe de l'Association culturelle des ouvriers allemands de Londres. Il collabore aux journaux chartistes et socialistes anglais (le People's Paper).

En 1859, Marx publie la première partie de la Contribution à la critique de l'économie politique, où figurent sa théorie de la marchandise et celle de l'argent (seule publiée) ; en 1860, Herr Vogt, contre les falsifications de l'histoire du mouvement ouvrier par un naturaliste, ancien député à l'Assemblée de Francfort, dont les archives saisies par la Commune prouveront après coup qu'il était l'agent de Napoléon III ; en 1867, le livre Ier du Capital, résultat du travail de quinze ans, « certainement le plus redoutable missile qui ait été lancé à la tête des bourgeois y compris les propriétaires fonciers ».

Dans la préface de la Contribution, Marx avait résumé « le résultat général qui, une fois acquis, servit de fil conducteur à [ses] études ». Ces formulations allaient constituer plus tard l'exposé « canonique » des principes du matérialisme historique : « Dans la production sociale de leur existence, les hommes entrent en des rapports déterminés, nécessaires, indépendants de leur volonté, rapports de production qui correspondent à un degré de développement déterminé de leurs forces productives matérielles. L'ensemble de ces rapports de production constitue la structure économique de la société, la base concrète sur quoi s'élève une superstructure juridique et politique et à laquelle correspondent des formes de conscience sociales déterminées. Le mode de production de la vie matérielle conditionne le processus de vie sociale, politique et intellectuelle en général. Ce n'est pas la conscience des hommes qui détermine leur être ; c'est inversement leur être social qui détermine leur conscience. À un certain stade de leur développement, les forces productives matérielles de la société entrent en contradiction avec les rapports de production existants, ou, ce qui n'en est que l'expression juridique, avec les rapports de propriété au sein desquels elles s'étaient mues jusqu'alors. De formes de développement des forces productives qu'ils étaient, ces rapports en deviennent des entraves. Alors s'ouvre une époque de révolution sociale. Le changement dans la base économique bouleverse plus ou moins rapidement toute l'énorme superstructure. Lorsqu'on considère de tels bouleversements, il faut toujours distinguer entre le bouleversement matériel des conditions de production économiques – qu'on peut constater d'une manière scientifiquement rigoureuse – et les formes juridiques, politiques, religieuses, artistiques ou philosophiques, bref, les formes idéologiques sous lesquelles les hommes prennent conscience de ce conflit et le mènent jusqu'au bout. Pas plus qu'on ne juge un individu sur l'idée qu'il se fait de lui-même, on ne saurait juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. Une formation sociale ne disparaît jamais avant que soient développées toutes les forces productives qu'elle est assez large pour contenir, jamais des rapports de production nouveaux et supérieurs ne s'y substituent avant que les conditions d'existence matérielles de ces rapports soient écloses dans le sein même de la vieille société. C'est pourquoi l'humanité ne se propose jamais que des tâches qu'elle peut accomplir, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours que la tâche elle-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour la remplir existent déjà ou du moins sont en voie de constitution. À grands traits, les modes de production asiatique, antique, féodal et bourgeois moderne peuvent être qualifiés d'époques progressives de la formation sociale économique. Les rapports de production bourgeois sont la dernière forme antagonique du processus de production sociale, non pas dans le sens d'un antagonisme individuel, mais d'un antagonisme qui naît des conditions d'existence sociale des individus ; cependant les forces productives qui se développent au sein de la société bourgeoise créent en même temps les conditions matérielles pour résoudre cette contradiction. Avec cette formation sociale s'achève donc la préhistoire de la société humaine. »

L'Internationale

Mais, en 1864, avait été fondée, à l'occasion d'un meeting en faveur de la liberté de la Pologne, l'Association internationale des travailleurs, connue sous le nom de Ire Internationale. Elle rassemble des organisations ouvrières anglaises, allemandes, françaises, suisses, belges, puis italiennes, espagnoles, américaines, etc., d'inspirations idéologiques très diverses (proudhoniens, lassalliens, bakouniniens, mazziniens, trade-unionistes, libéraux anglais, etc.) ; leur réunion est, selon Marx, « le produit spontané du mouvement prolétaire, engendré lui-même par les tendances naturelles, irrépressibles de la société moderne », c'est-à-dire par le développement des luttes politiques et économiques de classes.

Marx est invité, dès l'origine, à faire partie du Comité provisoire, puis du Conseil général de l'Internationale. Il fait triompher, contre le projet d'un simple organisme consultatif de liaison et de solidarité, la conception d'un organisme de direction politique chargé d'élaborer à partir des situations locales « une tactique unique pour la lutte prolétarienne de la classe ouvrière dans les divers pays » (Lénine, Karl Marx). « Je suis en fait à la tête de cette affaire » (Marx à Engels, 13 mars 1865).

Le Conseil général se réunit toutes les semaines, reçoit en permanence des correspondants, organise la solidarité matérielle aux grèves des différents pays par des collectes internationales. L'A.I.T. réussit ainsi à interdire l'embauche des ouvriers étrangers par les entreprises dont les travailleurs sont en grève. Elle contribue à la mobilisation de la classe ouvrière anglaise qui empêche l'Angleterre d'intervenir dans la guerre de Sécession aux côtés du Sud (1862), à la mobilisation de la classe ouvrière américaine contre le conflit anglo-américain (mai 1869) : « La classe ouvrière apparaît sur la scène historique, non plus comme un exécutant docile, mais comme une force indépendante [...] capable de dicter la paix là où ses soi-disant maîtres crient à la guerre. » Elle mène une lutte politique et idéologique active pour le soutien des mouvements de libération nationale en Europe. Elle entreprend plusieurs enquêtes sur la condition ouvrière à partir d'un questionnaire établi par Marx : « Il faut avoir une connaissance exacte et positive des conditions dans lesquelles travaille et se meut la classe ouvrière » (1865). Elle diffuse, sous forme d'adresses, publiées dans les différents pays, et par la presse des sections nationales, les textes de base d'une formation théorique de la classe ouvrière.

L'activité de l'Internationale n'en reste pas moins dominée par des luttes idéologiques incessantes.

Le socialisme français est massivement proudhonien, hostile à « toute action révolutionnaire (c'est-à-dire qui jaillit de la lutte des classes elles-mêmes), à tout mouvement concentré social, c'est-à-dire réalisable également par des moyens politiques (comme, par exemple, la diminution légale de la durée de la journée de travail) ; et cela sous prétexte de liberté, d'antigouvernementalisme ou d'individualisme antiautoritaire » (Marx à Kugelmann, nov. 1866).

Le socialisme anglais est trade-unioniste, réformiste et légaliste, hésitant devant la lutte économique de classes qui risque à ses yeux d'entraîner la hausse des prix. Il s'éloigne de plus en plus de la tradition chartiste et se concentre pour longtemps dans le milieu de l'« aristocratie ouvrière ».

Le socialisme allemand est en majorité organisé dans l'Association générale des travailleurs allemands, fondée en 1863 par F. Lassalle, qui nourrit de façon répétée l'illusion d'une intervention socialiste de l'État prussien : « Elle greffe le césarisme sur les principes démocratiques » (lettre à Marx de trois ouvriers berlinois, 1865).

Au conseil général de l'A.I.T. s'affrontent les expressions de ces diverses tendances. L'autorité intellectuelle de Marx, le soutien qu'il reçoit d'une majorité de sections imposent généralement les vues du « socialisme scientifique ». Sans qu'il soit, bien évidemment, question de « marxisme », c'est en ce sens que se prononcent généralement les congrès successifs :

–  Pour la lutte économique de classes et son organisation dans les syndicats, qui sont les « écoles du socialisme ». « Si la classe ouvrière, note Marx, lâchait pied dans son conflit quotidien avec le capital, elle se priverait certainement elle-même de la possibilité d'entreprendre tel ou tel mouvement de plus grande envergure ». Mais « les ouvriers ne doivent pas s'exagérer le résultat final de cette lutte quotidienne. Ils luttent contre les effets et non contre les causes ». Ils doivent donc inscrire sur leur drapeau le mot d'ordre révolutionnaire : « Abolition du salariat », qui est leur objectif final » (Salaire, prix et profit, rapport de 1865 à l'Internationale).

–  Pour l'appropriation collective des moyens de production par la classe ouvrière, contre le rêve du retour à leur propriété individuelle (Bruxelles, 1868, Bâle, 1869).

–  Contre l'indifférence (des proudhoniens) aux luttes nationales, contre la résistance des ouvriers européens à se désolidariser de leur bourgeoisie et à lutter aux côtés des peuples qu'elle exploite (par exemple, dans la question irlandaise).

–  Pour l'organisation de la lutte politique de classe dans l'appareil politique existant, sous la forme d'un parti organisé (les anarchistes veulent l'autonomie des sections locales, Marx exige la reconnaissance de la tendance générale de l'Internationale) ; pour l'incorporation des intellectuels révolutionnaires au mouvement ouvrier (les proudhoniens voudraient exclure tous ceux qui ne sont pas des ouvriers manuels).

Ainsi, par une combinaison inégale de thèses théoriques et d'expériences concrètes, se constitue progressivement un concept de « politique prolétarienne » échappant au dilemme de l'apolitisme (ou de la négation abstraite de l'État) et du légalisme (voire de l'étatisme), qui oppose à la pratique bourgeoise de la politique une autre pratique (de masse) de la politique. L'historiographie récente a confirmé la réalité de cette tendance. Elle en a aussi montré les limites.

La Commune, la fin de l'Internationale, les dernières œuvres (1871-1883)

La Commune de Paris

La Commune de Paris et ses conséquences immédiates marquent la fin de la première période de l'histoire du mouvement ouvrier organisé. Du point de vue de Marx, la guerre franco-allemande de 1870 présente un redoutable dilemme :

–  Elle annonce, quelle qu'en soit l'issue, la chute de Napoléon III, la fin du bonapartisme en France et la fin de son influence sur l'Europe : elle implique du même coup la réalisation de l'unité allemande, c'est-à-dire la fin du processus de révolution bourgeoise ; et celle-ci est elle-même la condition de l'approfondissement des luttes de classes en Allemagne, du développement du mouvement ouvrier allemand. Du côté allemand, la guerre a, en dernière analyse, un caractère défensif.

–  Mais la guerre franco-allemande signifie aussi que la révolution bourgeoise en Allemagne sera achevée par le haut, sous l'hégémonie de l'État prussien des hobereaux. Par là même, elle annonce la reconstitution immédiate du bloc défensif des classes possédantes européennes, au prix de quelques changements dynastiques et d'un renversement des hiérarchies : c'est ce que prouve aussitôt la collusion de Bismarck et de Thiers, qui permet l'écrasement de la Commune, lequel permet à son tour la répression féroce du mouvement ouvrier en Allemagne et dans toute l'Europe.

C'est dans l'intervalle, dans le jeu laissé par cette contradiction complexe, que peut se manifester l'action du prolétariat.

L'Internationale organise ou appuie les manifestations de solidarité mutuelle des classes ouvrières allemande et française, qui précèdent de peu l'entrée en guerre. Après la chute du Second Empire, remarquant que la République française « n'a pas renversé le trône, mais seulement pris sa place restée vacante », et qu'elle continue donc sa politique, l'Internationale (par la plume de Marx) montre que « la classe ouvrière française se [trouve] placée dans des circonstances extrêmement difficiles », et que l'insurrection « serait une folie désespérée ». Pourtant « il serait évidemment fort commode de faire l'histoire si l'on ne devait engager la lutte qu'avec des chances infailliblement favorables [...]. La démoralisation de la classe ouvrière serait un malheur bien plus grand que la perte d'un nombre quelconque de « chefs ». Grâce au combat livré par Paris, la lutte de la classe ouvrière contre la classe capitaliste et son État capitaliste est entrée dans une nouvelle phase. Mais, quelle qu'en soit l'issue, nous avons obtenu un nouveau point de départ d'une importance historique universelle » (à Kugelmann, 17 avr. 1871).

Dès l'insurrection du 18 mars 1871 en réponse à la provocation de Versailles, le Conseil général de l'Internationale, qui n'avait aucune part directe dans son déclenchement, « salua avec enthousiasme l'initiative révolutionnaire des masses » (Lénine, Karl Marx). Il organise, sous la direction de Marx, la solidarité internationale vis-à-vis de la Commune, malgré de très grandes difficultés. Forçant le blocus, il peut communiquer à la Commune des informations (sur l'accord secret conclu entre Bismarck et Jules Favre) et quelques conseils tactiques en matière de défense militaire, de finances, de politique du travail. Après la chute de la Commune, due en partie à « la trop grande honnêteté » des travailleurs parisiens qui ne voulurent pas devancer la concentration des troupes versaillaises et prussiennes en prenant l'offensive, ni répondre à la terreur bourgeoise par la terreur populaire, Marx et ses camarades organisent le sauvetage des rescapés.

La « dictature du prolétariat »

La classe ouvrière dominait, en fait, mais n'assurait pas à elle seule la direction de la Commune, où figuraient aussi les représentants de la petite bourgeoisie « jacobine », artisanale et intellectuelle. Les représentants de la classe ouvrière se divisaient eux-mêmes en une majorité de blanquistes et une minorité d'internationaux (Léo Frankel, Eugène Varlin). Mais, poussée par la nécessité de sa propre survie, la Commune appliqua, dans les faits, une politique révolutionnaire. Non seulement Marx en approuva le principe, mais – tout en critiquant l'insuffisance des mesures d'organisation face à la contre-révolution – il fut amené à en tirer les leçons dans sa propre conception du socialisme. Elles aboutirent à une rectification explicite de certaines thèses du Manifeste communiste, et donnèrent naissance tendanciellement à un nouveau concept de la « dictature du prolétariat » : non plus simple stratégie révolutionnaire de conquête du pouvoir, mais forme politique spécifiquement prolétarienne, fondée sur l'organisation des producteurs et sur la démocratie de masse (d'où procéderont plus tard des conceptions et des pratiques aussi diverses que le « communisme des conseils », les « soviets » russes, les « conseils de fabrique » turinois en 1919). Aux yeux de Marx, trois grands traits caractérisent cette innovation de la Commune :

–  Elle ne se « contenta pas de prendre telle quelle la machine de l'État et de la faire fonctionner pour son propre compte », mais entreprit aussitôt de la briser. Alors que Marx, après les révolutions de 1848, avait seulement pu démontrer la nécessité de ce processus, la Commune donnait à ce dernier un contenu en même temps qu'un début de réalisation en jetant les fondements d'un État de dictature du prolétariat. Ce qui signifiait : la « suppression de l'armée permanente et son remplacement par le peuple en armes » ; la suppression du corps des fonctionnaires et des institutions parlementaires, remplacées par « des ouvriers ou des représentants connus de la classe ouvrière [...], responsables et révocables à tout moment », assurant leur fonction « pour des salaires d'ouvriers » et constituant « un corps agissant, exécutif et législatif à la fois ».

La Commune dépouilla ainsi la justice de sa « feinte indépendance » (alors que Marx écrivait, à propos du Préambule des Statuts de l'Internationale : « Je fus obligé d'admettre [...] des passages sur le devoir, le droit, la vérité, la morale, et la justice. Il faudra un temps avant que le réveil du mouvement permette l'ancienne franchise de langage ») et elle put même commencer à « briser l'outil spirituel de l'oppression » en s'attaquant à l'organisation matérielle de l'Église et en esquissant une instruction populaire contrôlée par le peuple (et non par l'Église, ou l'État).

–  En même temps qu'elle « trouvait enfin » la forme politique du gouvernement de la classe ouvrière, qui permet de réaliser l'émancipation économique du travail, la Commune combinait avec sa révolution politique les premières mesures d'expropriation du capital au profit des travailleurs.

–  Par sa politique de destruction de l'État bourgeois, qui est le principal agent de leur exploitation, la Commune jette les bases du ralliement de la petite bourgeoisie pauvre et de la paysannerie à la dictature du prolétariat. La justesse de sa politique est démontrée a contrario par l'échec de la Commune de Lyon où l'action de Bakounine conduit à l'isolement de la classe ouvrière.

Bakounine

Bakounine

photographie

Michel Bakounine (1814-1876), théoricien russe de l'anarchisme, ici vers 1870. 

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Ces leçons de la Commune et l'analyse de sa conjoncture figurent dans les trois Adresses rédigées par Marx pour l'Internationale – la première, le 23 juillet 1870 ; la deuxième, le 9 septembre 1870 ; la troisième, que l'on connaît sous le titre La Guerre civile en France, le 30 mai 1871 –, ainsi que dans sa correspondance avec Kugelmann.

La fin de l'Internationale

Avec la Commune de Paris, le « spectre du communisme » s'est matérialisé. L'Internationale apparaît aux gouvernements de toute l'Europe comme l'ennemi à abattre à tout prix. Sur la proposition de Jules Favre, la répression est organisée en commun.

Mais, refusant de suivre Marx dans les conséquences de son analyse et rejetant les leçons politiques de la Commune, les représentants du trade-unionisme anglais quittent le Conseil général. Les caractères spécifiques de l'État en Angleterre, ses traditions de démocratie bourgeoise semblent rendre possible un passage au socialisme de type pacifique. Cependant, répondant en juillet 1871 au correspondant du journal américain The World, Marx ne se déclare pas aussi optimiste : « La bourgeoisie anglaise s'est toujours montrée prête à accepter le verdict de la majorité aussi longtemps que les élections assurent son monopole. Mais soyez sûr que nous aurons affaire à une nouvelle guerre de Sécession, dès qu'elle sera en minorité sur des questions qui soient pour elle d'importance vitale. »

Bakounine et ses amis, malgré les conséquences catastrophiques de leur intervention, considèrent la Commune comme une confirmation de l'anarchisme. Depuis 1868, leur influence s'était étendue en Italie, en Belgique, en Suisse et en Espagne ; ils avaient fondé l'Alliance internationale de la démocratie socialiste, qui se battait pour le « communisme antiautoritaire » et développait au sein de l'Internationale une activité secrète de désagrégation. La lutte interne dure jusqu'au Congrès de La Haye de septembre 1872 (Marx à Kugelmann : « Il y va de la vie ou de la mort de l'Internationale »), où Marx et Engels, soutenus par la plupart des anciens communards et blanquistes (L. Frankel, E. Vaillant), obtiennent l'exclusion de Bakounine et l'approbation de leur théorie du parti : « Dans sa lutte contre le pouvoir collectif des classes possédantes, le prolétariat ne peut agir comme classe qu'en se constituant lui-même en parti politique distinct, opposé à tous les anciens partis formés par les classes possédantes » (art. 7a, adj. aux Statuts de l'A.I.T.). Ils font également voter le transfert du Conseil général à New York. L'A.I.T. sera dissoute en 1876.

Pourtant, la « mort » de l'Internationale fut sa « vie » : c'est par la diffusion de l'analyse de la Commune (La Guerre civile en France) que se développa en grande partie le travail politique dans les différents pays européens à partir de 1871. Les ouvrages antérieurs de Marx commencèrent alors à être largement connus et utilisés dans les organisations du prolétariat : en Allemagne, en France, en Russie, en Italie. « La Ire Internationale avait accompli sa mission historique et cédait la place à une époque de croissance infiniment plus considérable du mouvement ouvrier dans tous les pays, caractérisée par son développement en extension, par la formation de partis socialistes ouvriers de masse, dans le cadre des divers États nationaux » (Lénine, Karl Marx).

En 1879, Marx aide activement J. Guesde et P. Lafargue à fonder le Parti ouvrier français.

En 1875, a lieu à Gotha le congrès d'unification des socialistes allemands lassalliens et marxistes (A. Bebel, W. Liebknecht). Dans cette période commence à apparaître la contradiction spécifique de la nouvelle phase de développement du mouvement ouvrier, contemporaine du commencement de la phase impérialiste du capitalisme : la contradiction au sein des partis « marxistes » entre le socialisme scientifique et l'opportunisme, qui tend au compromis avec la bourgeoisie. Réaffirmant les leçons de la Commune, Marx critique sévèrement la tendance au compromis avec l'État bourgeois et l'idéologie juridique ; il développe la théorie de la dictature du prolétariat en distinguant nettement les deux étapes du processus de transformation de la société : dans la première, succédant à la prise du pouvoir par la classe ouvrière, continue à régner « le droit égal pour tous », c'est-à-dire le droit bourgeois reposant sur l'égalité des individus (« À chacun selon son travail ») ; la seconde suppose non seulement l'abolition de la propriété capitaliste, mais la transformation complète des rapports de production eux-mêmes : en particulier, la fin de « l'asservissante subordination des individus à la division du travail et, avec elle, de l'opposition entre le travail intellectuel et le travail manuel ». Alors seulement le droit bourgeois peut être définitivement dépassé, et la société peut mettre en pratique le mot d'ordre : « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins » (cf. Zur Kritik des sozialdemokratischen Parteiprogramms, traduit sous le titre Critique du programme de Gotha). La lutte de Marx contre l'opportunisme et l'expérience des contradictions dans le mouvement révolutionnaire conduisent ainsi à esquisser la théorie des contradictions dans le processus du passage au communisme.

On notera que cette ligne théorique – qui est à l'origine des théorisations ultérieures de Lénine et de Mao Zedong, notamment – reste cependant relativement indépendante de la constitution d'une théorie du parti (qui, avec la lutte contre l'anarchisme, passe tendanciellement du « parti-conscience » au « parti-organisation », institutionnellement distingué du syndicat). Ce décalage ne devait pas rester sans conséquences sur le fonctionnement des partis ouvriers, sur leur rapport à la « théorie », donc sur l'histoire des États socialistes du xxe siècle.

La dernière période

Dans la dernière période de sa vie, qui s'achève par sa mort à Londres le 14 mars 1883, le travail de Marx est constamment troublé par la maladie. Il suit de très près le travail de traduction du livre Ier du Capital, en particulier la traduction française de J. Roy, publiée en 1875, entièrement revue par lui. Il ne peut achever la rédaction des livres suivants : les livres II et III seront publiés par Engels, sur la base des manuscrits et des indications de Marx, en 1885 et 1894 ; le livre IV (« Théories sur la plus-value ») par Kautsky, en 1905-1910.

Marx étudie, outre la conjoncture et la théorie économique, les sciences naturelles (géologie, chimie agricole, agronomie, etc.) en liaison avec la théorie de la rente foncière et du développement du capitalisme dans l'agriculture, pour réfuter le malthusianisme.

La question des sociétés « précapitalistes » et « primitives » avait été étudiée par Marx dans les années 1850-1860, en même temps que celle de la colonisation capitaliste. Elle l'est à nouveau, dans cette dernière période, à partir des travaux des ethnologues américains (L. H. Morgan), comme on le voit dans le livre d'Engels : L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État.

À partir de 1872 (année où Le Capital est traduit pour la première fois en russe par Danielson et Lopatine), Marx entretient des rapports très étroits avec les révolutionnaires russes de la tendance « Volonté du peuple ». Il apprend le russe et étudie l'histoire des rapports sociaux « communautaires » dans l'agriculture russe. « Aujourd'hui [...], la Russie est à l'avant-garde du mouvement révolutionnaire de l'Europe » (préface à la deuxième édition russe du Manifeste du Parti communiste, en 1882). Dans ses Lettres à Vera Zassoulitch et à Mikhaïlovski, il ébauche alors une ultime rectification. Suggérant que la dissolution de la propriété collective précapitaliste n'est pas « fatale », il évoque la possibilité d'une transition originale au socialisme : « La Russie est le seul pays en Europe où la propriété communale s'est maintenue sur une échelle vaste, nationale, mais simultanément la Russie existe dans un milieu historique moderne, elle est contemporaine d'une culture supérieure, elle se trouve liée à un marché mondial où la production capitaliste prédomine. » Ainsi se trouve remise en cause la linéarité du schéma d'évolution des formations sociales. Et par là même le « passe-partout » d'une philosophie de l'histoire, même matérialiste : « [on ne saurait] métamorphoser mon esquisse historique de la genèse du capitalisme dans l'Europe occidentale en une théorie historico-philosophique de la marche générale, fatalement imposée à tous les peuples, quelles que soient les circonstances historiques où ils se trouvent placés, pour arriver en dernier lieu à cette formation économique qui assure, avec le plus grand essor des pouvoirs productifs du travail social, le développement intégral de l'homme ».

—  Étienne BALIBAR, Pierre MACHEREY

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  •  • 8 266 mots

Dans le chapitre « La lutte de classes : un credo politique »  : […] Certes, chez Marx, les choses ne sont pas si simples, si elles le furent chez les marxistes qu'enivrait l'illusion de leur mission historique et de son inéluctable résultat. Selon les textes choisis, l'analyse des classes sociales et de leur rôle oscille, chez Marx, de la sociologie à l'idéologie. Dans les textes consacrés à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/classes-sociales-la-theorie-de-la-lutte-de-classes/#i_1218

COLONIALISME & ANTICOLONIALISME

  • Écrit par 
  • Jean BRUHAT
  •  • 6 480 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Socialisme et anticolonialisme »  : […] C'est du socialisme que va sortir l'anticolonialisme le plus systématique. Karl Marx, qui n'est pas le contemporain de la grande poussée coloniale, a mis en lumière la place de l'exploitation coloniale dans le processus de l'accumulation primitive. Les capitaux investis dans les colonies sont en mesure « de rendre des taux […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/colonialisme-et-anticolonialisme/#i_1218

COMMUNE DE PARIS

  • Écrit par 
  • Édith THOMAS
  •  • 6 469 mots
  •  • 8 médias

xxe siècle, qui d'ailleurs s'en réclament explicitement. Marx, opposé tout d'abord à une révolte armée des ouvriers de Paris, se rallia, après la journée du 18 mars, à la Commune. Dans La Guerre civile en France, il tira les premières conclusions de ce mouvement insurrectionnel de type nouveau : « C'était la première […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/commune-de-paris-1871/#i_1218

COMMUNISME - Histoire

  • Écrit par 
  • Annie KRIEGEL
  •  • 13 808 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Autopsie du phénomène »  : […] communiste. L'impérialisme n'était, dans la pensée léniniste, que le capitalisme à son « stade suprême » : une catégorie historique et non plus, comme pour Marx, une forme d'organisation étatique et un régime politique. En revanche, dans son état inversé et renversé d'anti-impérialisme, la stratégie du système entier dérivait du principe unitaire […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/communisme-histoire/#i_1218

COMMUNISME - Mouvement communiste et question nationale

  • Écrit par 
  • Roland LOMME
  •  • 21 018 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Nation et nationalité »  : […] Marx et Engels n'ont pas théorisé le problème national et ne lui ont consacré que des écrits de circonstance, si bien que le concept même de nation est dans leur œuvre empreint d'une ambiguïté fondamentale : « On a, en outre, reproché aux communistes de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les travailleurs n'ont pas de patrie. On ne peut leur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/communisme-mouvement-communiste-et-question-nationale/#i_1218

CONNAISSANCE

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL, 
  • Yves GINGRAS, 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 9 092 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Sociologie de la connaissance »  : […] des Lumières offriront une première analyse des déterminations sociales de la pensée religieuse. C'est Karl Marx qui posera explicitement les premiers fondements d'une « sociologie de la connaissance », terme qui ne fera cependant son apparition qu'en 1924, sous la plume de Max Scheler. Il affirme en effet, dès […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/connaissance/#i_1218

CONSCIENCE DE CLASSE

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 985 mots

L’expression « conscience de classe » appartient au répertoire marxiste. Afin de définir une classe sociale, Karl Marx ne s’en tient pas à l’unique critère de la place occupée dans le rapport de production. En reprenant à son compte une sémantique hégélienne, il propose aussi de distinguer la classe « en soi » et la classe […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/conscience-de-classe/#i_1218

CULTURE - Sociologie de la culture

  • Écrit par 
  • Vincent DUBOIS
  •  • 4 264 mots

Dans le chapitre « L'émergence d'un champ de recherche »  : […] pour la constitution ultérieure de ce domaine de recherche. L'exemple le plus évident en est donné par la sociologie de Karl Marx. Bien qu'elle ne consacre spécifiquement que peu de pages à l'art ou à la littérature, elle a fourni un point d'appui majeur pour leur analyse sociologique, en invitant à les rapporter aux […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/culture-sociologie-de-la-culture/#i_1218

DÉCROISSANCE

  • Écrit par 
  • Fabrice FLIPO
  •  • 5 443 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Sortir du productivisme »  : […] Pourquoi alors ne pas avoir simplement recouru à Marx, qui a aussi voulu déconstruire l'homme économique ? Parce que, pour les objecteurs de croissance, la thèse marxienne et ses différentes interprétations ont été prises en défaut, de plusieurs manières. Impossible, tout d'abord, de continuer à attribuer un rôle dialectique de médiation au […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/decroissance/#i_1218

DROIT - Sociologie

  • Écrit par 
  • Jacques COMMAILLE
  •  • 3 920 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les traditions sociologiques et le droit »  : […] « rapports nécessaires » entre les phénomènes législatifs et les phénomènes sociaux (auxquels s'ajoutent, en référence à sa théorie des climats, les phénomènes physiques). Pour Karl Marx, le droit apparaît comme étroitement dépendant des conditions matérielles d'existence et des structures économiques. Il est ainsi une expression des rapports […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/droit-sociologie/#i_1218

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Les grands courants

  • Écrit par 
  • Jérôme de BOYER
  •  • 8 719 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre «  La critique marxiste »  : […] Philosophe de formation, Marx adhère aux idées communistes et, au contact de Friedrich Engels, s'intéresse à partir de 1844 à l'économie politique. Ses travaux (1847, Misère de la philosophie ; 1867-1883, Le Capital, critique de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-les-grands-courants/#i_1218

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - L'école classique

  • Écrit par 
  • Daniel DIATKINE
  •  • 6 853 mots
  •  • 2 médias

Plusieurs définitions ont été données de l'école classique en économie, et cette pluralité n'est pas sans enjeux théoriques. On doit la première à Karl Marx, l'un des premiers et des plus importants historiens de la pensée économique. Celui-ci oppose clairement l'école classique d'Adam Smith et de David Ricardo, […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-l-ecole-classique/#i_1218

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Marxisme

  • Écrit par 
  • Michel ROSIER
  •  • 6 828 mots
  •  • 2 médias

La théorie économique de Karl Marx (1818-1883) a pour but de démontrer que le capitalisme aura inéluctablement une fin et que ses crises en sont la preuve. Cet objectif ne prend tout son sens qu'au regard de son projet politique et de sa vision de l'histoire comme une succession de modes de production. Dans un premier temps […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-marxisme/#i_1218

ENGELS FRIEDRICH (1820-1895)

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 2 674 mots
  •  • 1 média

Le nom de Friedrich Engels est généralement associé à celui de Karl Marx dont il fut toute la vie l'ami et le collaborateur comme fondateur de la doctrine marxiste et comme dirigeant des luttes de la classe ouvrière au sein des deux premières Internationales […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/friedrich-engels/#i_1218

ERFURT CONGRÈS D' (1891)

  • Écrit par 
  • Paul CLAUDEL
  •  • 841 mots

Trois ans après son congrès de fondation à Gotha (1875), le Parti social-démocrate allemand se voit interdire toute activité. L'unification s'était faite sur un programme d'inspiration lassallienne, violemment critiqué par Karl Marx. La clandestinité empêche la social-démocratie allemande de tenir un véritable congrès, et le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/congres-d-erfurt/#i_1218

L'ESSENCE DU CHRISTIANISME, Ludwig Feuerbach - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Francis WYBRANDS
  •  • 754 mots

Dans le chapitre « Marx critique de Feuerbach »  : […] sentiment est le rêve les yeux ouverts ; la religion est le rêve de la conscience éveillée ; le rêve est la clef des mystères de la religion. » Les critiques de Marx, dans ses Thèses de 1848, lui reprochant « de faire abstraction du cours de l'histoire et de traiter le sentiment religieux comme une réalité en soi, en présupposant un individu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/l-essence-du-christianisme/#i_1218

FEUERBACH LUDWIG (1804-1872)

  • Écrit par 
  • Henri ARVON, 
  • Universalis
  •  • 2 258 mots

Dans le chapitre « Feuerbach et Marx »  : […] Dans ses Thèses sur Feuerbach (1845), Karl Marx procède à une critique de l'humanisme feuerbachien qui sera déterminante pour l'évolution ultérieure de sa pensée. Il s'en prend d'abord au caractère statique de la dialectique feuerbachienne. À quoi bon proclamer la primauté de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ludwig-feuerbach/#i_1218

FINLEY MOSES (1912-1986)

  • Écrit par 
  • Marie-Françoise BASLEZ
  •  • 1 063 mots

être comprises que dans la structure sociale de leur époque. Il lut également beaucoup Marx : « Sa génération, disait-il, ne pouvait l'éviter. » Victime du maccarthysme, il avait pourtant sur le marxisme une position nuancée qui l'avait même amené à se déclarer « contremarxiste » à la fin de sa vie, politiquement, par refus […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moses-finley/#i_1218

FREUDO-MARXISME

  • Écrit par 
  • Jacquy CHEMOUNI
  •  • 1 740 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Les freudo-marxismes »  : […] und Seelenkunde (« Bolchevisme et psychologie ») qui attribue une place prépondérante à la communauté, infléchissant sa théorie dans un sens plus marxisant, influencé probablement par les Thèses sur Feuerbach de Marx (1845), qui soulignent combien l'homme n'est pas le simple produit de ses conditions sociales, mais également de son éducation […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/freudo-marxisme/#i_1218

GOTHA CONGRÈS DE (1875)

  • Écrit par 
  • Paul CLAUDEL
  •  • 608 mots

Le mouvement socialiste allemand a deux composantes lorsque s'ouvre le congrès de Gotha, le 22 mai 1875 : d'une part, l'Association générale des travailleurs allemands, fondée par Ferdinand Lassalle en 1863 ; d'autre part, le Parti ouvrier social-démocrate allemand, fondé en 1869 à Eisenach par Auguste Bebel et […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/congres-de-gotha/#i_1218

HEGEL GEORG WILHELM FRIEDRICH

  • Écrit par 
  • Jacques d' HONDT, 
  • Yves SUAUDEAU
  •  • 11 820 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'esprit contre la lettre »  : […] Max Stirner (1806-1856), Arnold Ruge (1802-1880) et Karl Marx (1818-1883) ont en commun de faire montre d'un activisme critique incessant, de donner des problèmes de leur époque des formulations où ils renchérissent les uns sur les autres et, si l'on peut dire, de n'être liés ou rapprochés que par leurs […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georg-wilhelm-friedrich-hegel/#i_1218

HENRY MICHEL (1922-2002)

  • Écrit par 
  • Jean GREISCH
  •  • 750 mots

Les deux volumes de son Karl Marx (1976) ont fait événement. À une époque où les lectures de Marx étaient dominées par les thèses d'Althusser, Michel Henry s'efforce de réhabiliter la dimension philosophique et la singularité de l'œuvre de Marx, en soulignant que le marxisme n'est que la somme des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/michel-henry/#i_1218

HESS MOSES (1812-1875)

  • Écrit par 
  • Yves SUAUDEAU
  •  • 923 mots

Fils d'un petit industriel allemand, Moses Hess naît dans une famille juive de Bonn ; il s'initie aux affaires, commence des études de philosophie à Bonn et publie en 1837 L'Histoire sainte de l'humanité par un disciple de Spinoza (Heilige Geschichte der Menscheit von einem Jünger Spinozas) ; l'ouvrage […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/moses-hess/#i_1218

HOMME - La réalité humaine

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 14 324 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Karl Marx »  : […] La postérité hégélienne, qu'elle intéresse le libéralisme, religieux ou libre-penseur, ou certaines théories sociales tenues pour conservatrices, ne va pourtant s'incarner vraiment – la thèse, certes, est souvent contestée – que dans l'œuvre et l'action de Marx, dont l'extrême ambiguïté […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/homme-la-realite-humaine/#i_1218

IMAGINAIRE SOCIAL

  • Écrit par 
  • Pierre ANSART
  •  • 1 312 mots

Dans le chapitre « Les fonctions sociales de l'imaginaire social »  : […] depuis les origines de la réflexion philosophique ; elle a été renouvelée par les fondateurs modernes des sciences sociales. Ainsi, dans ses écrits sur la vie politique de son temps, Karl Marx insiste sur « le poids très lourd » que seraient les traditions anciennes dans le déroulement des révolutions. Dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/imaginaire-social/#i_1218

JUIVE QUESTION

  • Écrit par 
  • Roland GOETSCHEL
  •  • 1 384 mots
  •  • 2 médias

Expression apparue à l'époque des Lumières, en Allemagne, lorsque se posa, à la fois sur le plan idéologique et sur le plan politique, le problème de l'émancipation des Juifs d'Occident […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/question-juive/#i_1218

LAFARGUE PAUL (1842-1911)

  • Écrit par 
  • Paul CLAUDEL
  •  • 386 mots

Né à Santiago de Cuba, Français de souche bordelaise, Paul Lafargue se vante de réunir en lui le sang de trois races opprimées : les races juive, caraïbe, mulâtre. Pendant qu'il poursuit ses études à la faculté de médecine de Paris, il collabore au journal La Rive gauche, de tendance proudhonienne. Comme […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/paul-lafargue/#i_1218

LASSALLE FERDINAND (1825-1864)

  • Écrit par 
  • Paul CLAUDEL
  •  • 511 mots

Né dans une famille de riches négociants juifs de Breslau, Ferdinand Lassalle suit les cours de l'université de sa ville natale, puis de celle de Berlin. Influencé par Fichte et par Hegel ainsi que par l'économiste List, il est favorable à une sorte de socialisme d'État : c'est à l'État qu'il […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ferdinand-lassalle/#i_1218

LOI

  • Écrit par 
  • Georges BURDEAU, 
  • Universalis
  •  • 12 636 mots
  •  • 1 média

ou, du moins, par elle, un tel lien se réalise de façon embryonnaire et inchoative. Il n'est sans doute pas possible de faire mieux. Le jeune Marx, dans les Manuscrits de 1844, présentait la coïncidence de la liberté et de la nécessité dans le communisme accompli ; mais le Marx de la maturité, dans Le Capital, parle seulement du royaume de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/loi/#i_1218

MARXISME - La théorie marxiste

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 8 742 mots
  •  • 2 médias

Si elle implique nécessairement des problèmes philosophiques, la théorie de Marx n'est donc pas un système philosophique. Il en résulte, d'abord, qu'elle n'est pas achevée et, d'autre part, que son exposé n'a pas de commencement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marxisme-la-theorie-marxiste/#i_1218

MARXISME - Le matérialisme dialectique

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 6 387 mots
  •  • 2 médias

dialectique et de matérialisme se trouvent pour la première fois associés, et désignent ensemble la philosophie nouvelle du prolétariat. Marx et Engels reconnurent dans cette association de termes la juste expression de ce qui constituait leur « meilleur instrument de travail », leur « arme la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/marxisme-le-materialisme-dialectique/#i_1218

MERLEAU-PONTY MAURICE (1908-1961)

  • Écrit par 
  • Alphonse DE WAELHENS
  •  • 3 508 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le problème de la fin de l'histoire »  : […] Ce n'est donc point par hasard que Merleau-Ponty, s'étant intéressé à Marx, n'a jamais été marxiste. S'il ne croit pas à une philosophie qui ne tient que d'elle-même, il croit encore moins à une philosophie qui se laisserait simplement guider par les enseignements de la science, de l'économie ou de la sociologie pour demeurer en conformité avec […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/maurice-merleau-ponty/#i_1218

MORGAN LEWIS HENRY (1818-1881)

  • Écrit par 
  • Maurice GODELIER
  •  • 3 677 mots

Dans le chapitre « Logique et histoire des rapports de parenté »  : […] On voit pourquoi Marx, lorsqu'il lut Ancient Society en 1880, y vit la confirmation du matérialisme historique et se promit de commenter ce fait dans un ouvrage sur Morgan que la mort lui interdit d'écrire, mais dont les notes manuscrites furent reprises par Engels lorsqu'il rédigea en 1884 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/lewis-henry-morgan/#i_1218

MORT - Les interrogations philosophiques

  • Écrit par 
  • René HABACHI
  •  • 7 527 mots

Dans le chapitre « Les doctrines de la dispersion »  : […] Comte et Marx, au xixe siècle, donneront à ce matérialisme une forme plus élaborée : le premier en niant tout simplement le psychisme pour le réduire à une biologie dynamique, et le second en le considérant, sans lui refuser une certaine originalité et une initiative dialectique […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mort-les-interrogations-philosophiques/#i_1218

NÉCESSITÉ

  • Écrit par 
  • Michaël FOESSEL
  •  • 1 126 mots

au jour par la science et l'exigence rationnelle de maintenir un sens à l'action humaine. C'est encore dans ce cadre que réfléchira Marx (1818-1883) lorsque, après Hegel, il réclamera que le « royaume de la liberté » s'édifie sur, et non pas contre, le « royaume de la nécessité » (Capital, Livre I). Si l'action (la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/necessite/#i_1218

ORIGINE

  • Écrit par 
  • Pierre-François MOREAU
  •  • 2 736 mots

Dans le chapitre « Le geste inaugural »  : […] Une autre critique viendra de Marx : lorsque celui-ci s'en prend aux « robinsonnades » des économistes, il leur reproche d'isoler en en cherchant la source dans un individu unique des faits qui ne peuvent se comprendre que comme produits de rapports sociaux déterminés. Le procédé servirait donc à inscrire dans une prétendue nature ce qui est en […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/origine/#i_1218

OUVRIER MOUVEMENT

  • Écrit par 
  • Jean BRUHAT, 
  • Bernard PUDAL
  •  • 10 990 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La première moitié du XIXe siècle »  : […] période de réaction. C'est cependant en 1847-1848 que se situe la première organisation révolutionnaire internationale. Il s'agit de la Ligue des communistes, dont le programme rédigé par Karl Marx, est connu sous le titre de Manifeste du Parti communiste (1848). Toutefois, la Ligue des communistes ne compte qu'un nombre infime d'adhérents ( […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/mouvement-ouvrier/#i_1218

PAPAIOANNOU KOSTAS (1925-1981)

  • Écrit par 
  • Alain PONS
  •  • 1 086 mots

Unifiant vie et pensée, Kostas Papaioannou fut un philosophe, par sa formation, sa culture, ses goûts, sa forma mentis, et aussi par l'« amour de la sagesse » qu'il avait trouvé dans la tradition grecque dont il était l'héritier […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/kostas-papaioannou/#i_1218

PÉDAGOGIE - Les courants modernes

  • Écrit par 
  • Antoine LÉON
  •  • 4 232 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'éducation intégrale et polytechnique dans la pensée socialiste du XIXe siècle »  : […] disciplines comme les arts, l'éducation physique et le travail manuel. À ce propos, Karl Marx inclut dans tout programme éducatif la formation intellectuelle, la gymnastique et l'« instruction technique qui initie les enfants aux principes fondamentaux de tous les processus de production et, en même temps, donne à l'enfant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pedagogie-les-courants-modernes/#i_1218

POLITIQUE - La philosophie politique

  • Écrit par 
  • Éric WEIL
  •  • 10 294 mots

Dans le chapitre « Marx et Lénine »  : […] Le plus grand des disciples de Hegel, Marx, reste dans la ligne ainsi tracée, mais l'infléchit sur un point décisif : Hegel, selon lui, parle d'un État idéal, d'un État neutre, tandis que, en fait, aucun des États existants n'est capable de jouer le rôle d'arbitre et de guide désintéressé : le gouvernement et l'administration ont été accaparés par […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/politique-la-philosophie-politique/#i_1218

PROUDHON PIERRE JOSEPH (1809-1865)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 5 650 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Influences »  : […] L'influence déterminante de la pensée de Proudhon sur Marx est maintenant pleinement mise en lumière. « Marx ne serait pas possible sans Proudhon » (Gurvitch). « Proudhon a exercé sur Marx une influence constante. C'est en disciple et en continuateur de Proudhon qu'il a entrepris en 1844 ce qui deviendra la tâche exclusive de son existence [...]. […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-joseph-proudhon/#i_1218

RAPPORT SOCIAL

  • Écrit par 
  • François VATIN
  •  • 1 476 mots

Misère de la philosophie, Marx la reprend pour en faire un des fondements conceptuels de son matérialisme historique : « Les mêmes hommes qui établissent les rapports sociaux conformément à leur productivité matérielle produisent aussi les idées, les principes, les catégories conformément à leurs rapports sociaux. » L’ […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rapport-social/#i_1218

RELIGION - Sociologie religieuse

  • Écrit par 
  • Olivier BOBINEAU
  •  • 6 054 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Critique marxiste »  : […] L'approche de Marx et Engels sur la religion met en évidence que le fait religieux n'a pas d'autonomie dans le contexte social. Elle est une enveloppe idéologique que les classes dominantes (ou les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/religion-sociologie-religieuse/#i_1218

RÉVOLUTION

  • Écrit par 
  • François CHÂTELET
  •  • 4 248 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Une pensée pauvre »  : […] À cet égard, elle nous est encore pratiquement incompréhensible, sinon par bribes. Toutefois, elle a en commun avec la conception que le socialisme scientifique de Marx et Engels a donnée de la révolution ceci, qui nous la rend plus intelligible : la perspective révolutionnaire authentique – c'est-à-dire efficace – suppose un […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution/#i_1218

RÉVOLUTION FRANÇAISE

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN, 
  • Marc THIVOLET
  •  • 29 478 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Nouvelles perspectives »  : […] À côté de ces études, l'histoire de la Révolution française permet à Marx, relisant Hegel, de voir dans l'échec français la possibilité de critiquer l'illusion du politique et d'imaginer dans la révolution sociale les voies de la liberté ; Balzac, aux sympathies monarchistes, y lit le moment de la création du monde moderne, dorénavant dirigé par l' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-francaise/#i_1218

RICARDO DAVID (1772-1823)

  • Écrit par 
  • Christian SCHMIDT
  •  • 3 458 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Ricardo dans l'histoire de la pensée économique »  : […] En marge de l'économie académique, Marx apparaît comme une très importante exception. L'œuvre économique de Marx prend en effet les Principes pour point de départ. Toutefois, l'analyse de Marx s'oppose à celle de Ricardo sur deux points essentiels : la théorie du capital et la détermination du système de production. Pour Ricardo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/david-ricardo/#i_1218

RUGE ARNOLD (1802-1880)

  • Écrit par 
  • François BURDEAU
  •  • 634 mots

Penseur politique allemand. Né à Bergen, Arnold Ruge s'affilie aux mouvements étudiants libéraux (Burchenschaften), est emprisonné pour ses idées de 1824 à 1830, et fonde en 1938, à Halle, avec Echtermayer, les Annales de Halle pour la science et l'art allemands (Hallische Jahrbücher für […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/arnold-ruge/#i_1218

SALARIAT

  • Écrit par 
  • Denis CLERC
  •  • 8 713 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « La « grande transformation » »  : […] paix, comme c'était le cas en Angleterre – succédait le salariat moderne : un lieu de travail distinct de celui de la famille, des relations dictées par l'« eau glaciale du calcul égoïste », selon l'expression de Marx dans Le Manifeste du Parti communiste, la transformation du travail en une marchandise et du salaire en un prix. Ne pleurons pas […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/salariat/#i_1218

SCIENCES HUMAINES

  • Écrit par 
  • Edmond ORTIGUES
  •  • 10 244 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre «  Histoire de la terminologie »  : […] du xixe siècle, celui de Comte et de Marx, le vieux rêve d'une science globale de l'homme, héritière de la théologie, et comprise comme l'avènement d'une synthèse par le savoir de la « totalité » : « On ne doit plus alors concevoir qu'une seule science, écrivait Auguste Comte, la science humaine ou plus exactement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sciences-humaines/#i_1218

SERVICES ÉCONOMIE DE

  • Écrit par 
  • Jean-Charles ASSELAIN
  •  • 12 731 mots

Dans le chapitre « Les services, activités improductives ? »  : […] Smith ont pourtant en un sens remarquablement résisté à cet élargissement de l'analyse. On retrouve chez Karl Marx l'opposition entre la sphère capitaliste de production matérielle (« la caractéristique des travailleurs productifs [...], c'est que leur travail se réalise dans des marchandises, de la richesse matérielle ») et les activités de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-de-services/#i_1218

SISMONDI JEAN CHARLES LÉONARD SIMONDE DE (1773-1842)

  • Écrit par 
  • Hélène FISERA
  •  • 734 mots

Économiste et historien, fils d'un pasteur genevois d'origine toscane, Sismondi, en 1803, publia son ouvrage De la richesse commerciale, qui le fit apparaître comme un disciple d'Adam Smith. Après avoir achevé son Histoire des républiques italiennes du Moyen Âge […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sismondi-jean-charles-leonard-simonde-de/#i_1218

SOCIABILITÉ

  • Écrit par 
  • André AKOUN
  •  • 3 846 mots

Dans le chapitre « Sociabilité et société globale »  : […] C'est vrai d'Auguste Comte et de sa division de l'histoire de l'humanité en trois âges. C'est vrai de Karl Marx qui, décrivant les divers visages de l'aliénation dans une histoire qui est celle de la lutte des classes, montre quelles mutations amènent l'avènement du capitalisme, lequel déchire « les liens multicolores […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociabilite/#i_1218

SOCIALISME - Les Internationales

  • Écrit par 
  • Madeleine REBÉRIOUX
  •  • 7 743 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les origines »  : […] joueront qu'un rôle secondaire, neuf Français, dix Italiens, deux Polonais, deux Suisses. Mais Karl Marx, proscrit de quarante-huit, estimé des leaders britanniques comme des émigrés allemands à Londres, va dès le début marquer de son exceptionnelle personnalité les débats ainsi que les textes d'orientation et d'organisation de l'A.I.T. Il rédige […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/socialisme-les-internationales/#i_1218

SOCIÉTÉ

  • Écrit par 
  • André AKOUN
  •  • 9 280 mots

Dans le chapitre « Typologie des sociétés globales »  : […] Plus élaborée, en apparence, la typologie qu'on trouve chez Marx est construite sur l'idée que l'infrastructure économique est déterminante. Elle donne à voir une succession « dialectique » de types sociaux qui s'engendrent les uns les autres en autant d'étapes allant de la société primitive sans classes à la société sans classes communiste […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/societe/#i_1218

SOCIOLOGIE - Les méthodes

  • Écrit par 
  • Frédéric LEBARON
  •  • 7 617 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre «  La production des faits sociologiques »  : […] historique « de seconde main » dont il possède une connaissance encyclopédique, couplée à une immense capacité de synthèse et d'analyse comparative ; Karl Marx combine matériau historique, observations journalistiques et données économiques pour fonder une théorie générale de la dynamique des sociétés humaines centrée sur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-les-methodes/#i_1218

SOCIOLOGIE - Histoire

  • Écrit par 
  • Michel LALLEMENT
  •  • 6 414 mots

Dans le chapitre « Le temps des pionners »  : […] Simon, de Charles Fourier ou encore de Pierre Joseph Proudhon, Karl Marx occupe une place majeure. Journaliste engagé, celui-ci produit une œuvre forte qui influencera durablement la sociologie. Selon la formule utilisée dans la Préface à la Contribution à la critique de l'économie politique (1859), le […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-histoire/#i_1218

SOCIOLOGIE - Les grands courants

  • Écrit par 
  • Claude DUBAR
  •  • 7 717 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les sociologies de la détermination sociale »  : […] D'autres, se réclamant de Karl Marx (1818-1883) et de son matérialisme historique, interprètent les corrélations significatives qui se maintiennent dans le temps comme des indices de la détermination des pratiques et représentations des individus par leur « être […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-les-grands-courants/#i_1218

SOCIOLOGIE WEBERIENNE

  • Écrit par 
  • Isabelle KALINOWSKI
  •  • 2 389 mots

Dans le chapitre « Weber et Marx »  : […] En effet, à l'encontre de la vision d'un Weber « anti-Marx » qu'imposa en France son premier introducteur, Raymond Aron (essentiellement pour faire pièce à un marxisme qu'il désigna comme « l'opium des intellectuels » français et qu'il tenta de combattre en utilisant l'arme de la « science allemande », de son prestige et de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/sociologie-weberienne/#i_1218

SOMBART WERNER (1863-1941)

  • Écrit par 
  • Jean-Claude LAMBERTI
  •  • 926 mots

En 1894, lorsque parut le troisième volume du Capital de Marx, Sombart publia une critique très admirative qui lui valut les compliments d'Engels. Mais en 1896, son livre intitulé Socialisme et mouvement social au XIXe siècle contient des […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/werner-sombart/#i_1218

SOREL GEORGES (1847-1922)

  • Écrit par 
  • Louis SOUBISE
  •  • 2 241 mots

Dans le chapitre « Le syndicalisme révolutionnaire »  : […] lointaines de Proudhon et de l'anarchisme, mais aussi celle de Marx, notamment à propos de la notion de classe. Sorel est trop pluraliste pour accepter que la société soit divisée en deux blocs antagonistes et deux seulement, car le critère économique ne suffit pas à définir une classe ; le critère psychologique ou celui de la conscience a une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-sorel/#i_1218

STIRNER MAX (1806-1856)

  • Écrit par 
  • Henri ARVON
  •  • 2 147 mots

Dans le chapitre « L'unicité »  : […] Le débat entre Marx et Stirner, et, par voie de conséquence, entre le socialisme scientifique et l'anarchisme individualiste gravite autour des rapports réciproques de la conscience et de l'être. Selon la formule célèbre de Marx, la conscience est incapable de déterminer l'être. Aux yeux de l'auteur du Capital […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/max-stirner/#i_1218

TERRORISME

  • Écrit par 
  • Gérard CHALIAND, 
  • Pierre DABEZIES, 
  • Sylvia PREUSS-LAUSSINOTTE, 
  • Jean SERVIER
  •  • 13 242 mots
  •  • 12 médias

Dans le chapitre « Terrorisme et idéologie »  : […] La révolution, qui, chez Marx, n'est qu'une façon de hâter le déroulement d'un processus inéluctable, prend chez les nouveaux disciples de Proudhon et de Weitling, sous l'impulsion de Bakounine, le caractère d'une purification nécessaire de la société : une mission que beaucoup […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/terrorisme/#i_1218

TRAVAIL - La fin du travail ?

  • Écrit par 
  • Dominique MEDA
  •  • 7 657 mots

Dans le chapitre « Le travail, essence de l'homme »  : […] collective (en m'exprimant, je livre en même temps une image de moi-même aux autres). Comme l'indique Marx, lorsque le travail ne sera plus aliéné et lorsque nous produirons de manière libre, alors nous n'aurons plus besoin du medium de l'argent ; les biens ou services que nous produirons nous dévoileront les uns aux autres tels qu'en nous-mêmes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/travail-la-fin-du-travail/#i_1218

TYPOLOGIE, sociologie

  • Écrit par 
  • Jean-Claude COMBESSIE
  •  • 1 639 mots

des hypothèses et leurs effets attendus aux faits sociaux observables, compare les variations des types sociaux ainsi définis. Karl Marx et Max Weber posent des principes analogues avec d'autres accentuations. La « domination » du mode de production est fortement affirmée par Marx ; pour Weber la méthode est « idéaltypique » et implique de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/typologie-sociologie/#i_1218

UTOPIE

  • Écrit par 
  • Henri DESROCHE, 
  • Joseph GABEL, 
  • Antoine PICON
  •  • 12 031 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Les conceptions de Ruyer et de Mannheim »  : […] les structures rigides de la cité traditionnelle – la quiétude du sein maternel... » [Servier, passage souligné par nous.] Même l'utopie la plus saturée de scientisme, l'utopie marxiste, a cru devoir se référer au mythe justificatif du communisme primitif. Róheim signale chez les schizophrènes une identification au passé […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/utopie/#i_1218

VIOLENCE

  • Écrit par 
  • Yves MICHAUD
  •  • 8 199 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Violence et négativité »  : […] La pensée de Marx est largement l'héritière de cette ontologie de la négativité. Le processus du développement historique est ici celui de la lutte des classes qui se poursuit jusqu'à ce que forces productives et rapports sociaux de production trouvent leur équilibre harmonieux dans la société […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/violence/#i_1218

VOGT KARL (1817-1895)

  • Écrit par 
  • Paul CLAUDEL
  •  • 248 mots

Naturaliste, Karl Vogt enseigne à l'université de Giessen, sa ville natale. Remarqué pour ses activités politiques, il est élu député au parlement de Francfort en 1848. Après le reflux de la vague révolutionnaire, il doit s'exiler en raison de ses idées socialisantes. Il obtient une chaire d'enseignement d'histoire naturelle à Genève […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-vogt/#i_1218

VOLONTÉ

  • Écrit par 
  • Paul RICŒUR
  •  • 8 783 mots

Dans le chapitre « Le contexte « dialectique » : Hegel »  : […] Mais qu'arrive-t-il à la philosophie de la volonté si elle découvre, avec la critique dirigée par Marx contre la philosophie politique de Hegel, que cette synthèse n'est effectuée que dans le discours, autrement dit qu'elle est seulement pensée ? La philosophie hégélienne avait voulu, à l'encontre de celle de Kant, penser le réel. Mais qu'arrive-t- […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/volonte/#i_1218

Voir aussi

Pour citer l’article

Étienne BALIBAR, Pierre MACHEREY, « MARX KARL - (1818-1883) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-marx/