RICARDO DAVID (1772-1823)

Médias de l’article

David Ricardo

David Ricardo
Crédits : AKG

photographie

Formation de la rente

Formation de la rente
Crédits : Encyclopædia Universalis France

graphique

Accumulation du capital

Accumulation du capital
Crédits : Encyclopædia Universalis France

graphique


Économiste anglais, Ricardo fut l'un des plus éminents représentants de l'«  école classique anglaise ». Continuateur de Smith, il a prolongé et approfondi l'analyse du circuit de production, dont l'origine remonte à Quesnay et aux physiocrates. Sa place dans l'histoire de la science économique est tout à fait exceptionnelle. Il est en effet à la fois le pionnier de la macro-économie moderne par son analyse des relations entre les profits et les salaires, l'un des initiateurs du raisonnement à la marge dans sa théorie de la rente et l'un des principaux fondateurs de la théorie quantitative de la monnaie. C'est pourquoi son héritage peut être légitimement invoqué, quoique pour des raisons souvent contradictoires, par des familles de pensée séparées et même rivales, qui vont des monétaristes néo-classiques aux marxistes anglais.

David Ricardo

David Ricardo

photographie

David Ricardo (1772-1823). Économiste anglais, éminent représentant de l'école classique, auteur des Principes de l'économie politique et de l'impôt (1817). Son adhésion au principe de population de Robert Malthus et son analyse du salaire naturel (salaire de subsistance des... 

Crédits : AKG

Afficher

Sous l'impulsion de son disciple passionné, J.-R. McCulloch, qui dirigea la première édition de ses œuvres complètes (1846), Ricardo, suivant la célèbre formule de Keynes, « conquit l'Angleterre aussi complètement que la Sainte-Alliance conquit l'Espagne ». Mais ce ralliement sans condition n'alla pas sans mutilations et incompréhensions, qui furent la contrepartie de cette nouvelle orthodoxie involontaire.

C'est la raison pour laquelle un important courant s'est dessiné à Cambridge sous l'influence de P. Sraffa, qui s'est livré à une réinterprétation en profondeur de l'œuvre de Ricardo. En décryptant ainsi les Principes de l'économie politique et de l'impôt, ces néo-ricardiens contemporains cherchent le point de départ d'une théorie renouvelée de la production et de la répartition.

De la pratique à la théorie

Né à Londres, David Ricardo, dès l'âge de quatorze ans, travaille à la Cité avec son père. À vingt et un ans, il épouse la fille d'un quaker et, après un bref passage dans un établissement bancaire, il reprend ses activités financières pour son propre compte et amasse rapidement une fortune considérable.

Les conséquences monétaires des guerres napoléoniennes lui fournissent une pr [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 6 pages


Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis



Écrit par :

Classification


Autres références

«  RICARDO DAVID (1772-1823)  » est également traité dans :

DES PRINCIPES DE L'ÉCONOMIE POLITIQUE ET DE L'IMPÔT, David Ricardo - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Nicolas CHAIGNEAU
  •  • 1 149 mots
  •  • 1 média

Père fondateur, au côté d' Adam Smith , de l'approche classique, David Ricardo (1772-1823) propose dans On the Principles of Political Economy and Taxation une analyse du capitalisme naissant qui a orienté l'ensemble de l'économie politique au xixe siècle. Les […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/des-principes-de-l-economie-politique-et-de-l-impot/#i_2359

BANQUES CENTRALES

  • Écrit par 
  • Sylvie DIATKINE
  •  • 6 874 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La stabilité monétaire »  : […] responsable de la dépréciation de la monnaie, encouragée par la disparition du mécanisme de régulation par la convertibilité. Selon David Ricardo, la stabilité de la valeur de la monnaie est définie par la constance de son pouvoir d'achat sur l'or (l'inverse du prix de marché du lingot). La banque « nationale » qu'il veut créer serait […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/banques-centrales/#i_2359

CHANGE - Les théories du change

  • Écrit par 
  • Hélène RAYMOND-FEINGOLD
  •  • 9 061 mots

Dans le chapitre « Les premières approches réelles du taux de change »  : […] laquelle le taux de change devrait assurer la parité des pouvoirs d'achats (P.P.A.) a des racines qui remontent loin dans le temps. En effet, l'idée selon laquelle il y a un lien entre la valeur relative de deux monnaies et leurs pouvoirs d'achats relatifs se trouve déjà dans les travaux du philosophe et historien David Hume (1711-1776) et de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/change-les-theories-du-change/#i_2359

COMMERCE INTERNATIONAL - Théories

  • Écrit par 
  • Lionel FONTAGNÉ
  •  • 7 201 mots

Dans le chapitre « Un pays désavantagé dans toutes les activités peut exporter »  : […] Ricardo a résolu la difficulté, laissée en suspens par Smith, relative à la nécessité d'un avantage absolu de chaque pays pour au moins un bien. En montrant que même la participation d'un pays désavantagé dans tous les biens est à l'origine d'un gain net, ses Principes (1817) constituent le premier ouvrage scientifique d' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/commerce-international-theories/#i_2359

COMMERCE INTERNATIONAL - Avantages comparatifs

  • Écrit par 
  • Matthieu CROZET
  •  • 5 799 mots

Dans le chapitre « L'exemple de Ricardo »  : […] Dans le chapitre 7 Des principes de l'économie politique et de l'impôt (1817), David Ricardo présente une démonstration plus complète du principe des avantages comparatifs, adossée à un exemple numérique simple […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/commerce-international-avantages-comparatifs/#i_2359

CONCURRENCE, économie

  • Écrit par 
  • Alain BIENAYMÉ
  •  • 7 210 mots

Dans le chapitre « L'élaboration du modèle de concurrence parfaite »  : […] est pas construit en un jour. Son élaboration, au fil du temps, doit beaucoup à Anne Robert Jacques Turgot (1757), Adam Smith (1776) et David Ricardo (1817), qui vantèrent les avantages de la libre concurrence. Antoine Augustin Cournot (1838) opposa le concept de monopole à celui de « concurrence illimitée », avant que le modèle ne trouve une […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/concurrence-economie/#i_2359

ÉCONOMIE (Définition et nature) - Objets et méthodes

  • Écrit par 
  • Henri GUITTON
  •  • 6 469 mots

Dans le chapitre « Les méthodes de la connaissance économique »  : […] eux-mêmes la distinction, les deux méthodes. Cependant, ils avaient tendance à privilégier la méthode déductive. Ricardo, en particulier, était un logicien : ses théories de la rente foncière, de l'influence quantitative de la monnaie sur les prix, du retour automatique à l'équilibre de la balance commerciale sont autant d'ébauches d'une science […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie/#i_2359

ÉCONOMIE (Définition et nature) - Enseignement de l'économie

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 5 519 mots

Dans le chapitre «  Les réticences historiques de la France face à l'économie politique »  : […] en Angleterre même, à l'acceptation d'une situation sociale inique et explosive. Le prolongement des idées de Smith par Ricardo achève de convaincre les élites françaises du caractère au mieux vain, au pire néfaste, de l'économie. On accuse Ricardo de donner une vision pessimiste de la vie, notamment au travers de ce qu'il est convenu d'appeler la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-definition-et-nature-enseignement-de-l-economie/#i_2359

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Les grands courants

  • Écrit par 
  • Jérôme de BOYER
  •  • 8 719 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « La politique monétaire »  : […] Cantillon, David Hume (1752, Essai sur le commerce, le luxe, l'argent, l'intérêt...), Ricardo (1810, Le Haut Prix du lingot ; 1823, Plan pour l'établissement d'une banque nationale) et les membres de la […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-les-grands-courants/#i_2359

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - L'école classique

  • Écrit par 
  • Daniel DIATKINE
  •  • 6 853 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'égalisation des taux de profit »  : […] En revanche, Ricardo définit l'économie comme l'espace de circulation du capital. En d'autres termes, c'est le champ d'exercice de la concurrence des capitaux qui détermine la dimension de l'économie. Si cette concurrence joue librement, s'il n'existe pas de « frottements », elle est […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-l-ecole-classique/#i_2359

ÉCONOMIE (Histoire de la pensée économique) - Théorie néo-classique

  • Écrit par 
  • Jean-Marc DANIEL
  •  • 2 837 mots
  •  • 2 médias

David Ricardo, doit affronter une double contestation. Celle des milieux conservateurs d'abord qui accusent les théories de Ricardo, en ayant associé à chaque facteur de production une classe sociale – la terre à la noblesse, le capital à la bourgeoisie, le travail au prolétariat – d'avoir nourri les théories sur la lutte des classes […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-histoire-de-la-pensee-economique-theorie-neo-classique/#i_2359

ÉPARGNE

  • Écrit par 
  • Didier DAVYDOFF
  •  • 6 380 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'épargne selon les classiques »  : […] des ménages a été, dès l'origine, au cœur de la pensée économique. Pour les auteurs classiques, l'acte d'épargne et celui de consommation sont dissociés. Pour Adam Smith comme pour David Ricardo, les profits des entrepreneurs sont essentiellement réinvestis dans l'accumulation du capital, tandis que les salaires suffisent tout juste à donner […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/epargne/#i_2359

LIBÉRALISME

  • Écrit par 
  • Francis BALLE
  •  • 6 797 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Le libéralisme économique »  : […] Sans nul doute, Malthus et Ricardo sont bien libéraux si l'on tient pour décisive la préférence affirmée pour la liberté économique et la condamnation simultanée de l'intervention de l'État. Mais l'un et l'autre, en vérité, chacun à sa façon, s'écartent de la voie tracée par Quesnay et Smith en prônant l'adoption de mesures susceptibles d'influer […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/liberalisme/#i_2359

MATHÉMATIQUE ÉCOLE ÉCONOMIQUE

  • Écrit par 
  • François ETNER
  •  • 2 774 mots

Dans le chapitre « Mathématiques et science économique »  : […] la méthode mathématique. La majorité des économistes approuvent le premier objectif mais pas le second : il est reproché en particulier à David Ricardo (1772-1823) d'avoir raisonné de façon trop abstraite, mais la méthode historique reste privilégiée au motif qu'il n'existerait pas de lois universelles en économie comme il en existe en physique […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/ecole-economique-mathematique/#i_2359

PROTECTIONNISME

  • Écrit par 
  • Bernard GUILLOCHON
  •  • 6 508 mots

Dans le chapitre « Les avantages comparatifs »  : […] Les économistes de l'école classique, en particulier David Ricardo (1772-1823), rejettent la vision mercantiliste. Dans leur conception, la richesse d'une nation s'identifie non pas au stock d'or et d'argent détenu par l'État, mais à la masse des marchandises qu'elle peut consommer. Ricardo démontre que la suppression de […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/protectionnisme/#i_2359

ROYAUME-UNI - Histoire

  • Écrit par 
  • Bertrand LEMONNIER, 
  • Roland MARX
  •  • 43 270 mots
  •  • 67 médias

Dans le chapitre « Les « révolutions » économiques »  : […] des nations. Une école libérale développe ses intuitions et ses principes, mais succombe aussi, avec David Ricardo vers 1817, au pessimisme social. Pour les pauvres, auxquels leurs « vices » promettent des familles trop nombreuses et un impossible salaire de pure subsistance, les grands esprits n'envisagent aucun secours, en vertu même […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/royaume-uni-histoire/#i_2359

UTILITÉ PRINCIPE D'

  • Écrit par 
  • Francisco VERGARA
  •  • 2 292 mots

Dans le chapitre « Le droit naturel, principale doctrine rivale »  : […] et leur unique but » (La Théorie des sentiments moraux, 1759). Pour David Ricardo (1772-1823) aussi, « le seul but légitime de tout gouvernement est le bonheur du peuple qui vit sous sa juridiction »... « La démocratie, l'aristocratie et la monarchie doivent être considérées uniquement comme un moyen pour atteindre ce but […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/principe-d-utilite/#i_2359

VALEUR, économie

  • Écrit par 
  • Nathalie BERTA
  •  • 1 271 mots

Dans le chapitre « La valeur-travail »  : […] qu'ils sont produits avec la même quantité de travail. Plus précisément, chez Smith, la valeur se mesure par le travail « commandé » – travail que la possession d'un bien permet d'acheter –, chez Ricardo par le travail « incorporé » dans le processus de production, ou encore par le temps de travail socialement nécessaire à sa production chez Marx […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/valeur-economie/#i_2359

Voir aussi

Pour citer l’article

Christian SCHMIDT, « RICARDO DAVID - (1772-1823) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 août 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/david-ricardo/