IRAK

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Nom officielRépublique d'Irak (IQ)
Chef de l'ÉtatBarham Salih (depuis le 2 octobre 2018)
Chef du gouvernementMustafa Al-Kadhimi (depuis le 7 mai 2020)
CapitaleBagdad
Langues officiellesarabe, kurde
Unité monétairedinar irakien (IQD)
Population38 245 000 (estim. 2019) 2
Note : Inclut plus d'un million d'Irakiens réfugiés dans les pays voisins
Superficie (km2)434 128

L'instauration de la République (1958-1968)

La révolution du 14 juillet 1958

Sous la couronne hāchémite, la situation intérieure de l'Irak a considérablement évolué, entraînant une modification sensible du rapport des forces politiques : le pouvoir n'appartient pas au roi – Fayçal II a atteint sa majorité le 2 mai 1953 – mais toujours au régent Abdulillah et surtout à Nouri Pacha Saïd. Le Parlement, docile, est neutralisé, les gouvernements se succèdent les uns aux autres (58 cabinets entre le 23 août 1921 et le 14 juillet 1958 !) et une haute bourgeoisie sunnite domine les affaires. L'armée, qu'inspire un vif sentiment nationaliste, est mise à contribution, souvent contre son gré, pour maintenir l'ordre et se prépare lentement, dans l'ombre, à intervenir, comme elle l'a déjà fait. Enfin le peuple, qui suit avec beaucoup d'attention ce qui se passe dans les autres pays arabes, notamment en Égypte dont la révolution nassérienne de juillet 1952 sert de référence à de nombreux discours révolutionnaires, se reconnaît d'autant moins dans ses dirigeants que cette monarchie hāchémite lui semble doublement illégitime : elle est venue de l'extérieur et elle a été imposée par les Britanniques.

Fayçal II, roi d'Irak, C. Beaton

Photographie : Fayçal II, roi d'Irak, C. Beaton

Photographie

Cecil Beaton, Fayçal II, roi d'Irak. Le roi Fayçal II (1935-1958) a quatre ans lorsqu'il accède au trône, en 1939; le véritable pouvoir appartient alors au régent Abdulillah. 

Crédits : Hulton Getty

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Depuis le début des années cinquante, une opposition s'est donc cristallisée autour de deux revendications : le refus des méthodes brutales de l'équipe Abdulillah-Nouri Saïd, et le rejet nationaliste de la collaboration de l'Irak avec les puissances occidentales. Ce dernier thème, alimenté par la défaite des armées arabes en Palestine en 1948-1949, est devenu plus important encore à la suite de la participation de Bagdad au pacte de 1955 qui porte son nom. On voit en effet dans cette construction une volonté américaine de contrecarrer l'influence croissante en Orient d'une Égypte nassérienne qui s'ouvre à l'Union soviétique, et donc de faire obstacle à l'expression de ce renouveau du nationalisme arabe incarné désormais par Gamal Abdel Nasser.

C'est naturellement au sein de l'armée que le mouvement est le plus actif, car celle-ci représente la seule force organisée du pays capable de rec [...]


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Irak : carte physique

Irak : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Irak : drapeau

Irak : drapeau
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Palmeraie sur les bords de l'Euphrate

Palmeraie sur les bords de l'Euphrate
Crédits : N. Wheeler

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Irak : milieux naturels

Irak : milieux naturels
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Écrit par :

  • : docteur en science politique, chercheur à la chaire Histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, consultante Irak
  • : ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de géographie, maître de conférences à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : docteur en sociologie politique des relations internationales
  • : professeur de lettres

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Pour citer l’article

Loulouwa AL RACHID, Brigitte DUMORTIER, Philippe RONDOT, Pierre ROSSI, « IRAK », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/irak/