IRAK

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Nom officielRépublique d'Irak (IQ)
Chef de l'ÉtatBarham Salih (depuis le 2 octobre 2018)
Chef du gouvernementMustafa Al-Kadhimi (depuis le 7 mai 2020)
CapitaleBagdad
Langues officiellesarabe, kurde
Unité monétairedinar irakien (IQD)
Population42 281 000 (estim. 2022) 2
Note : Inclut plus d'un million d'Irakiens réfugiés dans les pays voisins
Superficie (km2)435 052

Saddam Hussein s'impose (1979-1988)

Saddam Hussein, président de l'Irak

Né en avril 1937 à Takriti, au nord de Bagdad, Saddam Hussein est issu d'une famille de paysans modestes. Élevé par son oncle maternel, un officier qui sera chassé de l'armée après le soulèvement antibritannique de 1941, il milite dès 1955, comme lycéen, au sein du Baas et participe déjà au coup d'État avorté de 1956. Après avoir fait ainsi ses preuves, il devient membre actif du parti en 1957. En 1959, il est sélectionné avec une dizaine d'autres étudiants pour participer au projet d'assassinat du général Kassem. Blessé au cours de la tentative, condamné à mort par contumace, Saddam Hussein trouve refuge à Damas, où il passe un an et fait connaissance du théoricien du Baas, Michel Aflak. Puis, il va au Caire terminer ses études secondaires (1961) tout en y étant le responsable des étudiants baassistes. Il ne regagne l'Irak qu'en février 1963 lorsque son parti prend part à la prise du pouvoir d'Abdel Salam Aref. L'éviction rapide des baassistes l'oblige à replonger dans la clandestinité. Il devient membre et secrétaire du commandement régional du Baas aux côtés d'Hassan al-Bakr. En août 1964, cerné par la police, il est arrêté et condamné à deux ans de prison.

À sa sortie de cellule, en 1966, Saddam Hussein est élu secrétaire général adjoint du parti et prépare dès lors le coup d'État de juillet 1968. Celui-ci réussi, il reçoit notamment la charge d'organiser les milices (les « brassards verts ») chargées de pourchasser les opposants au nouveau régime, communistes et nassériens. En 1969, il est nommé vice-président du C.C.R., devenant ainsi le « numéro deux » du régime, après Hassan al-Bakr. Il passe pour être l'« homme fort » du système jusqu'au moment où, le 16 juillet 1979, à la suite de la démission du vieux maréchal pour raison de santé, Saddam Hussein regroupe entre ses mains tous les postes clefs du pouvoir en Irak. Il est élu président de la République, secrétaire général adjoint du commandement national du Baas, secrétaire général du commandement régional, et président du C.C.R. Cette prise en main du pays s'accompagne, le 28 juillet 1979, d'une purge sanglante de son entourage (21 exécutions) à la suite d'un « vil complot, fomenté par une bande de traîtres au parti Baas et à la révolution irakienne ». Au nombre des comploteurs figurent Adnan Hussein, devenu vice-Premier ministre et son chef de cabinet à la présidence, et Abdel Khalek Samarrai qui avait été l'un des dirigeants historiques du parti. Cette élimination d'une opposition potentielle provoque la rupture avec la Syrie, accusée d'être l'instigatrice du complot. Mais peut-être annonçait-elle déjà la guerre avec l'Iran, qui commencera quelques mois plus tard, en septembre 1980 ?

Sous la présidence de Saddam Hussein, l'Irak est toujours baassiste, mais le tempérament du nouveau président, volontariste et pragmatique, et son besoin d'affirmer sa puissance à l'intérieur et celle de son pays à l'extérieur donnent rapidement à son pouvoir une forme très personnalisée dont, d'ailleurs, s'accommode parfaitement la très grande majorité de son peuple. Âgé seulement de quarante-deux ans en 1979, l'« homme fort » de l'Irak depuis une décennie déjà, libéré désormais depuis juillet de la supériorité protocolaire d'Hassan al-Bakr (décédé en oct. 1982), et devenu « el-Raïs el-monadel » (le Président combattant), Saddam Hussein va s'employer à bien montrer à tous qu'il est le seul maître de l'ancienne Mésopotamie.

Saddam Hussein, 1990

Photographie : Saddam Hussein, 1990

Saddam Hussein (ici, lors du sommet arabe à Bagdad en mai 1990), président de l'Irak de juillet 1979 à avril 2003, a ordonné, en septembre 1980, l'attaque contre l'Iran, début d'une guerre qui allait durer huit ans, puis a fait envahir le Koweït, en août 1990. Le dictateur sera capturé le... 

Crédits : Thomas Hartwell/ The LIFE Images Collection/ Getty Images

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Les grandes ambitions

À la différence du Baas syrien, le Baas irakien n'a pas connu (ou n'a que peu connu) les âpres luttes intestines entre clans rivaux. C'est ainsi que, bon gré mal gré, les « militaires » ont dû céder le pas aux « civils », au prix de mises à l'écart et de purges préventives. Après avoir successivement liquidé, entre mai 1978 et juillet 1979, le Parti communiste (P.C.I.), dont les militants qui ont pu échapper aux arrestations se sont réfugiés dans la clandestinité, et, en août 1979, les baassistes pro-syriens, ou supposés tels, le président Saddam Hussein peut songer à l'ouverture. Le 16 mars 1980, le C.C.R. promulgue deux lois, l'une instituant une Assemblée nationale pour l'ensemble de l'Irak, l'autre une Assemblée législative pour la région autonome du Kurdistan. La première assemblée a (en principe) quelques compétences : elle propose et vote les lois, ratifie les traités et accords internationaux, discute de la politique intérieure et étrangère et peut adresser des [...]

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Médias

Irak : carte physique

Irak : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Irak : drapeau

Irak : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Palmeraie sur les bords de l'Euphrate

Palmeraie sur les bords de l'Euphrate
Crédits : N. Wheeler

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Irak : milieux naturels

Irak : milieux naturels
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Écrit par :

  • : docteur en science politique, chercheur à la chaire Histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, consultante Irak
  • : ancienne élève de l'École normale supérieure, agrégée de géographie, maître de conférences à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : docteur en sociologie politique des relations internationales
  • : professeur de lettres

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Pour citer l’article

Loulouwa AL RACHID, Brigitte DUMORTIER, Philippe RONDOT, Pierre ROSSI, « IRAK », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 octobre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/irak/