AREF ABDEL RAHMAN (1916-2007)

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Sorti de l'école militaire de Bagdad en 1937, Abdel Rahman Aref suit une carrière militaire normale, sans ambition politique. S'il se rallie au complot de 1958, qui instaure la république, c'est que son frère cadet, le colonel Abdel Salam Aref en est une des têtes. Il reste ensuite sous les ordres du général Kassem, même après la disgrâce de son frère. Il est cependant mis à la retraite en 1962. Après le coup d'État, il est nommé général de brigade. Il aide son frère à renverser le régime baathiste le 18 novembre 1963, et devient son bras droit. Cependant, d'un caractère assez timoré, il ne possède ni la notoriété ni le prestige de son cadet. Chef d'état-major par intérim, il entame des conversations avec le chef du mouvement kurde en rébellion, Barzani. Mais leur échec entraîne la reprise des combats dans le Nord.

Il entre au Conseil de régence en 1965 et déjoue un coup d'État fomenté en septembre 1965. Lorsque son frère disparaît dans un accident d'hélicoptère, en avril 1966 et qu'un danger de guerre civile menace l'Irak, il est choisi pour lui succéder et est élu président de la République le 17 avril 1966, réunissant les suffrages de la plupart des tendances nationalistes. En mai 1967, il joint la présidence de la République à la présidence du Conseil et tente d'élargir les bases du régime. Il reprend en la modérant la politique de son frère. En juin 1966, il signe un armistice avec les Kurdes, mais sans leur accorder l'autonomie.

À la suite de la guerre de Six Jours et sous la pression de la gauche, Aref est obligé d'adopter une attitude plus ferme. Il tente de tenir tête au cartel des compagnies pétrolières anglo-saxonnes en favorisant d'autres compagnies, occidentales ou soviétiques. Mais ce tournant à gauche suscite l'hostilité d'une partie des éléments baathistes. Ceux-ci réclament la démission du nouveau Premier ministre Taher Yehyia et critiquent violemment l'accord signé avec la Compagnie française E.R.A.P.

En définitive, c'est surtout Yehyia qui est visé par le coup d'État organisé par un groupe de jeunes officiers appartenant à la fraction de droite du parti Baath le 17 juillet 1968. Aref est obligé de s'exiler à Londres, tandis que lui succède à la tête de l'Irak le général Hassan al-Bakr.

—  Martine MEUSY

Écrit par :

  • : diplômée d'études supérieures de science politique, chargée d'études à la direction de la Documentation française

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Dans le chapitre « Le régime des frères Aref (1963-1968) »  : […] Au début de 1963, le Baas est parvenu à étendre son réseau aussi bien chez les civils que chez les militaires. C'est parmi ces derniers qu’ Hassan al-Bakr, prenant de court la répression qu'annonce l'arrestation de certains baassistes civils, décide de passer à l'action le 8 février 1963. Aidé par l'aviation et les blindés, il obtient après 36 heur […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/irak/#i_29566

Pour citer l’article

Martine MEUSY, « AREF ABDEL RAHMAN - (1916-2007) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/abdel-rahman-aref/