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FRANCE, archéologie

Depuis le xixe siècle jusqu'aux années 1960-1970, la plupart des chantiers et des recherches archéologiques concernant le territoire national ont été conduits en France par des non-professionnels. La première loi réglementant et organisant ces recherches remonte seulement à 1941 et, pendant plus de trente années, c'est une administration squelettique faisant appel à des bénévoles qui fut chargée de l'appliquer. Les grands travaux qui ont remodelé la France de l'après-guerre ne firent l'objet ni de prévision ni de surveillance.

Inventaire archéologique : un exemple pionnier

Inventaire archéologique : un exemple pionnier

Il a fallu, en 1965-1966, l'explosion de scandales dont la presse s'est emparée pour que les problèmes soient publiquement posés. Du coup, l'« archéologie de sauvetage » a fait son apparition « officielle », mais ce n'est qu'à partir de 1975 que des efforts significatifs ont été entrepris pour constituer une administration digne de ce nom et pour augmenter les crédits accordés par l'État. Peu à peu s'est instituée la pratique d'obtenir des aménageurs la reconnaissance de leur responsabilité et le financement des travaux archéologiques rendus nécessaires par les opérations immobilières, les constructions d'autoroutes, etc. Une « carte archéologique » a également été entreprise visant à rassembler toutes les données connues afin d'organiser les actions préventives. Faute de disposer d'un personnel permanent en nombre suffisant, depuis 1980 environ s'est généralisé l'appel à des « vacataires » puis à des « contractuels » de plus en plus nombreux.

La part des opérations de sauvetage ne cesse de croître au détriment des recherches programmées, organisées en dehors de toute urgence pour répondre à des problèmes scientifiques déterminés. Cet accroissement, celui des financements, celui de l'emploi précaire, fait que l'archéologie du territoire national connaît à la fin des années 1980 une crise profonde, écartelée qu'elle est entre la volonté d'éviter la destruction aveugle du patrimoine enfoui et la nécessité de conduire des recherches rigoureuses. Elle pose des problèmes économiques et sociaux, elle s'interroge sur sa finalité. Seules de profondes réformes peuvent apporter une solution.

Un peu d'histoire

Pendant longtemps – jusqu'au xixe siècle –, ce furent les monuments et les objets laissés sur notre sol par les Romains qui ont intéressé humanistes, historiens et... collectionneurs. L'idée que d'autres vestiges – aussi bien pré-romains que médiévaux – pouvaient avoir leur importance ne se fit jour, timidement, qu'à la Révolution, et encore sous des formes ambiguës, par exemple celle de la « celtomanie » qui trouva son origine dans l'ossianisme (qui séduisit tant les romantiques) et qui sévit plus d'un demi-siècle.

Au cours de la plus grande partie du xixe siècle se développèrent en province de très nombreuses sociétés savantes qui consacrèrent une forte part de leur activité à la recherche « archéologique » (au sens le plus large : l'étude des monuments de toutes époques alliée à des activités de terrain). Des membres de la société bourgeoise se passionnèrent pour leur terroir et l'on vit, par exemple, de grands négociants comme Bulliot, à Autun, se lancer à la recherche de la fameuse capitale gauloise des Éduens, Bibracte. À Paris même se créèrent des organismes officiels comme le Comité des travaux historiques ou la Commission des monuments historiques qui, quoique essentiellement tournés vers l'art monumental, n'hésitèrent pas à aider en les subventionnant des recherches archéologiques de terrain. Cependant, alors que, pour l'archéologie française à l'étranger (que Champollion, par exemple, avait fait briller d'un vif éclat), des « magistères » avaient été créés, on ne vit rien de tel pour les « antiquités[...]

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Inventaire archéologique : un exemple pionnier

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Jacques Boucher de Perthes

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Autres références

  • LA FRANCE ARCHÉOLOGIQUE (dir. J.-P. Demoule)

    • Écrit par Laurent-Jacques COSTA, Universalis
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    Ouvrage collectif, réunissant quelque cent soixante contributeurs sous la direction de Jean-Paul Demoule, alors président de l'Institut national de recherches archéologiques préventives, La France archéologique. Vingt ans d'aménagements et de découvertes (Hazan-INRAP, Paris) dresse,...

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