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FRANCE, archéologie

Les financements

À la suite du rapport remis par Jacques Soustelle en 1975, un Fonds d'intervention pour l'archéologie de sauvetage avait été institué. Doté de quelques millions de francs, il s'est vite révélé insuffisant. Sans qu'aucune politique nationale n'ait été définie et en dehors de textes réglementaires précis, l'action de quelques directeurs des Antiquités a radicalement transformé les comportements. Certains aménageurs, soucieux de lever les hypothèques archéologiques dans des délais rapides, ont accepté (voire proposé) de financer des prospections, des fouilles – et parfois les études consécutives à celles-ci. Des conventions de plus en plus nombreuses ont donc été passées entre l'État et des aménageurs (sociétés d'autoroute ou de métro, municipalités, promoteurs immobiliers, etc.), plaçant à la charge de l'aménageur les opérations archéologiques provoquées de son fait.

Le développement de l'Association française pour l'archéologie nationale, qui met en place auprès des directeurs des Antiquités les moyens nécessaires aux interventions, montre clairement l'évolution des financements. Alors que, de 1982 à 1987, la subvention d'État doublait, la part des crédits « extérieurs » décuplait. Dans ce graphique apparaît un bloc «  Louvre ». Il reproduit la part des financements consacrés à l'archéologie par l'Établissement public du Grand Louvre lors des travaux liés à l'aménagement du musée : quelque 50 millions de francs entièrement payés par l'aménageur, correspondant notamment au recrutement de 70 à 80 personnes à temps plein pendant deux ans. Le retentissement de cette opération a contribué au renforcement de la tendance. Ces chiffres sont d'ailleurs inférieurs à la réalité : ils ne prennent pas en compte nombre de prestations (terrassements, par exemple) ni certains crédits qui passent par d'autres relais.

L'une des conséquences de cette nouvelle pratique, c'est l'emploi (précaire) d'un nombre sans cesse croissant de « contractuels » (environ un millier en 1988) à durée déterminée (en moyenne 5 mois). Outre les problèmes sociaux qu'elle pose, elle amène à s'interroger sur sa validité scientifique.

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Inventaire archéologique : un exemple pionnier

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Jacques Boucher de Perthes

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Autres références

  • LA FRANCE ARCHÉOLOGIQUE (dir. J.-P. Demoule)

    • Écrit par Laurent-Jacques COSTA, Universalis
    • 800 mots

    Ouvrage collectif, réunissant quelque cent soixante contributeurs sous la direction de Jean-Paul Demoule, alors président de l'Institut national de recherches archéologiques préventives, La France archéologique. Vingt ans d'aménagements et de découvertes (Hazan-INRAP, Paris) dresse,...

  • ACHEULÉEN

    • Écrit par Michèle JULIEN
    • 123 mots

    L’Acheuléen est une civilisation de la préhistoire ; son nom vient du gisement de Saint-Acheul, faubourg d'Amiens, où fut découvert un outillage du Paléolithique inférieur dont la pièce caractéristique est le biface. Cette culture apparaît en France vers — 700 000, mais en Afrique...

  • ALÉSIA

    • Écrit par Michel REDDÉ
    • 1 046 mots
    • 2 médias

    Premier site de l'histoire de la nation française, Alésia a été rendu célèbre par le fameux passage de la Guerre des Gaules (VII, 68-89) dans lequel César met en scène la défaite de Vercingétorix en 52 avant J.-C. Devenu « lieu de mémoire » et symbole national de la résistance à...

  • ANGOULÊME, histoire de l'art

    • Écrit par Pierre DUBOURG-NOVES
    • 920 mots
    • 1 média

    Angoulême, érigée en civitas à la fin du iiie siècle ou au début du ive, conserve de cette époque les restes d'un soubassement de rempart aux parements en gros appareil régulier. Le blocage intérieur, constitué de vestiges de monuments (colonnes, blocs sculptés, inscriptions...),...

  • ARCHÉOLOGIE MÉDIÉVALE

    • Écrit par Luc BOURGEOIS
    • 4 883 mots
    • 5 médias
    ...ces institutions n’envisage d’étendre l’archéologie à l’ensemble de la période médiévale, l’abondance des textes et des monuments en élévation semblant rendre inutile un tel effort.En France, l’archéologie médiévale de terrain demeure donc pour longtemps encore l’affaire d’amateurs locaux.
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