FRANCE, archéologie

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Perspectives scientifiques

L'archéologie nationale a plus changé dans les quinze dernières années que depuis sa timide apparition à la fin du xviiie siècle jusqu'aux années 1970. Sous la contrainte des sauvetages, les méthodes, les moyens et les connaissances se sont transformés. Il n'est pratiquement pas de période – sauf, en partie, le Paléolithique et l'Épipaléolithique – pour laquelle les données récentes n'aient bouleversé les conceptions ou apporté des chaînons manquants. Agglomérations jusqu'alors inconnues, vastes nécropoles, systèmes ruraux, etc. : même une civilisation qu'on croyait bien connaître – l'époque gallo-romaine – se révèle sous d'autres traits. On pourra – et il faudra – réécrire sous peu notre histoire, au moins jusqu'au Moyen Âge.

Ce constat positif se nuance cependant de nombreuses restrictions. D'abord, à quel prix ? Ces nouvelles données ont été (presque toujours) acquises au détriment de notre patrimoine : des milliers d'hectares de vestiges de toutes sortes détruits définitivement. Cela ne peut durer : pratiquerons-nous la politique de la terre brûlée ? D'où la nécessité de transformer l'archéologie de sauvetage en archéologie préventive. C'est – encore une fois – bien tard et avec des techniques inappropriées que la France a engagé son inventaire des sites archéologiques ; il s'agit de le faire progresser de manière à permettre des études d'impact efficaces qui devraient parfois déboucher sur des acquisitions de terrain pour constituer des « réserves » ou sur des protections juridiques. Il s'agit aussi de développer, en accord avec les collectivités, les évaluations du sous-sol des villes. De généraliser l'emploi de techniques de fondations d'immeubles non ou peu destructives, etc.

Il est également urgent de conférer à l'archéologie de sauvetage une qualité et une rigueur dignes de sa mission. Voilà qui implique une politique comportant de nombreux volets :

– une réforme des mécanismes de financement qui permette d'adapter les moyens à l'intérêt scientifique d'une opération (et non plus aux capaci [...]

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Inventaire archéologique : un exemple pionnier

Inventaire archéologique : un exemple pionnier
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Jacques Boucher de Perthes

Jacques Boucher de Perthes
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Christian GOUDINEAU, « FRANCE, archéologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 juillet 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/france-archeologie/