BERNARD CLAUDE (1813-1878)

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Premières recherches sur les sucs digestifs

Claude Bernard réalisa d'abord, en collaboration avec son maître, des essais sur la thermogenèse animale ou sur « la combustion des aliments respiratoires au niveau du sang ». Les recherches sur le métabolisme respiratoire étaient à l'époque dominées par les chimistes : Eilhard Mitscherlich, en Autriche, Jean-Baptiste Dumas, en France, avaient échafaudé une théorie de la respiration selon laquelle les « oxydations respiratoires » se déroulaient dans le sang. Dumas (1800-1884) distinguait, d'une part, les « aliments respiratoires » (sucres, féculents, graisses), qui produisaient par combustion dans le sang la chaleur animale et le gaz carbonique exhalé par les poumons, et, d'autre part, « les aliments plastiques azotés » (gélatine, fibrine, albumine, caséine), qui étaient assimilés pour la croissance des organismes, sans être oxydés. Justus Liebig (1803-1873), chef de file des chimistes allemands, soutenait en revanche que les substances organiques étaient toutes oxydées par les organismes animaux et que le catabolisme de ces substances libérait du gaz carbonique et de l'ammoniac dans l'atmosphère.

Bien qu'ayant suivi les cours de Dumas à l'École de médecine, Claude Bernard était réticent à l'idée du catabolisme respiratoire se déroulant dans le sang. Impressionné par la découverte récente des « diastases » : l'amylase de l'orge (par Payen et Persoz en 1833), la pepsine gastrique (par Théodore Schwann en 1836), Claude Bernard prépara sa thèse de doctorat en médecine sur le rôle du suc gastrique dans la nutrition.

Le modèle expérimental préféré de Magendie était le chien. Dans une première série d'expériences, le jeune physiologiste injecta du prussiate (hydrocyanate) de potassium dans l'une des deux veines jugulaires d'un chien et du lactate de fer dans l'autre. Si les deux substances injectées avaient pu se combiner dans le sang, il se serait formé du cyanate de fer ou « bleu de Prusse » dans les vaisseaux. Or aucun prélèvement sanguin, consécutif aux deux injections et provenant de différents points de l'organisme, ne montra la moindre coloration bleue. Le sel de fer était retrouvé en grande partie dans les urines et le prussiate de potassium dans les poumons. Claude Bernard en conclut que le milieu sanguin n'était pas propice aux réactions chimiques. En revanche, il put observer que la muqueuse gastrique se colorait très intensément au bleu de Prusse : les recherches de Claude Bernard se focalisèrent alors sur les réactions chimiques subies par les aliments dans l'estomac sous l'action du suc gastrique.

Après ses travaux sur la digestion stomacale des sucres, qui firent l'objet de sa thèse soutenue en 1843, le physiologiste se tourna vers l'étude du suc pancréatique, puis il précisa les conditions nécessaires à la digestion de l'amidon par la salive.

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Écrit par :

  • : professeur honoraire de biologie cellulaire, université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie

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Pour citer l’article

Paul MAZLIAK, « BERNARD CLAUDE - (1813-1878) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/claude-bernard/