ATHÉROSCLÉROSE

Description et modes d'expression clinique de l'athérosclérose

On distingue les plaques simples et les plaques compliquées selon que la lésion a ou n'a pas la capacité immédiate de se manifester en provoquant l'ischémie de l'organe qu'elle irrigue.

Plaque simple

La structure est celle qui a été signalée dans la définition : épaississement scléreux de l'intima au sein duquel se trouve un noyau lipidique plus ou moins volumineux ; l'ensemble ayant un aspect proche de celui d'un abcès ou d'un kyste. La plaque est lisse et régulière, couverte d'une couche de cellules (endothélium) qui garantit la fluidité du sang au contact de la lésion. La plaque simple est absorbée dans l'épaisseur de la paroi artérielle. Cela est dû à un remaniement de la géométrie de l'anneau artériel (remodelage) qui lui permet de conserver sa forme ronde et son calibre normaux. Malgré la plaque, le sang s'écoule donc normalement dans l'artère. À l'artériographie (radiographie effectuée après l'injection d'un produit de contraste opaque aux rayons X), la lumière de l'artère apparaît normale. Pour détecter la plaque, il faut obtenir une image de la paroi épaissie, ce que permettent d'autres techniques d'imagerie (ultrasons, résonance magnétique).

Le tissu athéroscléreux est constitué de cellules dispersées au sein d'une matrice fibreuse dense, faite de protéines (collagènes, élastine, protéoglycanes) formant une armature compacte. Le centre athéromateux est presque exclusivement composé de lipides où prédomine le cholestérol, et on n'y trouve que des débris de cellules mortes (d'où le nom de centre athéro-nécrotique). Les cellules de la plaque appartiennent à deux familles. En premier lieu, les cellules musculaires lisses qui sont originaires de la paroi artérielle elle-même ; elles sont plus abondantes dans les parties scléreuses qu'au pourtour du cœur lipidique. En second lieu, les globules blancs (leucocytes), venus du sang, qui sont de deux catégories : monocytes, dont la répartition est inverse de celle des cellules musculaires ; et lymphocytes T, en moindre nombre que les monocytes ou les cellules musculaires, mais à peu près régulièrement répartis au sein de toute la plaque. Une forte proportion des cellules situées au pourtour du centre athéromateux sont dites spumeuses, parce qu'elles sont bourrées de vacuoles lipidiques (corps gras). Il s'agit de monocytes et de cellules musculaires.

La plaque présente souvent des zones de calcification, ou même de véritable ossification, qui contribuent à sa dureté. La plaque est irriguée par un riche réseau de petits vaisseaux qui se développent en même temps qu'elle (alors que, normalement, les couches internes d'une artère sont dépourvues de toute vascularisation). Sous la plaque qui s'édifie dans l'intima, la couche musculaire moyenne (média) est amincie.

De telles plaques simples sont extrêmement communes dans les artères humaines. Une étude menée à La Nouvelle-Orléans (Louisiane) sur une grande série d'autopsies a montré que chez deux individus sur trois, dans la tranche d'âge 35-40 ans, il existe une plaque athéroscléreuse à l'origine de l'artère coronaire interventriculaire antérieure (l'un des sites favoris de la maladie). L'athérosclérose est une lésion beaucoup plus banale que les maladies qu'elle peut provoquer.

Plaques compliquées

Pour causer une ischémie, la plaque doit s'être compliquée afin d'entraver la circulation du sang vers l'organe irrigué. Deux complications principales sont à distinguer : l'une chronique, la sténose, qui s'édifie généralement à bas bruit ; l'autre aiguë, la rupture, qui peut se révéler par un accident subit.

Sténose

Une plaque peut augmenter[...]

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Écrit par

  • Loïc CAPRON : professeur à l'université de Paris-VI, chef du département de médecine interne à l'hôpital européen Georges-Pompidou, Paris

Classification

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

Maladies coronariennes

Maladies coronariennes

Maladies coronariennes

Troubles cardiaques causés par le rétrécissement ou l'obstruction des artères coronaires.

Le cœur,…

Autres références

  • ANTIAGRÉGANTS PLAQUETTAIRES

    • Écrit par Jacques CAEN, Jean-Luc WAUTIER
    • 689 mots

    Les plaquettes ont un rôle dominant dans la genèse des thromboses artérielles et de l'athérosclérose, en intervenant au moins sur l'altération endothéliale ou sous-endothéliale, la prolifération des cellules musculaires lisses, ce qui a conduit à l'utilisation et à la rationalisation...

  • ANTIANGOREUX

    • Écrit par Dominique BIDET, Jean-Cyr GAIGNAULT
    • 766 mots

    Les médicaments qui appartiennent à plusieurs classes chimiques concourant, par des mécanismes parfois multiples, à s'opposer à la crise d'angor, ou angine de poitrine ou coronarite, sont appelés antiangoreux. La coronarite résulte d'une anoxie brutale et transitoire...

  • ARTÉRIOSCLÉROSE

    • Écrit par Universalis
    • 316 mots

    Maladie artérielle se présentant sous trois formes principales : l'artériosclérose de l'intima ou athérosclérose, dans laquelle des plaques graisseuses (dites d'athérome) se déposent dans la partie la plus interne des vaisseaux sanguins ; l'artériosclérose de Mönckeberg...

  • CARDIOLOGIE

    • Écrit par Philippe BEAUFILS, Robert SLAMA
    • 4 128 mots
    • 2 médias
    ...ambulatoire et, proposition autrefois scandaleuse, qu'on n'hésite plus à réaliser à la phase initiale d'un infarctus du myocarde. En établissant un diagnostic précis des lésions coronaires athéromateuses, la coronarographie ouvrait la voie à la chirurgie coronaire par pontage veineux avant que les pontages...
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Voir aussi