ALLEMANDES (LANGUE ET LITTÉRATURES)Littératures

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Johann Wolfgang von Goethe

Johann Wolfgang von Goethe
Crédits : Istituto Geografico De Agostini

photographie

Klopstock

Klopstock
Crédits : Hulton Getty

photographie

Schiller

Schiller
Crédits : Hulton Getty

photographie

Des Knaben Wunderhorn

Des Knaben Wunderhorn
Crédits : AKG

photographie

Tous les médias


En 1795 – au milieu même de ce que la postérité devait dénommer le classicisme allemand –, Goethe fait paraître un bref article intitulé « Sans-culottisme littéraire ». C'était une réponse à un médiocre libelle qui venait de déplorer qu'il y eût en Allemagne si peu d'œuvres classiques. Depuis un demi-siècle, répond Goethe, on s'est précisément efforcé de former en Allemagne le goût du public et de guider les jeunes écrivains ; une sorte d'« école invisible » s'est constituée ; on est sorti des ténèbres et on se gardera bien désormais de refermer les volets. Pourtant, ajoute Goethe, il n'existe aucun auteur allemand qui osera se dire « classique ». Pour qu'il y ait un classicisme, il faut une histoire, une tradition, un public, une culture. Rien de tout cela n'existe encore. Et il continue : « On ne peut pas reprocher à la nation allemande que sa situation géographique l'enferme dans d'étroites limites, tandis que sa situation politique la divise. Nous ne désirons certainement pas que se produisent les bouleversements qui pourraient préparer en Allemagne des ouvrages classiques. »

Johann Wolfgang von Goethe

Johann Wolfgang von Goethe

Photographie

Johann Wolfgang von Goethe (1749-1832) dans la campagne romaine, par J. H. W. Tischbein. Détail du portrait exécuté lors du voyage de l'écrivain en Italie. Städelinstitut, Francfort. 

Crédits : Istituto Geografico De Agostini

Afficher

L'Allemagne d'aujourd'hui n'est certes plus celle de 1795. Et, pourtant, les réflexions de Goethe n'ont rien perdu de leur vérité. L'histoire de la littérature allemande est le reflet de son histoire politique. L'Allemagne, longtemps divisée, longtemps incertaine de son identité, ouverte de toutes parts à l'influence de l'étranger, souvent ravagée par les guerres, a produit une littérature où les phases d'ombre ne cessent d'alterner avec les phases de lumière. Dans ce pays sans capitale, les centres intellectuels se déplacent, selon le cours des événements historiques, de Zurich à Leipzig, de Königsberg (ou même Riga) à Weimar ou à Francfort. L'Autriche, qui était restée longtemps une province parmi d'autres, prend conscience depuis Joseph II de ses vertus originales et ouvre des routes qui lui sont propres. Et, il y a moins de [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 33 pages


Écrit par :

  • : ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé d'allemand, maître de conférences de littérature allemande à l'université de Paris-Sorbonne
  • : directrice de l'association Les Amis du roi des Aulnes, traductrice
  • : ancien élève de l'École normale supérieure, professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne
  • : ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm, docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-Sorbonne
  • : professeur de langues et littératures allemandes et germaniques à l'université de Caen

Classification


Autres références

«  ALLEMANDES LANGUE ET LITTÉRATURES  » est également traité dans :

ALLEMANDES (LANGUE ET LITTÉRATURES) - Langue

  • Écrit par 
  • Paul VALENTIN
  •  • 4 381 mots
  •  • 3 médias

L'allemand est l'une des grandes langues de culture de l'Occident, malgré des revers récents qui lui ont fait perdre beaucoup de terrain à l'est de l'Oder, et sans doute aussi beaucoup de prestige. Cent millions d'hommes ont l'allemand pour langue officielle dans le monde ; pour de nombreuses minorités, d'autre part, c'est une patrie spirituelle. La parenté de l'allemand avec le néerlandais et, à […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemandes-langue-et-litteratures-langue/

NÉO-CLASSICISME (littérature)

  • Écrit par 
  • François TRÉMOLIÈRES
  •  • 1 010 mots

Il semble aller de soi que le néo-classicisme se définit par rapport au classicisme. Or, au moins en littérature, ce dernier est une notion étroite, d'ailleurs problématique : elle ne vaudrait que pour la France, et durant une courte période (les années 1660-1680). Faut-il en déduire qu'il n'y aurait de néo-classicisme que français, ou en rapport avec le modèle français ? Au contraire, l'expressi […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/neo-classicisme-litterature/#i_43182

Voir aussi

Pour citer l’article

Claude PORCELL, Nicole BARY, Claude DAVID, Étienne MAZINGUE, Claude LECOUTEUX, « ALLEMANDES (LANGUE ET LITTÉRATURES) - Littératures », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/allemandes-langue-et-litteratures-litteratures/