APPIANI ANDREA (1754-1817)

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Parmi les représentants majeurs du néo-classicisme, on doit à coup sûr compter Andrea Appiani. Aux côtés d'un Giani, plus tendu et brutal, d'un Camuccini, plus maniérisant, Appiani est en Italie dans la lignée de Mengs et d'Angelica Kauffmann le représentant d'un art où le retour à l'antique passe, entre autres, par une méditation des classicismes, de celui du Raphaël de la Farnésine à celui de Poussin.

Excellent décorateur, Appiani fait preuve dans les fresques de la Rotonde de Monza, commandées en 1789 par l'archiduc Ferdinand, de qualités alexandrines qui lui donnent la réputation d'un nouvel Albane. De même, le cycle de fresques consacrées à Apollon dans la casa Sannazzaro de Milan (1800) pour le ministre francophile Prina, qui ont été déposées, en partie, et conservées à la Brera et à la Galleria d'arte moderna de Milan, ont une transparence et une élégance qui ne peut que faire penser à Guido Reni.

Son chef-d'œuvre est sans doute l'ensemble de fresques, pratiquement détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, commandées par Napoléon pour le Palazzo Reale de Milan, demeure du vice-roi Eugène de Beauharnais, son beau-fils (actuellement à la Galleria d'arte moderna). La salle des Cariatides (1803-1807) comprenait trente-cinq épisodes en grisaille des fastes de Napoléon, qui ont été détruits en 1943, mais heureusement connus par les gravures de Rosaspina (la salle du Trône, 1808, illustrait l'apothéose de Napoléon). Le morceau central, détaché, est à la villa Carlotta à Tremezzo, tandis que les étonnants cartons (Louvre) et diverses études (Galleria d'arte moderna, Milan) permettent d'accéder encore à cette décoration. Usant sans difficulté du langage allégorique, choisissant de représenter l'empereur à l'antique, tel un Jupiter-Auguste, sur un trône que portent des Victoires assez botticelliennes, Appiani réussit cette synthèse du présent et du passé qui fit achopper tant d'artistes et dont les difficultés expliquent, en partie, les préférences de Napoléon pour la traduction franchement réaliste de l'histoire contemporaine. Dans cette manière, Appiani n'a qu'un rival, Prud'hon.

Le portraitiste montre une élégance nerveuse et pure, qui rappelle celle du baron Regnault. Le portrait du Premier consul, (1803, coll. privée, Bellagio) est une des effigies les plus racées de Bonaparte : l'énergie de Gros contenue dans un dessin d'une acuité bronzinienne, une étrange harmonie en noir et or. Les dignitaires du royaume d'Italie, tels Francesco Melzi (coll. privée, Bellagio), le ministre de l'Intérieur, Arborio di Gattinara (musèo del Risorgimento, Milan), le général Achille Fontanelli (Galleria d'arte moderna, Milan), etc., ont trouvé en Appiani celui qui sut donner de l'épisode napoléonien une effigie où la dignité de l'antique se tempère de la grâce d'une nouvelle Renaissance.

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Pour citer l’article

Bruno FOUCART, « APPIANI ANDREA - (1754-1817) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/andrea-appiani/