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AFRIQUE (Structure et milieu) Biogéographie

Suspendue aux flancs de l'Ancien Monde comme un « gigantesque point d'interrogation » – selon la pittoresque formule de Weulersse – l'Afrique représente le quart de la surface des terres émergées.

De tous les continents c'est à la fois le plus massif (1 400 km2 pour 10 km de côtes, contre 300 pour l'Europe) mais surtout le plus tropical et, par conséquent, le plus chaud. S'étendant du nord au sud sur 8 000 km (de 370 21′ N. à 340 51′ S.), l'Afrique est en effet le seul continent à peu près symétriquement disposé par rapport à l'équateur qui le sépare sensiblement en deux moitiés. Si ces dernières sont de formes bien différentes, l'une « transversale » (7 500 km de Dakar au cap Guardafui) atteignant la Méditerranée, l'autre « verticale » et se terminant avec le cap des Aiguilles aux frontières du monde subantarctique, ces diversités ne parviendront pas à masquer l'ampleur et l'importance bioclimatique fondamentale des symétries intra-africaines.

La structure, dans son ensemble, est simple ou, plus exactement, monotone, l'Afrique représentant dans sa quasi-totalité un « bouclier » cristallin, vieux socle précambrien arasé, plaqué par endroits de sédiments sub-horizontaux, gaufré par l'épeirogenèse de dorsales et de cuvettes, localement affecté de cassures et de venues volcaniques. Deux notables exceptions symétriques, aux deux extrémités du continent où des orogenèses véritables feront surgir les chaînes atlasiques de la Berbérie ou les plissements, beaucoup plus anciens, d'ailleurs, du Cap.

Quant au relief, rappelons que si l'Afrique intertropicale n'a pas de hautes chaînes comparables aux Alpes, aux Andes, aux Rocheuses ou à l'Himalaya, elle a relativement peu de plaines basses : 67 p. 100 de la surface totale se trouve ainsi entre 200 et 1 000 m d'altitude. Une ligne tirée de Port-Soudan à Lobito diviserait, en diagonale, le continent entre une « Afrique haute » à l'est, de l'Éthiopie au Drakensberg, et une « Afrique basse », celle de l'ouest. À l'exception du mont Cameroun (4 070 m) et de l'Atlas marocain (4 071 m), toutes les hautes montagnes d'Afrique se placent à l'est de cette ligne (Semien, 4 620 m ; Elgon, 4 315 m ; Kenya, 5 199 m ; Kilimandjaro, 5 895 m ; Meru, 4 560 m ; Ruwenzori, 5 109 m).

Du point de vue pluviométrique on trouve une zone équatoriale à forte pluviosité, 4 305 mm à Conakry, 4 000 à Douala, 10 500 à Debunscha (Cameroun), 11 000 à Ureka (Bioko), centrée sur la face occidentale du continent et n'atteignant pas l'orientale, et une série d'auréoles concentriques à pluviosité décroissante jusqu'aux zones désertiques où l'on notera des « moyennes » annuelles de 0,9 mm (Kharguèh) et de 0,4 mm (Dakhla). Ajoutons que le plus souvent les pluies sont saisonnières et que plus de la moitié de l'Afrique connaît une période sèche de plus de 3 mois qui, au fur et à mesure qu'on s'éloigne de la zone humide, passe peu à peu à 12, avec les déserts, Sahara (et ses prolongements érythréens) au nord, Namib au sud-ouest.

Les deux tiers de sa surface se trouvant en position intertropicale, on comprendra que l'Afrique soit le plus chaud des continents, quand, à la situation géographique, vont s'ajouter l'énorme développement, « transversal » du Sahara d'une part, l'hyperthermie des cuvettes de l'autre (Tchad, haut Nil, Kalahari, etc.). Par contre, l'altitude viendra, dans l'est et le sud, mitiger l'influence de la latitude : il peut geler au Zimbabwe ou au Transvaal.

Comme on pouvait s'y attendre, on observe un haut degré de correspondance entre la pluviométrie et les grands types physionomiques de la couverture végétale. Comme il existe un[...]

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Écrit par

  • : membre de l'Institut, professeur honoraire au Muséum national d'histoire naturelle

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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