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AFRIQUE (Structure et milieu) Biogéographie

Peuplement végétal

Le monde végétal africain peut être envisagé sous deux aspects différents principaux, la flore et la végétation, c'est-à-dire le matériel floristique actuellement présent dans les limites du continent, et les types physionomiques nés du regroupement des espèces suivant leurs affinités écologiques.

Comme à d'autres points de vue (structure, climat, etc.), l'Afrique peut se diviser quant à sa flore en trois parties : un énorme territoire central intertropical, « coiffé » de deux « calottes » apicales, l'une méditerranéenne (Berbérie paléarctique), l'autre australe (région du Cap).

Si la flore de l'Afrique du Nord appartient bien entendu au Palaearctis (et donc à l'Holarctis) et celle du Cap à un groupe autonome dont l'individualisation paraît justifiée par sa composition (abondance des Protéacées, Éricacées, Géraniacées, etc., présence des Pruniacées, Restionacées, Byblidacées, Roridulacées, Cunoniacées...), l'énorme masse tropico-africaine appartient au Palaeotropis, ce qui signifie qu'au niveau phytogéographique le plus élevé, l'empire floral, c'est avec les Tropiques asiatiques que seront ses affinités les plus marquées.

Quelques familles américaines ont un représentant en Afrique, par exemple : Rapatéacées (Mascholocephalus), Vochysiacées (Erismadelphus), Broméliacées (Pitcairnia), Cactacées (Rhipsalis) ; quelques genres principalement américains sont représentés en Afrique : Symphonia (Guttifères), Vismia (Hypericacées), Paullinia (Sapindacées)... Enfin plusieurs espèces, en dehors de rudérales et de pantropicales banales, bien entendu, sont communes à l'Afrique et à l'Amérique, par exemple Spondias monbin, Andira inermis, Ceiba pentandra, Gyrocarpus americanus, Christiana africana, sans qu'il soit possible de distinguer les cas de transports par des agents naturels ou par l'homme et ceux qui impliquent des migrations anciennes et des connexions terrestres.

Avec l'Asie tropicale et, en particulier pour les éléments saharo-sindien et soudano-deccanien de la flore « sèche », les similitudes vont se multiplier, au niveau des genres : Capparis, Grewia, Sterculia, Bombax, Anogeissus, Terminalia, Combretum, Bauhinia, Erythrina, Pterocarpus, Dalbergia, Diospyros, Boswellia, Commiphora, Albizia, Acacia, Dicrostachys, Balanites, Euphorbia, Bridelia, Salvadora, Adina, Cordia, Vitex, Gardenia, Stereospermum, Carissa... Il y a même d'assez nombreuses espèces communes à l'Afrique et à l'Inde sèches.

Peu de familles (env. 25) sont endémiques en Afrique, et elles sont en général de peu d'importance : la plus remarquable étant sans doute celle des Welwitschiacées avec le Welwitschia mirabilis du désert du Namib (de Namibe à Walvis Bay).

La rareté des palmiers en Afrique fait contraste avec leur grande abondance en Amérique tropicale et dans l'aire indo-malaise. On ne trouve en effet en Afrique que 15 genres de palmiers et environ 50 espèces contre 92/1 140 en Amérique et 107/1 150 en Asie, où l'île de Singapour compte à elle seule autant de palmiers différents que tout le continent africain ; celui-ci a, également, très peu de bambous, d'aroïdées, et même relativement peu d'orchidées. D'ailleurs la forêt dense africaine ne compterait que 25 000 espèces environ en face des 40 000 de celle d'Amérique du Sud.

Bien entendu, il n'existe pas de « flore africaine » unique, mais une série de « flores en Afrique », se succédant de la Berbérie au Cap, d'origines et d'âges différents. De façon schématique, on aurait la division suivante : – groupe méditerranéen : région méditerranéenne (avec un domaine saharo-méditerranéen) ;

– groupe tropico-africain : région soudano-zambézienne, comprenant un type saharien (domaine saharo-africain), des[...]

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Écrit par

  • : membre de l'Institut, professeur honoraire au Muséum national d'histoire naturelle

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

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Autres références

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