5. Phytotoxines
On sait depuis environ un siècle que certains micro-organismes phytopathogènes excrètent des substances toxiques pour leur hôte. Le terme « phytotoxine », appliqué à ces substances, est généralement accepté bien que discutable. En phytopathologie, une toxine est définie comme une molécule non enzymatique qui perturbe le métabolisme ou détruit des structures cellulaires. L'étude des phytotoxines rencontre plusieurs difficultés : dans de nombreux cas, il existe plusieurs phénomènes toxiques superposés ; par ailleurs, à de rares exceptions près, ces substances sont isolées de milieux de culture, et leur existence dans la plante infectée peut donc être mise en doute. La connaissance de leurs structures chimiques et celle du mécanisme biologique de leur action n'ont cessé de progresser. Les phytotoxines appartiennent à des familles chimiques très diverses : polysaccharides, aminoacides, terpènes, stéroïdes, etc.
• Phytotoxines dérivées des aminoacides
La lycomarasmine (tabl. 5, formule 1) est produite par divers Fusarium dont Fusarium oxysporum f. lycopersici. Elle provoque une perturbation de l'équilibre en eau chez certains végétaux dont la tomate (le terme général de marasmines pour des substances ayant cette action a été proposé par E. Gäumann). Les ions ferriques renforcent cette activité biologique ; il y a formation de complexes, en relation avec la présence dans la molécule de deux azotes situés sur deux carbones voisins.
À cette structure on peut rattacher les aspergillomarasmines A et B, (tabl. 5, formule 2) isolées d'abord d'Aspergillus flavus oryzae, puis de Colletotrichum gloeosporioides et de Fusarriumoxysporum f. melonis. La coexistence des aspergillomarasmines A et B et de la lycomarasmine chez ce dernier micro-organisme fournit un argument en faveur de l'hypothèse selon laquelle l'aspergillomarasmine A serait le précurseur biologique des deux autres marasmines.
Ces toxines, dans lesquelles des atomes d'azote sont direc […]
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