Après des études secondaires au lycée de Sens, Gaston Ramon entre à l'École vétérinaire d'Alfort. Là, il s'intéresse moins à la médecine vétérinaire qu'au travail de laboratoire. Le professeur Vallée, chargé de l'enseignement de la microbiologie, le recommande, à la fin de sa scolarité, à Émile Roux, alors directeur de l'Institut Pasteur. En 1911, il devient l'auxiliaire du vétérinaire Prévot à l'annexe de l'Institut Pasteur située à Garches (Hauts-de-Seine), et il s'occupe des chevaux servant à la préparation des sérums thérapeutiques. Pendant quinze ans, il assurera effectivement cette tâche, particulièrement lourde pendant la Première Guerre mondiale.
Cependant, au lendemain de la guerre, il éprouve plus intensément encore le goût de la recherche. Mais il ne dispose d'aucun laboratoire, et son maître Prévot se refuse à encourager sa vocation. Bref, il est seul. Cependant, Ramon a à sa disposition des toxines microbiennes et les antitoxines contenues dans les sérums thérapeutiques, ainsi que quelques tubes et pipettes. C'est assez pour qu'il soit conduit à quatre découvertes fondamentales : la réaction de floculation (1922), les vaccins antidiphtérique et antitétanique connus sous le nom d'anatoxines (1923), les vaccinations associées et le principe de ce qu'on appelle aujourd'hui l'immunostimulation (1926).
La réaction de floculation avait l'avantage de rendre beaucoup plus facile, dans certains cas, le titrage des antigènes et des anticorps. Encore aujourd'hui, elle demeure d'un emploi universel pour le titrage de l'antitoxine diphtérique.
Les vaccins de Pasteur (et aussi tous ceux qui avaient été mis au point secondairement) étaient constitués par des bactéries et des virus soit vivants mais atténués, soit tués. Ramon, sous le nom d'anatoxines, crée un type de vaccin absolument nouveau. Une anatoxine est une toxine microbienne qui a perdu son pouvoir toxique sous l'effet combiné du formol et de la chaleur, mais qui a conservé intact son pouvoir vaccinant. Ramon mit au point plusieurs […]
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