Le maïs, céréale vivrière traditionnelle des civilisations des deux Amériques depuis l'époque précolombienne, demeure encore principalement cultivé dans le Nouveau Monde (60 p. 100 de la production mondiale). Grâce à la mise au point, dans les années 1930, de variétés hybrides, cette plante, d'origine tropicale, se trouve largement présente sous les latitudes tempérées. L'obtention – très controversée – de maïs génétiquement modifiés, au milieu des années 1990, pourrait élargir l'aire de culture de cette graminée, notamment vers des régions moins humides. En 2007, près des trois quarts (73 p. 100) des superficies ensemencées en maïs aux États-Unis l'ont été en maïs génétiquement modifiés.
Parallèlement à ses utilisations en alimentation humaine et animale, le maïs constitue une matière première industrielle de plus en plus recherchée en raison de sa richesse en amidon. Il présente aussi l'avantage d'être la céréale la moins chère sur le marché mondial. Cela explique pourquoi le maïs est devenu depuis peu la première céréale mondiale. La production, près de 700 millions de tonnes en 2006, dépasse désormais nettement celles de paddy (riz non décortiqué, 625 millions de tonnes en 2006) et de blé (593 millions de tonnes en 2006).
1. Conditions de culture
Le maïs (Zea mays L.), plante annuelle de grande taille (2 à 4 m de hauteur), a été domestiqué en Amérique centrale vers 7000 à 6000 avant J.-C. dans les régions du sud du Mexique et du nord du Guatemala. Le téosinte (Euchlaena mexicana), plante adventice très proche de cette céréale, fréquente dans les champs de maïs de ces régions, pourrait être un ancêtre du maïs. Les épis des maïs actuels (épis femelles, comportant de nombreux grains en rangs très serrés, totalement enveloppés dans les bractées) sont tellement éloignés des inflorescences des espèces spontanées que la dissémination naturelle des grains n'est plus possible. De toutes les céréales, le maïs est celle qui dépend le plus de l'être humain : sans lui, il lui est impossible de se reproduire[…]
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