Né à Lavaux, lycéen à Lausanne, Alexandre Yersin fait à Marburg en 1884 sa première année d'études médicales, qu'il préfère poursuivre à Paris. En 1885, il entre à l'Hôtel-Dieu dans le service de Cornil, puis devient en 1887 externe à l'hôpital des Enfants-Malades et soutient en 1888 sa thèse sur le développement du tubercule expérimental, devenu classique sous le nom de « tuberculose type Yersin ». En 1889, il est naturalisé français.
Le service de Cornil, à l'Hôtel-Dieu, hospitalisait les malades atteints de la rage et venus de nombreux pays d'Europe recevoir le traitement antirabique de Pasteur, encore installé rue d'Ulm. En 1886, Yersin, passionné par la microbiologie, rencontre Pasteur et Roux, et, tout en continuant ses études, il travaille bénévolement au laboratoire de la rue d'Ulm, puis dans le nouvel Institut Pasteur inauguré en 1888. Effrayé par les ravages de la diphtérie dans le service de Grancher aux Enfants-Malades, il parvient à convaincre Roux, qui étudiait alors le bacille de Koch, de s'attaquer au redoutable « croup » ; ils mettent ainsi en évidence la toxine diphtérique, à partir de laquelle Roux et Behring prépareront le sérum antidiphtérique. En 1889, il est engagé par Roux comme préparateur et participe à l'enseignement du cours de microbiologie. L'année suivante, fasciné par la mer, il quitte l'Institut Pasteur et s'engage comme médecin des Messageries maritimes sur les lignes Saigon-Manille, puis Saigon-Haiphong. Il entreprend bientôt l'exploration de l'Annam, peu ou pas connu des Français, après s'être initié à l'astronomie, à la météorologie, à la physique, à la photographie. Il établit des rapports, illustrés de cartes, de plans et de photos, qui sont les premiers documents sur certaines de ces régions. À son retour, il indique le tracé de plusieurs grandes voies de communication (dont certaines seront ouvertes sous sa direction), précise l'emplacement des sources du Dong Nai et découvre un plateau aéré et sain dans la montagne du Lang Bian ; lorsqu'en 1897 le gouverne […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 1 page…



