« C'est beau un monde qui joue. » L'expression est de Michel Platini. Elle fut mise en exergue à l'occasion de la Coupe du monde 1998 en France. Sport-roi, sport-spectacle, sport populaire, sport universel : ainsi peut se définir le football.
La Fédération internationale de football association (F.I.F.A.) rassemble 208 fédérations nationales (2011), qui représentent environ 250 millions de joueurs. En audience cumulée, la Coupe du monde 2010 a réuni quelque 30 milliards de téléspectateurs, dont 700 millions pour la seule finale.
Oui, c'est beau un monde qui joue. Mais la formule ne saurait masquer les problèmes induits par le succès que connaît le football. Les marchés du football génèrent en effet des sommes considérables dans le monde, ce qui explique certaines dérives, lesquelles peuvent dénaturer ce sport, dès lors que la dimension économique prévaut. C'est ainsi que l'U.E.F.A. a modifié la formule de la plus prestigieuse de ses compétitions, la Coupe d'Europe des clubs champions, sous la pression des clubs les plus riches : alors regroupés au sein du défunt G14, ils envisageaient de créer une « superligue » européenne concurrente, sur invitation, avec l'appui de la société italienne Mediapartners. En cédant les droits de retransmission télévisée des Coupes du monde 2002 et 2006 au groupe Kirch pour 1,7 milliard d'euros, la F.I.F.A. avait réalisé une affaire juteuse, mais tous les matchs n'ont pas été retransmis sur les chaînes hertziennes à accès gratuit, et de nombreux passionnés ont été privés d'une partie de leur spectacle favori. De même, en 2008, la Ligue du football professionnel a cédé les droits de retransmission du Championnat de France, pour la période 2008-2012, aux opérateurs privés Canal Plus et Orange pour 668 millions d'euros. Là encore, les images du football deviennent payantes pour les supporters.
L'Union européenne a obtenu que les « lois » du football soient mises en conformité avec le droit commun, notamment en matière de libre circulation des personnes. […]
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