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ÉPISTÉMOLOGIE

Si l'on traduit par notre mot « science » le mot grec ἐπιστήμη, l'épistémologie est, étymologiquement, la théorie de la science. Bien que la forme anglaise du vocable ait existé avant que le français ne l'assimile, c'est pourtant avec le sens différent et plus large de « théorie de la connaissance » qu'il est généralement utilisé par les Anglo-Saxons. Ce décalage sémantique n'intéresse pas seulement le linguiste ; il évoque une différence d'orientation significative, qui se retrouve aussi bien à l'intérieur même de l'épistémologie entendue au sens français. Sans doute ne qualifierions-nous pas volontiers d'« épistémologiques » des considérations sur la connaissance en général, ou sur des modes de connaissance s'éloignant manifestement de ceux qu'un large consensus désigne comme scientifiques. Néanmoins, l'épistémologie ne saurait non plus se réduire à l'examen purement technologique des méthodes spécifiques des sciences. Elle vise aussi à situer la science dans une expérience du savoir qui la déborde, à en évaluer la portée, à en dégager le sens pour l'ensemble de la pratique humaine. Il convient donc de dire que le mot français lui-même renvoie à deux styles de théorie de la science ; l'un, plus proche de la philosophie d'obédience américaine ou britannique, met l'accent sur les processus les plus généraux de la connaissance, sur leur logique, sur leur fondement ; l'autre, assez caractéristique des épistémologues français, et même continentaux, depuis la fin du xixe siècle, privilégie volontiers l'étude spécifique des sciences, voire du développement historique concret de leurs problèmes. On pourrait citer, à titre d'exemples typiques, Antoine Cournot, Henri Poincaré, Pierre Duhem, Ernst Mach, Federigo Enriques comme représentants de ce dernier style ; John Stuart Mill, Bertrand Russell, Karl Popper, Kazimierz Ajdukiewicz comme représentants du premier. Mais il ne s'agit, bien entendu, que d'orientations dominantes, et l'on trouverait aisément chez chacun d'eux des traits qui l'apparentent à l [...]

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GRANGER, « ÉPISTÉMOLOGIE  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le  . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/epistemologie/

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ABSTRACTION

Écrit par :  Alain DELAUNAY

Terme qui renvoie à tout au moins quatre significations, à la fois indépendantes les unes des autres et pourtant reliées par un jeu de correspondances profondes… Lire la suite
ALEMBERT JEAN LE ROND D' (1717-1783)

Écrit par :  Michel PATY

Dans le chapitre "La philosophie des sciences"  : …  et le sensualisme de Condillac, mais centrée avant tout sur une épistémologie de la physique newtonienne. C'est à nos sensations que nous devons nos connaissances ; la première est la conscience d'exister, qui légitime l'exercice de la pensée, la deuxième est l'existence des objets extérieurs, qui assure le fondement de… Lire la suite
ANALOGIE

Écrit par :  Pierre DELATTRE E.U.Alain de LIBERA

Dans le chapitre "Sémantique et syntaxe, signifié et signifiant"  : …  Tout langage de description ou d'interprétation théorique utilisé dans les sciences de la nature comporte une sémantique et une syntaxe, la première portant sur les « objets » que l'on met en relation, la seconde sur ces relations elles-mêmes. Les données sémantiques sont au fond des dénominations qui sont censées résumer l'… Lire la suite
BACHELARD GASTON (1884-1962)

Écrit par :  Jean-Jacques WUNENBURGER

Dans le chapitre "La rationalité scientifique"  : …  Au-delà de l’éducation et de l’histoire de la raison scientifique, Bachelard met en place, jusqu’à la fin de son œuvre, une épistémologie forte et une théorie de la connaissance qui vont lui permettre de forger des concepts clés, largement repris depuis lors, surtout dans la tradition française. Situant la démarche de la modernité comme un… Lire la suite
BATESON GREGORY (1904-1980)

Écrit par :  Daniel de COPPET

Dans le chapitre "La cérémonie du « naven » et l'exercice épistémologique"  : …  description des faits ethnographiques est ici le point de départ d'une longue exploration épistémologique qui nous vaut deux chapitres : « Épilogue 1936 », puis, lors de la réédition de l'ouvrage, « Épilogue 1958 ». Ces réexamens successifs, conduits par l'auteur lui-même, montrent que de nouveaux outils conceptuels, tels que l'eidosLire la suite
BELAVAL YVON (1908-1988)

Écrit par :  Michel FICHANT

épouser à son tour la même patience pour tirer le bénéfice d'instruction de ce livre : reconnaître dans l'opposition de deux conceptions de la pensée mathématique et de la méthode scientifique celle de deux visions du monde et de deux conceptions de la pensée tout court. Parler ici d'« intuitionnisme » et de « formalisme » n… Lire la suite
BERTHELOT JEAN-MICHEL (1945-2006)

Écrit par :  Olivier MARTIN

, 1991 ; Durkheim, l'avènement de la sociologie scientifique, 1995). Dans le domaine de l'épistémologie des sciences sociales, il a cherché à saisir les modalités de la constitution de la connaissance en sciences sociales ainsi qu'à expliciter leurs divers schèmes d'intelligibilité et programmes de recherche (L'Intelligence du Lire la suite
BIOLOGISME

Écrit par :  Sébastien LEMERLECarole REYNAUD-PALIGOT

Le biologisme peut être défini comme une tendance à ramener l’explication des phénomènes humains, qu’ils soient psychologiques ou sociaux, à des facteurs biologiques. Cette manière de penser a une histoire étroitement liée à l’essor de la biologie moderne ainsi qu’à celui des premières tentatives de penser scientifiquement la Lire la suite
BOLTZMANN LUDWIG (1844-1906)

Écrit par :  Pierre COSTABEL

Dans le chapitre "L'illusion phénoménologique au sens de Boltzmann"  : …  Elle consiste à croire que l'on peut se passer d'abstractions dans la description des faits d'expérience. Or, de l'avis de Boltzmann, nous ne pouvons prononcer une seule phrase qui traduise le pur fait d'expérience, car les mots les plus ordinaires, qui semblent ne désigner que de simples sensations, lesquelles ont valeur… Lire la suite
BOSCOVICH ou BOŠKOVIĆ RUDJER (1711-1787)

Écrit par :  Jacques GUILLERME

Nietzsche a cru rendre justice à Boscovich en le postant avec Copernic parmi les « victorieux adversaires de l'apparence » (Par-delà le bien et le mal). Il célébrait ainsi le pourfendeur de l'« atomisme matérialiste » qui fut, en effet, l'un des plus audacieux auteurs de systèmes du monde. Abondante, l'… Lire la suite
BOURDIEU PIERRE (1930-2002)

Écrit par :  Gérard MAUGER

Dans le chapitre "L'itinéraire scientifique"  : …  Épistémologiquement, l'œuvre de Pierre Bourdieu s'inscrit dans la tradition sociologique nationale et internationale et dans la perspective durkheimienne « classique » de rupture avec « les prénotions », la doxa, le sens commun. Elle apparaît aussi comme une révolution symbolique dans le champ des sciences sociales, liée à son… Lire la suite
CANGUILHEM GEORGES (1904-1995)

Écrit par :  François DELAPORTE

Dans le chapitre "Une histoire des sciences expérimentale et polémique"  : …  l'histoire des sciences consiste à faire l'histoire d'un discours normé par sa rectification critique, elle relève naturellement de l'épistémologie. Faire l'histoire d'une activité elle-même définie par sa référence à la vérité comme valeur de connaissance, c'est accorder autant d'intérêt à ses échecs qu'à ses succès. Le savoir a une histoire… Lire la suite
CARNAP RUDOLF (1891-1970)

Écrit par :  Jan SEBESTIK

Dans le chapitre "La construction logique du monde et les travaux issus du Cercle"  : …  Dans la polémique soulevée au sujet des « énoncés protocolaires » qui doivent être à la base de toute théorie scientifique, Otto Neurath parvint à convaincre Carnap d'abandonner le langage phénoménaliste pour adopter le physicalisme. Contre Schlick, Neurath et Carnap maintiendront que ces énoncés donnent une description quantitative des points de l… Lire la suite
CATÉGORIES

Écrit par :  Fernando GIL

Dans le chapitre "Catégories et connaissance"  : …  les oppositions ont été le terrain où sont nées et se sont développées la physique et la cosmologie, la biologie et la médecine. Toutefois, le renouvellement de la problématique épistémologique qui s'est produit à partir du xvie siècle a eu pour effet la désaffection à l'égard des catégories, jugées stériles par les Modernes. Cela est dû à un… Lire la suite
CAUSALITÉ

Écrit par :  Raymond BOUDONMarie GAUTIERBertrand SAINT-SERNIN

Dans le chapitre "Vers la causalité scientifique"  : …  Ainsi posées, ces questions sont à la fois essentielles et insolubles : elles relèvent d'un choix plutôt que d'un savoir. On s'est donc demandé : comment formuler l'idée de cause pour qu'elle puisse recevoir de l'expérience une confirmation ou une réfutation… Lire la suite
COMTE AUGUSTE (1798-1857)

Écrit par :  Bernard GUILLEMAIN

Dans le chapitre "L'idée comtienne de la science"  : …  Pourquoi Auguste Comte, contrairement à Saint-Simon, présente-t-il une réflexion sur la science en préambule à un plan de réforme sociale ? Cela tient à l'idée qu'il se fait de la science, non pas seulement somme de savoirs, mais rapport global de l'homme au monde. Par suite, elle s'offre avant tout comme un principe et un système de croyances. Or… Lire la suite
CONTINGENCE

Écrit par :  Bertrand SAINT-SERNIN

Dans le chapitre "La contingence dans les sciences sociales"  : …  Un problème épistémologique se pose alors : à quelles conditions une science sociale, l'histoire par exemple, peut-elle recourir non plus à une idée vague de contingence, mais à un concept clairement défini qui reprenne, en les précisant, les contours de cette idée ? C'est sans doute Cournot qui aborde cette question avec le… Lire la suite
COURS DE PHILOSOPHIE POSITIVE, livre de Auguste Comte

Écrit par :  Éric LETONTURIER

Dans le chapitre "Une encyclopédie des sciences"  : …  En soixante leçons, l'ouvrage brosse le tableau de l'ensemble des savoirs scientifiques de l'humanité pour en dégager les généralités et résultats, et les rapporter, conformément au principe de la philosophie positive, à une méthode unique et susceptible de servir la fondation de la sociologie sur la… Lire la suite
CRITIQUE LITTÉRAIRE

Écrit par :  Marc CERISUELOAntoine COMPAGNON

Dans le chapitre "Tout est-il permis ?"  : …  à la précompréhension qui, dans le cercle herméneutique, précède l'explicitation. L'épistémologie moderne reconnaît qu'il n'y a pas de faits observés sans hypothèse préalable, et l'explication scientifique elle-même se pense sur le modèle de la compréhension herméneutique. La critique, comme toute activité explicative ou… Lire la suite
DAGOGNET FRANÇOIS (1924-2015)

Écrit par :  Jean GAYON

complète sa formation médicale par une spécialisation en neuropsychiatrie, et par des certificats de chimie et de géologie. Ces détours scientifiques se soldent par un florilège d’ouvrages épistémologiques, sur la question de la classification, en chimie et dans les sciences biologiques et médicales (Tableaux et langages de la chimie, 1969 ; Le Lire la suite
DESANTI JEAN-TOUSSAINT (1914-2002)

Écrit par :  Sylvie COURTINE-DENAMY

par la suite la fiction spéculative d'un « moi pur » qui serait au fondement d'une « philosophie première ». Proche de Jean Cavaillès dont l'épistémologie des mathématiques représente à ses yeux la sérénité par opposition au tumulte des idées philosophiques, Desanti tient qu'une philosophie de la conscience ne saurait à elle seule produire une… Lire la suite
DESCARTES (R.), en bref

Écrit par :  Francis WYBRANDS

Populaire au point d'avoir produit un adjectif – « cartésien » – devenu synonyme d'une certaine forme d'esprit (la foi en l'évidence rationnelle), la pensée de Descartes marque une rupture décisive dans l'histoire de la pensée occidentale. Homme de sciences (mathématiques et optique lui sont… Lire la suite
DESCARTES (R.)

Écrit par :  Ferdinand ALQUIÉ

Dans le chapitre "La méthode et le projet de science universelle"  : …  L'œuvre de Descartes semble tout entière inspirée par un triple souci : substituer à la science incertaine du Moyen Âge une science dont la certitude égale celle des mathématiques, tirer de cette science les applications pratiques qui, selon la célèbre formule du Discours de la méthode, rendront les hommes « comme maîtres et… Lire la suite
DESCRIPTION ET EXPLICATION

Écrit par :  Jean LARGEAULT

qu'elle recourt à des éléments « métaphysiques », substances ou « qualités occultes ». Nous ne connaissons la nature d'une chose que par ses effets ; ces effets, à leur tour, nous paraissent mystérieux et nous les attribuerions volontiers à l'essence de la chose : c'est un cercle. Faut-il donc se rabattre sur la description… Lire la suite
DÉTERMINISME

Écrit par :  Étienne BALIBARPierre MACHEREY

Dans le chapitre "Interprétations épistémologiques"  : …  Quelle interprétation épistémologique faut-il donner aux propriétés « paradoxales » de la théorie quantique… Lire la suite
DISCOURS DE LA MÉTHODE, livre de René Descartes

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Publié à Leyde en 1637, en français et anonymement, le Discours de la méthode servait d'introduction à un recueil d'études scientifiques. Le titre complet en explicite le contenu : Discours de la méthode pour bien conduire sa raison et chercher la vérité dans les sciences. Plus la Dioptrique, les Météores et la Lire la suite
DUHEM PIERRE (1861-1916)

Écrit par :  Michel PATY

Dans le chapitre "Le philosophe des sciences"  : …  Les conceptions du Duhem sur la structure de la théorie physique, étayées sur ses analyses et sa propre pratique, sont particulièrement intéressantes. Tout d'abord, il constate qu'« une expérience de physique n'est pas seulement l'observation d'un phénomène ; elle est en outre l'interprétation théorique de ce phénomène ». Il… Lire la suite
EDDINGTON ARTHUR STANLEY (1882-1944)

Écrit par :  Jacques MERLEAU-PONTY

Dans le chapitre "Le système eddingtonien"  : …  L'idée directrice de l'épistémologie eddingtonienne, formée par la pratique de la théorie de la relativité, confirmée, après d'assez longues hésitations, par le développement des théories quantiques, concerne la vraie nature du savoir physique, qui n'est pas celui de la réalité naturelle elle-même, mais celui de la structure… Lire la suite
EMPIRISME

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre "La logique, servante et non maîtresse des sciences"  : …  de confondre les problèmes logiques et les problèmes de traduction ou de reformulation. Il est bien vrai que la genèse du vocabulaire scientifique pose à la fois une question de logique et une question de reformulation ou de traduction ; les deux questions sont liées, mais ne se confondent pas. Prenons, par exemple, les mots de « force » et de «… Lire la suite
ÉPIGÉNÉTIQUE ET THÉORIE DE L'ÉVOLUTION

Écrit par :  Laurent LOISONFrancesca MERLIN

Dans le chapitre "Hérédité épigénétique et lamarckisme"  : …  Ce constat, qui fait consensus, dessine donc une différence épistémologique essentielle entre les théories lamarckiennes du passé et la reconfiguration possible des explications modernes du fait de la prise en compte de l’hérédité épigénétique transgénérationnelle. Quelle que soit l’ampleur de cette reconfiguration, celle-ci n’aboutira pas au… Lire la suite
ÉQUILIBRE

Écrit par :  Alain DELAUNAY

La notion d'équilibre a une puissance heuristique exceptionnelle. Il n'est pas de régions d'objectivité où elle ne se retrouve. Si elle joue un rôle fondamental dans l'ensemble des sciences de la nature, elle est aussi centrale dans les sciences sociales. Bien plus, il se peut qu'elle constitue l'objetLire la suite
ERREUR

Écrit par :  Bertrand SAINT-SERNIN

La définition classique de la vérité et de l'erreur est celle d'Aristote : « Dire de ce qui est qu'il est, ou de ce qui n'est pas qu'il n'est pas, c'est dire vrai ; dire de ce qui n'est pas qu'il est ou de ce qui est qu'il n'est pas, c'est dire faux. » Cet énoncé, parfois jugé trop métaphysique, a… Lire la suite
ESPAGNAT BERNARD D' (1921-2015)

Écrit par :  E.U.Michel PATY

» ou « impropres ». Mais il ne s'agit encore là que d'une présentation de considérations épistémologiques dans laquelle, décrivant les thèses en jeu, de type réaliste ou positiviste, d'Espagnat s'efforce objectivement d'en montrer les implications, soulignant les éventuelles difficultés ou contradictions, mais sans prendre parti. Ce sont ces… Lire la suite
ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE (Arts et culture) - La philosophie

Écrit par :  Jean-Pierre COMETTI

Dans le chapitre "La vision scientifique du monde"  : …  de la référence) sont envisageables et peuvent également répondre aux mêmes besoins. Il en tirait la conviction d'une relativité de l'épistémologie et de l'ontologie, opposée à la vision de la science de l'empirisme logique. Certaines théories qui se sont ensuite imposées dans ce domaine, en prenant clairement le parti d'un… Lire la suite
ETHNOLOGIE - Histoire

Écrit par :  Patrick MENGET

des sciences ont étendu leur domaine d'enquête aux sciences sociales, et à l'ethnologie en particulier. Des notions nouvelles sont apparues en histoire des sciences, qui bouleversent la vision reçue d'une accumulation orientée de découvertes et d'inventions qui culminerait dans l'état actuel de la science. Thomas Kuhn, en particulier, en… Lire la suite
ETHNOLOGIE - Ethno-esthétique

Écrit par :  Lucien STÉPHAN

Dans le chapitre "Le recours à la philosophie"  : …  de l'art que nous avons pris pour exemples nous semblent cependant exiger une réflexion épistémologique. La reconnaissance de la spécificité des arts primitifs a pour conséquence méthodologique l'adaptation à ces arts de procédés antérieurement mis au point sur des objets différents. On connaît, par exemple, l'importance des documents écrits dans… Lire la suite
EXPÉRIENCE

Écrit par :  Pascal ENGEL

Dans le chapitre "Théorie et expérience"  : …  À ces critiques philosophiques du programme empiriste en philosophie des sciences s'ajoutent celles des historiens des sciences. Au moment où, en France, dans les années 1950, le « rationalisme appliqué » de Bachelard (1949) s'opposait à des versions plus classiques du positivisme, pour affirmer la préséance de la théorie sur l'observation, des… Lire la suite
EXPÉRIENCE ET EXPÉRIMENTATION, sciences

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

La naissance de la science moderne, au xviie siècle, est couramment rapportée à l'élaboration d'une méthode, dite expérimentale, qui se traduirait par une prise en compte de l'expérience, par l'observation des phénomènes et le recours à l'expérimentation… Lire la suite
EXPLICATION, sociologie

Écrit par :  Frédéric LEBARON

des sciences de l'esprit, et l'explication, qui serait propre aux sciences de la matière. Expliquer renvoie donc à première vue au cadre épistémologique dont se sont dotées, depuis la révolution scientifique, les sciences naturelles. Il s'agit de substituer à des rapports d'ordre magique des relations causales objectives qui peuvent être… Lire la suite
FORMALISME

Écrit par :  Étienne BALIBARPierre MACHEREY

Dans le chapitre "Formalisation et connaissance"  : …  Elle doit être posée par référence à la linguistique, qui présente la même situation épistémologique dans certaines de ses branches récentes. Mais, surtout, une discipline comme la phonologie structurale (fondée par R. Jakobson et N. S. Troubetzkoï entre 1920 et 1930) semble procéder sur son propre terrain à une transformation spécifique de l'idée… Lire la suite
FORME

Écrit par :  Jean PETITOT

Dans le chapitre "Ontologie qualitative et physique du sens"  : …  Les remarques qui précèdent indiquent qu'il est légitime de penser qu'on dispose à l'heure actuelle d'éléments de phénophysique aussi bien sur le plan technique que sur le plan épistémologique. Sur cette base, il est justifié de reprendre de fond en comble le problème phénoménologique et ontologique de la forme. Ce programme de recherche dépasse la… Lire la suite
GARDIES JEAN-LOUIS (1925-2004)

Écrit par :  Jean DHOMBRES

table des matières de chacun de ses livres, donnant à chaque fois réponse à une question. Qu'est-ce que et pourquoi l'analyse ? (2001) est ainsi en deux moments. Le premier est de définition de la démarche analytique, en tant qu'elle s'attache à la démonstration de théorèmes ou à la solution de problèmes, puis d'études de cas… Lire la suite
GESTALTISME

Écrit par :  Georges THINÈS

Dans le chapitre "Limites épistémologiques du gestaltisme"  : …  en un système général qui prétend constituer une anthropologie philosophique, voire une épistémologie universelle. Peut-être faut-il voir là la conséquence inéluctable du développement de son concept de base. Par sa nature même, la notion d'ensemble ne peut se voir assigner de limites, étant donné que l'intégration de phénomènes partiels débouche… Lire la suite
GEYMONAT LUDOVICO (1908-1991)

Écrit par :  Fabio MINAZZI

e scientifico (1970-1976 en 7 volumes) souligne l'impossibilité de séparer l'histoire de la science de celle de la philosophie puisque la philosophie se place toujours « dans les plis » de la science. La considération ponctuelle de l'histoire de la connaissance humaine (du monde grec à l'âge contemporain) incite Geymonat à élaborer une… Lire la suite
GONSETH FERDINAND (1890-1975)

Écrit par :  Anne-Françoise SCHMID

Son œuvre philosophique, d'une unité imposante, est entièrement consacrée à montrer que les sciences sont animées d'un même mouvement, qui n'a rien d'arbitraire parce qu'il doit à la fois s'ajuster à une réalité qu'il s'agit de comprendre et à notre esprit qui doit construire l'idée juste, l'idée qui convient. Gonseth a créé… Lire la suite
GRANGER GILLES GASTON (1920-2016)

Écrit par :  Elisabeth SCHWARTZ

Le philosophe Gilles-Gaston Granger occupe une place éminente dans l’histoire de la philosophie du xxe siècle… Lire la suite
HEURISTIQUE

Écrit par :  Jean-Pierre CHRÉTIEN-GONI

c'est la racine grecque du mot – ou l'invention dans les sciences. On a pu également désigner par là, d'une manière plus globale, l'une des deux dimensions épistémologiques fondamentales de l'activité scientifique, celle qui tente de réfléchir les conditions de ce que Bacon appelait « l'augmentation des Sciences ». Au travers de cette… Lire la suite
HISTORICISME

Écrit par :  Gunter SCHOLTZ

Dans le chapitre "Formation d'une conscience historique"  : …  historicisme est apprécié plus positivement de nos jours. c. En philosophie des sciences, le terme désigne une position épistémologique d'après laquelle l'histoire des sciences ne connaît pas de progrès unilinéaire, mais seulement un changement contingent et radical, lié au fait que les définitions et les critères de la rationalité sont eux aussi… Lire la suite
HYPOTHÈSE (sciences)

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

désignation a le mérite de ne pas masquer sous une précision prématurée les problèmes que pose l'usage de cette notion. Ceux-ci tiennent au statut épistémologique de l'hypothèse, à la position qu'elle occupe au sein d'une construction théorique, au degré d'explicitation qu'elle présente et aux rectifications dont elle fait l'objet au cours de l'… Lire la suite
IDÉALISME

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "Kant : la métaphysique ramenée à une épistémologie"  : …  dans un idéalisme dégénéré. La conclusion qui suit, plus prudente, semble incontestable : l'épistémologie de Kant a pour base les formes de la perception (existence objective de l'espace et du temps) et de la logique (catégories) ; l'épistémologie positiviste a pour base les faits. La première « part » donc de structures a priori ; la seconde… Lire la suite
IDÉOLOGIE

Écrit par :  Joseph GABEL

Dans le chapitre "Idéologie et vérité"  : …  enlève rien à la valeur scientifique de la notion d'énergie atomique. En fin de compte, la sociologie de la connaissance a relativement peu d'incidences sur l'épistémologie ou la gnoséologie. Seule l'idéologisation des théories scientifiques pose des problèmes quant à leur coefficient de crédibilité. Notre problème s'en trouve largement simplifié… Lire la suite
IMMÉDIAT

Écrit par :  Dominique LECOURT

Dans le chapitre "La défaite de l'immédiat"  : …  (« l'expérience première ») et la connaissance scientifique, sont justement célèbres. Méconnaître cette rupture, c'est être victime d'un « obstacle épistémologique », c'est annuler l'abîme qui sépare l'expérience vécue de l'expérience théoriquement normée et techniquement ordonnée des sciences physiques. À ses yeux, dans une science, « rien n'est… Lire la suite
INTERACTION, sciences humaines

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

Dans le chapitre "Sources kantiennes, épistémologie comparée et genèse phénoménologique"  : …  De là, deux groupes de problèmes : relève d'une épistémologie comparée, appuyée à l'histoire des idées, la comparaison entre deux types de conceptualisation, selon que l'interaction est appelée à intervenir dans la théorie physique ou dans la théorie sociale. Relève d'une phénoménologie stratifiée, la mise en évidence de l'… Lire la suite
INTRODUCTION À LA PHILOSOPHIE DES SCIENCES (H.-J. Rheinberger)

Écrit par :  Gabriel GACHELIN

à une réorganisation en profondeur d’un savoir. Au temps de Claude Bernard, les philosophes contestèrent l’importance donnée à la méthode scientifique. On peut penser que les adeptes des systèmes de pensée contesteront tout aussi vivement une démarche qui inscrit l’épistémologie dans l’histoire… Lire la suite
INTUITION

Écrit par :  Noël MOULOUD

Dans le chapitre "L'intuition et le sens dans les perspectives actuelles de l'épistémologie"  : …  Ainsi l'idée de l'intuition apparaît comme une idée limite en ce qui concerne l'épistémologie. Lorsqu'on pose une intuition pure de l'objet, on se place en deçà ou au-delà des domaines que la connaissance peut expliciter. En deçà, lorsqu'on se reporte à la présence perceptive qui, comme l'a marqué Maurice Merleau-Ponty, nous… Lire la suite
KOYRÉ ALEXANDRE (1892-1964)

Écrit par :  Gérard JORLAND

Historien de la pensée philosophique et de la pensée scientifique, Alexandre Koyré a été le fondateur, avec Hélène Metzger, Gaston Bachelard et Georges Canguilhem, de l'histoire philosophique des sciences… Lire la suite
KUHN THOMAS (1922-1996)

Écrit par :  Alexis BIENVENU

Thomas Kuhn, né en 1922 à Cincinnati (Ohio), formé en physique à l'université Harvard, professeur aux universités de Berkeley, de Princeton, puis au M.I.T., fut un des plus grands historiens des sciences américains. Il est notamment l'auteur de La Structure des révolutions scientifiques (1962), ouvrage… Lire la suite
LEWIN KURT (1890-1947)

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

Dans le chapitre "L'univers psychologique"  : …  pratique. Et dans cette vue, elle a bénéficié du constant soutien d'une réflexion d'ordre épistémologique, portant au premier chef sur les implications de la relativité dans les domaines respectifs de la physique, de la psychologie, de la psycho-sociologie. Outre un apport classique à la physique théorique (concept de gen-identité), une telle… Lire la suite
LOGIQUE INDIENNE

Écrit par :  Kuno LORENZ

Dans le chapitre "Le problème des universaux"  : …  proprement dite à propos du concept d'implication, mais aussi dans le domaine de l'épistémologie. Car, après lui, le Nyāya fut obligé de défendre son réalisme contre le nominalisme radical de Dignāga et de son école. Dans le développement de la Mīmāṁsā, un contemporain de Dignāga un peu plus âgé, le grammairien Bhartṛhari (vers 450-510), revêt une… Lire la suite
LOI, épistémologie

Écrit par :  Pierre JACOB

nomos (qui signifie loi). À quel genre d'entité attribue-t-on cette propriété ? De nos jours, le mot « loi » sert à désigner certaines régularités dans les phénomènes naturels et conjointement des obligations morales et juridiques. L'énumération suivante n'offre qu'un échantillon des nombreuses lois formulées depuis la révolution scientifique… Lire la suite
LOI, physique

Écrit par :  Jean-Marc LÉVY-LEBLOND

Dans le chapitre "Les limites de la loi"  : …  Aussi ne faut-il pas s'étonner que la formulation de lois ait constitué, du xviie au xixe siècle, la forme canonique d'énonciation des découvertes scientifiques, en tout cas en physique. Longtemps, les lois porteront le nom de leur… Lire la suite
MACH ERNST (1838-1916)

Écrit par :  Michel PATY

Dans le chapitre "L'univers des sensations comme seule réalité"  : …  physiologie et psychologie des sensations ont orienté de façon décisive ses conceptions épistémologiques, en le conduisant à privilégier, dans le processus de connaissance scientifique, le rôle de l'observation et des sensations. Dans L'Analyse des sensations, il exprime l'exigence d'abolir toute séparation entre le physique et… Lire la suite
MALSCIENCE. DE LA FRAUDE DANS LES LABOS (N. Chevassus-au-Louis)

Écrit par :  Guillaume CARNINO

Dans le chapitre "La course à la publication"  : …  au-Louis ne s’arrête pas aux seuls contextes académiques. Elle pose d’intéressantes questions épistémologiques, dans la lignée de travaux pionniers d’histoire et de sociologie des sciences, comme ceux de Harry Collins ou d’Otto Sibum. Car l’expérience cruciale est un mythe colporté par l’ensemble de la littérature scientifique, qui laisse croire qu… Lire la suite
MATHÉMATIQUE ÉPISTÉMOLOGIE DE LA

Écrit par :  Jean-Michel SALANSKIS

Certes, l'épistémologie se distingue de toutes les réflexions d'ordre éthique ou politique qui interrogent la science et entendent contribuer à la réponse individuelle et collective à la question pratique « Que faire de la science ? ». Elle ne prétend pas travailler à la constitution d'une « conscience » de la science. Mais… Lire la suite
MERLEAU-PONTY JACQUES (1916-2002)

Écrit par :  Michel PATYJean-Jacques SZCZECINIARZ

de recherches au Centre national de la recherche scientifique (C.N.R.S.), il prépare sa thèse de doctorat d'État ès lettres en philosophie, qu'il soutient en 1965. Deux livres en sont issus : pour la thèse principale, Cosmologie du XXe siècle. Étude épistémologique et historique des théories de la cosmologie contemporaine (1965) ; et, pour… Lire la suite
MÉTHODE

Écrit par :  Jean LARGEAULT

au-delà de ce que demandent les nécessités biologiques. La recherche scientifique commence quand on poursuit ces deux processus intentionnellement. L'adaptation des pensées aux faits constitue l'observation ; l'adaptation des pensées entre elles, la théorie. Pour les premiers degrés d'adaptation (des pensées aux faits ou… Lire la suite
MÉTHODE SCIENTIFIQUE

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

Il n'est pas rare de caractériser la méthode scientifique par le recours à l'expérience ou à l'expérimentation, et de situer celle-ci à titre de troisième moment d'un processus inauguré par l'observation et suivi de la formulation d'une hypothèse, qui serait ainsi vérifiée ou infirmée. Ce… Lire la suite
MODÈLE

Écrit par :  Raymond BOUDONHubert DAMISCHJean GOGUELSylvanie GUINANDBernard JAULINNoël MOULOUDJean-François RICHARDBernard VICTORRI

Dans le chapitre "Perspective épistémologique"  : …  pour les besoins des différentes sciences, pose des problèmes étendus à la logique et à l'épistémologie. La logique est concernée en ce que les modèles donnent matière à l'étude sémantique, qui s'intéresse aux rapports des signes avec la réalité, et à l'étude pragmatique, qui reconnaît les motifs du choix des langages obéissant à des raisons d'… Lire la suite
MONDE

Écrit par :  Jean LADRIÈRE

Mais la problématique du monde ne s'épuise nullement dans ce type d'analyse. La science de la nature utilise à sa manière un schème de totalisation dans lequel on retrouve, mais cette fois au niveau d'une conceptualisation scientifique, la problématique de totalisation qui était apparue au niveau du préréfléchi. Et, enfin, la réflexion… Lire la suite
MORIN EDGAR (1921-    )

Écrit par :  Jean-Louis LE MOIGNE

Dans le chapitre "La pensée du recommencement"  : …  Par sa construction même, l'entreprise apparaît sans fin. La Méthode est une « œuvre ouverte », pour reprendre la belle métaphore d'Umberto Eco. Puisqu'il nous faut la définir dans nos catégories culturelles, entendons-la donc comme un solide traité d'épistémologie, ou de « paradigmatologie ». Tel est… Lire la suite
MOUVEMENT

Écrit par :  Françoise BALIBAR

Certes, la conceptualisation du mouvement ne date pas des débuts de la science moderne. Force est de constater, cependant, que la physique moderne est née à propos de la question du mouvement et en réaction, sur ce point précis, contre la tradition de la science antique et médiévale. L'œuvre de GaliléeLire la suite
MYTHE - Épistémologie des mythes

Écrit par :  Marcel DETIENNE

Dans une histoire généalogique qui va des Grecs à Lévi-Strauss – et, réciproquement, de Lévi-Strauss aux Grecs –, la configuration de la mythologie se décide pour l'essentiel en deux étapes : au xixe siècle, quand s'instaure un savoir nouveau qui se dit explicitement science de la mythologie ; et, à l'… Lire la suite
NÉO-POSITIVISME ou POSITIVISME LOGIQUE

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "Science et philosophie"  : …  La « scientificité » (Wissenschaftlichkeit) de la philosophie est l'une des idées maîtresses du néo-positivisme. Moritz Schlick l'interprète en un sens voisin de celui de Ludwig Wittgenstein : la philosophie a pour tâche d'élucider les propositions scientifiques, la science a pour fonction de les établir… Lire la suite
NEUTRALITÉ AXIOLOGIQUE

Écrit par :  Isabelle KALINOWSKI

relents antisémites que Weber, pourtant lui-même fervent patriote, jugeait intolérable. Un enjeu épistémologique, enfin : le principe de « non-imposition des valeurs » ne se réduisait pas à un impératif moral de la pédagogie scientifique ; il entrait en corrélation avec une théorie de l'objectivité qui, loin de postuler que l'implication des… Lire la suite
OBJET

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "Les objets des sciences de la nature"  : …  C'est dans les sciences de la nature que la notion d'objet se présente de la façon la plus spontanée, parce qu'il semble tout d'abord que les objets de la physique, de la chimie, de la biologie, etc., ne sont que le prolongement convenablement schématisé des objets primitifs de notre perception. Une telle homogénéité de la perception et de la… Lire la suite
ONTOLOGIE

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "En quête du réel"  : …  réel, au sens de non conventionnel, non produit par l'activité théorique et pratique du savant. C'est donc de l'épistémologie elle-même – ou théorie du savoir scientifique – qu'il faut désimpliquer une problématique de caractère ontologique. La question ontologique, pour l'épistémologie, c'est d'abord celle de la réalité des entités théoriques… Lire la suite
OPPOSITION CONCEPT D'

Écrit par :  Émile JALLEY

Le concept d'opposition, sous ses deux formes fondamentales de la contradiction et de la contrariété, est l'un des acquis les plus anciens de la logique formelle, telle que le modèle en a été formulé par Aristote, à partir de l'analyse des propositions du discours. Vers le… Lire la suite
PARADOXE

Écrit par :  Yannis DELMAS-RIGOUTSOS

Dans le chapitre "Paradoxes scientifiques"  : …  Le paradoxe cognitif, ou paracosmie, repose sur la confrontation de deux représentations du monde. Il est particulièrement présent en sciences : chaque nouvelle théorie s'oppose à celles qui la précèdent et tous les points de conflits des grands concepts en jeu sont des germes possibles de paradoxes… Lire la suite
PHILOSOPHIE

Écrit par :  Jacques BILLARDJean LEFRANCJean-Jacques WUNENBURGER

Dans le chapitre "Complexité des sciences et philosophie de la nature"  : …  et de conceptions philosophiques de la nature par les scientifiques eux-mêmes. En conséquence, certains philosophes se tournent à nouveau vers les pratiques et les représentations de ces sciences, qui permettent aussi de réactiver des interrogations sur la morphologie générale de la nature, le temps cosmologique, les processus évolutionnistes et,… Lire la suite
PHILOSOPHIE ANALYTIQUE

Écrit par :  Francis JACQUESDenis ZASLAWSKY

Dans le chapitre "Des origines aux commencements"  : …  L'approche analytique et linguistique en philosophie, qui s'annonçait chez Locke et se retrouvait chez Condillac, supposait une nouvelle approche du langage qui avait été acquise dans les sciences au moins cent cinquante ans plus tôt. Une histoire des sciences qui se veut histoire des concepts pourrait être une histoire… Lire la suite
PHILOSOPHIQUES SYSTÈMES

Écrit par :  Jacques MOUTAUX

Dans le chapitre "Les décisions fondatrices de l'histoire de la philosophie comme étude des systèmes"  : …  Les principes de l'histoire positive des systèmes philosophiques s'opposent à toute espèce de réduction positiviste ou épistémologiste. Ils impliquent qu'une théorie de l'histoire qui prétendrait livrer le « secret de la fabrication des systèmes » (comme disait Brunschvicg) donnerait en fait seulement la clef des à-côtés ou des sous-produits de la… Lire la suite
PHYSIQUE - Les fondements et les méthodes

Écrit par :  Roland OMNÈS

Dans le chapitre "La méthode en physique"  : …  Dans la présentation de la méthode par laquelle les lois de la physique sont généralement découvertes et établies, on laissera de côté les aspects méthodologiques qui permettent de la codifier ou de l'appliquer. Les progrès du xxe siècle, qui ont souvent abouti à construire des théories très éloignées… Lire la suite
PHYSIQUE - Physique et mathématique

Écrit par :  Jean-Marc LÉVY-LEBLOND

Dans le chapitre "Les mathématiques, langage de la physique ?"  : …  Les solutions apportées au problème des rapports entre physique et mathématiques sont diverses, mais, qu'elles proviennent de scientifiques ou de philosophes, elles reposent dans leur écrasante majorité, surtout aujourd'hui, sur l'idée que les mathématiques constituent le langage de la physique. Au texte de Lire la suite
PIAGET JEAN (1896-1980)

Écrit par :  Pierre GRÉCO

Dans le chapitre "L'épistémologie"  : …  Génétique par sa méthode autant que par sa problématique, l'épistémologie de Piaget est une épistémologie constructiviste. Contre les diverses formes d'empirisme, elle refuse de considérer la connaissance comme un reflet du monde extérieur dans la représentation du sujet, et c'est dans l'activité pratique… Lire la suite
POINCARÉ HENRI (1854-1912)

Écrit par :  Gérard BESSONChristian HOUZELMichel PATY

Dans le chapitre "Poincaré philosophe"  : …  Sans faire sienne aucune philosophie particulière, Poincaré a développé une pensée critique originale centrée sur la nature et les raisons du savoir scientifique, qui insiste en même temps sur le rôle de l'expérience et des faits et sur celui du travail de l'esprit dans la constitution des théories scientifiques. Cette philosophie, qui reflète sa… Lire la suite
POIRIER RENÉ (1900-1995)

Écrit par :  Bertrand SAINT-SERNIN

Né à Saigon, reçu premier à l'agrégation de philosophie en 1922, licencié en droit, pensionnaire à la fondation Thiers, René Poirier enseigna au lycée Janson-de-Sailly à Paris et au lycée de Chartres, puis aux universités de Montpellier (1931-1932) et d'Alger (1932-1937). Il fut élu à la Sorbonne en… Lire la suite
POPPER KARL RAIMUND (1902-1994)

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

Philosophe et épistémologue, Karl Raimund Popper est né à Vienne en 1902. Une fréquentation longue et désintéressée de l'université de cette ville lui permit d'acquérir une formation scientifique, philosophique et musicale, tandis qu'il travaillait comme ébéniste, puis comme Lire la suite
POSITIVISME

Écrit par :  Angèle KREMER-MARIETTI

Dans le chapitre "Le positivisme et l'évolution de la science positive"  : …  Pour Auguste Comte, il n'y a de science que positive. L'adoption du terme et de la notion est cependant liée à un double problème épistémologique et social, celui de la nécessité de rendre positive la politique, de la compter à la fois dans les sciences de théorie et dans celles d'application, que Comte à cette époque veut relier les unes aux… Lire la suite
POSITIVISME, notion de

Écrit par :  Jean LECLERCQ

Dans le chapitre "La science positive"  : …  sont pensés jusqu'à la fin du xixe siècle. D'un point de vue épistémologique, il considère le fait (« l'énoncé ») comme observable (l'objet) et subjectivable (la relation), pour éviter un naturalisme et un subjectivisme absolus. Il n'y a donc de science que positive : c'est-à-dire fondée sur l'énonciation des faits, le travail de coordination… Lire la suite
PREUVE, épistémologie

Écrit par :  Fernando GIL

; 4o la reconnaissance intersubjective du bien-fondé des procédures de la preuve. On considérera ici le premier versant, qui pose une question préjudicielle en ce qui concerne les sciences empiriques (sur la preuve logique, cf. théorie de la démonstration), et le deuxième, qui reste l'aspect épistémologiquement décisif… Lire la suite
PREUVE, sciences

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

On prouve pour établir la vérité. La preuve est ce qui convainc la personne à laquelle elle s'adresse dès lors que celle-ci la comprend. Elle a son origine dans le droit, s'illustre en philosophie et en théologie, s'affirme dans la pensée scientifique. Quiconque est amené à donner des gages de son… Lire la suite
PSYCHANALYSE

Écrit par :  Pierre KAUFMANN

Dans le chapitre "Le problème de l'épistémologie freudienne"  : …  ; et telle apparaît en définitive la raison de la signification proprement critique de l'épistémologie psychanalytique. Cette exigence critique est attestée dès 1900 avec la constitution de la première topique, dans l'effort de Freud pour fixer le statut de l'inconscient, et que traduit la distinction entre l'instance et le système. S'il recourt à… Lire la suite
PSYCHOLOGIE

Écrit par :  Pierre GRÉCO

Dans le chapitre "Les expériences de preuve"  : …  Pour ce qui est des « expériences de preuve », on pourrait en éluder la discussion épistémologique sous prétexte que, mettant en œuvre les procédures hypothético-déductives du raisonnement expérimental, elles ne requièrent aucune autre justification. Que la réalisation de telles expériences soulève des problèmes assez délicats, on s'en doute. Mais… Lire la suite
QUINE WILLARD VAN ORMAN (1908-2000)

Écrit par :  Françoise ARMENGAUD

Dans le chapitre "Le holisme épistémologique et la « sous-détermination des théories par l'expérience »"  : …  L'ontologie générale étant ainsi un prolongement des ontologies régionales, c'est-à-dire des ontologies particulières aux sciences, on voit que la philosophie n'est pas fondatrice par rapport à celles-ci. C'est aussi ce que montre la thèse de Duhem, selon laquelle le physicien ne peut jamais soumettre au contrôle de l'expérienceLire la suite
RATIONALISME

Écrit par :  Gilles Gaston GRANGER

Dans le chapitre "La raison et la connaissance"  : …  comme nuançant et assouplissant l'attitude rationaliste, la doctrine de l'« anarchisme épistémologique » lancée dans les années soixante par Feyerabend constitue assurément une des figures exemplaires de l'irrationalisme contemporain. Sans vouloir nier – et pour cause – les succès de la science, le philosophe californien assure, d'une part, que la… Lire la suite
RÉALISME, philosophie

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Dans le chapitre "L'idéalisme regardé du point de vue réaliste"  : …  Ruyer et quelques thomistes, J. Maritain, A. D. Sertillanges, E. Gilson ; parmi les savants, M. Planck., A. Einstein, L. de Broglie. La plupart des physiciens sont idéalistes. Le formalisme des quanta donne des moyens efficaces de prédire plutôt qu'une image de la réalité ; et le positivisme est devenu l'idéologie officielle. D'après N. Bohr,… Lire la suite
RÉDUCTIONNISME, sciences

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

L'usage courant du mot « réductionnisme » est péjoratif. Il désigne des approches scientifiques réductrices, voire simplistes. Accusation assurément trop rapide, pour autant que la recherche de principes généraux et de théories fondamentales, qui anime le réductionnisme, s'inscrit dans la dynamique scientifique, celle du renoncement au chatoiement… Lire la suite
RÉDUCTIONNISME & HOLISME

Écrit par :  Jean LARGEAULT

Ce type de réduction d'une description à une autre (qu'on appelle épistémologique) laisse un résidu. La prétendue réduction des mathématiques à la logique, qui en est le paradigme, a été un fiasco. ( On peut faire valoir que l'échec est fécond, puisqu'il a été l'occasion d'approfondir et de développer les méthodes… Lire la suite
RÉGULATION, épistémologie

Écrit par :  Georges CANGUILHEM

Le concept de régulation, dans son acception la plus large, renferme au minimum trois idées : celle de relation d'interaction entre éléments instables, celle de critère ou de repère, celle de comparateur. La régulation, c'est l'ajustement, conformément à quelque règle ou norme, d'une pluralité de… Lire la suite
REICHENBACH HANS (1891-1953)

Écrit par :  Alexis BIENVENU

Hans Reichenbach fut à Berlin, dans l'entre-deux-guerres, puis lors de son exil à Istanbul et Los Angeles, le principal représentant de l'empirisme logique, mouvement philosophique apparenté au positivisme logique du cercle de Vienne. Fondateur de la… Lire la suite
RELATION

Écrit par :  Jean LADRIÈRE

Dans le chapitre "La doctrine des catégories : Aristote et Kant"  : …  logique et ontologique, chez Kant, conformément au point de vue criticiste qui est le sien, elles n'ont, en dehors de leur aspect proprement logique, qu'une portée épistémologique. (Les textes de base se trouvent, pour ce qui concerne Aristote, dans l'Organon, I : Catégories, et V : Topiques, et dans la Métaphysique,… Lire la suite
REPRODUCTIBILITÉ EN SCIENCES EXPÉRIMENTALES

Écrit par :  Nicolas CHEVASSUS-au-LOUIS

Les différents courants de l'épistémologie s'accordent sur un point : une expérience scientifique doit être reproductible. En d'autres termes, la description exacte et circonstanciée du protocole mis en œuvre dans l’expérience ou l’observation doit permettre à tout chercheur de la reproduire, et d'… Lire la suite
ROGER JACQUES (1920-1990)

Écrit par :  Roselyne REY

sur les rapports de la philosophie et de la science et soulevait avec acuité les problèmes de périodisation en histoire des sciences. À toute une génération de chercheurs il a enseigné la méfiance à l'égard du mythe du progrès linéaire, et la prudence à l'égard du concept de rupture épistémologique. Il a montré que les rythmes de constitution… Lire la suite
RUPTURE ÉPISTÉMOLOGIQUE

Écrit par :  Claude JAVEAU

C'est Gaston Bachelard qui a insisté sur le caractère illusoire de l'« expérience première », en introduisant le concept d'« obstacle épistémologique » : « La première expérience ou, pour parler plus exactement, l'observation première est toujours un premier obstacle pour la culture scientifique. En effet, cette observation… Lire la suite
RUSSELL BERTRAND lord (1872-1970)

Écrit par :  Philippe DEVAUX

Dans le chapitre "La logicisation de l'épistémologie"  : …  Pour Russell, « la logique est à la philosophie ce que la mathématique est à la physique ». Dans La Méthode scientifique en philosophie, il écrit : « Tous les problèmes dont nous avons parlé et traiterons dans la suite (c'est-à-dire ceux concernant notre connaissance du monde extérieur) peuvent se réduire, dans la mesure où ils… Lire la suite
SCIENCES - Sciences et discours rationnel

Écrit par :  Jean LADRIÈRE

peuvent naturellement varier beaucoup sur ce que l'on entend au juste par « philosophique ».) Quant à l'expression « épistémologie », elle semble pouvoir s'appliquer aussi bien à des investigations de type fondationnel qu'à des recherches portant sur les conditions de possibilité de la science, ses fondements anthropologiques et logiques, sa… Lire la suite
SCIENCES - Sociologie

Écrit par :  Yves GINGRAS

Dans le chapitre "Le « programme fort »"  : …  autres que sociales. En se fondant sur les travaux du philosophe Ludwig Wittgenstein, Bloor a surtout discuté les aspects philosophiques du processus d'acquisition des connaissances en critiquant le rationalisme classique qui n'attribue aucun rôle important au caractère foncièrement social des connaissances. Le programme… Lire la suite
SCIENCES - Science et progrès

Écrit par :  Jean-Marc LÉVY-LEBLOND

Dans le chapitre "Le progrès « dans » la science ?"  : …  archaïsme quant à leur capacité à dominer et synthétiser leurs propres découvertes. Pour comprendre cette assertion, il faut adopter sur l'histoire des sciences un point de vue un peu plus sophistiqué que la vulgate kuhnienne qui fait alterner des moments de « science révolutionnaire » avec des périodes de « science normale », où les scientifiques… Lire la suite
SCIENCES HUMAINES

Écrit par :  Edmond ORTIGUES

Dans le chapitre " Histoire de la terminologie"  : …  e siècle, attirera l'attention sur l'influence du milieu social (le lamarckisme en biologie, le « socialisme » en politique). L'idée des sciences sociales a été conçue alors sous la forme d'une science de synthèse, par des auteurs tels qu'Auguste Comte, Karl Marx, Jeremy Bentham, Herbert Spencer… Lire la suite
SIMMEL GEORG (1858-1918)

Écrit par :  Raymond BOUDON

Dans le chapitre "Épistémologie et histoire"  : …  Les travaux épistémologiques de Simmel sur le problème de l'explication en histoire se situent dans le prolongement direct des principes résumés par la notion de sociologie « formelle ». La réalité historique est constituée par un fourmillement, insaisissable en tant que tel, d'actions individuelles. Pour rendre compte de la bataille de Marathon,… Lire la suite
SOCIOLOGIE - La démarche sociologique

Écrit par :  Louis PINTO

Dans le chapitre "Sociologie et rationalité"  : …  Contre ceux qui s'empressent de mettre en avant le fossé entre les sciences de la nature et les sciences de l'homme, il faut soutenir que celles-ci, quelle que puisse être la façon de penser leur (incontestable) spécificité, relèvent d'un régime commun de rationalité. La sociologie est située, selon Max Weber, du côté des «… Lire la suite
SOCIOLOGIE - Histoire

Écrit par :  Michel LALLEMENT

Dans le chapitre "Le temps des pionners"  : …  théologique, métaphysique, scientifique ou positif) qu'il énonce, c'est l'épistémologie différentielle de Comte qui permet à la sociologie de conforter ses toutes premières assises analytiques. En imposant l'idée d'une autonomie relative de chaque science, Comte trace les frontières d'une discipline nouvelle. Surtout, il… Lire la suite
SOCIOLOGIE HISTORIQUE

Écrit par :  Laurent WILLEMEZ

Le partage entre histoire et sociologie peut être considéré comme un nouvel avatar de la question de l'unité des sciences de l'homme, que beaucoup de chercheurs appellent de leurs vœux mais que peu promeuvent véritablement. De fait, dans le monde académique, histoire et sociologie sont deux disciplines à part entière, avec… Lire la suite
STRUCTURALISME

Écrit par :  Jean-Louis CHISSMichel IZARDChristian PUECH

Dans le chapitre "Une crise de la signification"  : …  module dans des directions diverses ou à partir d'un champ qui lui est propre. L'épistémologie de Serres consiste à parcourir, en le faisant exister par là-même, l'espace différencié des sciences modernes. Cette stratégie montre qu'il existe plusieurs théories d'une même science (l'arithmétique est « réaliste », l'algèbre « nominaliste »),… Lire la suite
SYSTÈME, épistémologie

Écrit par :  Jean LADRIÈRE

La notion de système apparaît dans deux catégories de contextes, fort différentes : d'une part, lorsqu'il est question de propositions (dans lesquelles sont exprimées des relations formelles ou des conceptions relatives à la réalité), d'autre part, dans des contextes où interviennent des entités d'une certaine espèce (par… Lire la suite
THÉORIE (sociologie)

Écrit par :  Louis PINTO

La théorie se caractérise par des traits qui lui sont souvent attribués : la consistance des propositions principales unies par des liens systématiques, leur pertinence et leur adéquation au domaine considéré, leur fécondité, l’interprétation des régularités qui ne se réduit pas toujours à la découverte de lois, la formulation d’hypothèses, la… Lire la suite
THÉORIE, sciences

Écrit par :  Jean-Paul THOMAS

Chacun, ne serait-ce que par ouï-dire, connaît des théories scientifiques : théorie de la gravitation de Newton, théorie de la descendance avec modifications par la sélection naturelle de Darwin, théorie de la relativité restreinte d'Einstein, théorie quantique de Planck, théorie de l'information de Shannon, etc. Ces informations autorisent une… Lire la suite
VÉRITÉ ET MÉTHODE, livre de Hans Georg Gadamer

Écrit par :  Francis WYBRANDS

Vérité et méthode, de Hans-Georg Gadamer (1900-2002) a profondément marqué le renouveau de la réflexion sur la notion de compréhension. Traité d'épistémologie qui tente de délivrer l'interprétation à l'œuvre dans les sciences humaines à la fois de l'objectivisme issu des sciences de la nature et du subjectivisme d'origine… Lire la suite
VIE

Écrit par :  Georges CANGUILHEM

« Qui sait si la première notion de biologie que l'homme a pu se former n'est point celle-ci : il est possible de donner la mort. » Cette réflexion de Valéry dans son Discours aux chirurgiens (1938) va plus loin que sa destination première. Peut-être n'est-il pas possible, encore aujourd'hui, de dépasser cette première notion :… Lire la suite

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