XINJIANG [SIN-KIANG] ou TURKESTAN CHINOIS

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Ressources et développement industriels

Longtemps ignorées ou négligées, les ressources industrielles sont activement explorées et exploitées depuis 1950 au Xinjiang, qui se révèle particulièrement riche dans différents domaines, notamment en ce qui concerne le pétrole. Découvert à Wusu en 1938 par les Russes, qui l'exploitèrent et étendirent leurs prospections en Dzoungarie, celui-ci est devenu la principale ressource du Xinjiang, après la découverte en 1958 du bassin de Karamai, qui dispose de près de 1,8 milliard de tonnes de réserves aux dires des autorités et a fourni 11,7 millions de tonnes de brut en 2005, dont une grande partie est acheminée par pipeline à la raffinerie de Tushanzi, à 200 kilomètres à l'ouest d'Ürümqi.

Mais la grande affaire depuis le début des années 1990 est la prospection dans le bassin du Tarim afin de trouver du pétrole et du gaz naturel et leur exploitation. Ce furent d'abord les bassins de Luntai, près de Korla, et de Yiqikelike plus à l'ouest ; à partir de 1988, on a identifié de nombreuses structures pétrolières et gazières au cœur du désert. En 2005, celles-ci se répartissent entre quatre zones pétrolières (Lunnan, Donghe, Tazhong et Hade) et trois gazières (Kuche-Tabei, Bachu-Taxinan et Tadong). Les autorités chinoises voulaient voir dans le bassin du Tarim « une nouvelle Arabie Saoudite », avec des réserves pétrolières comprises entre 13 et 29 milliards de tonnes... Le chiffre s'est affiné à la suite des diverses prospections, pour être officiellement fixé aujourd'hui à 20 milliards de tonnes, ce qui reste considérable. En 2005, la production pétrolière de l'ensemble des gisements exploités du Tarim était de plus de 10 millions de tonnes. La production totale de pétrole du Xinjiang s'élevait la même année à 24 millions de tonnes, les bassins de Karamai et du Tarim dominant donc la production, alors que 10 milliards de mètres cubes de gaz étaient exploités. Le gouvernement chinois estime les réserves de gaz du Xinjiang à 34 p. 100 de celles de l'ensemble du pays (30 p. 100 pour le pétrole) et la découverte de nouveaux gisements se poursuit. Par ailleurs, le charbon représente 40 p. 100 des stocks nationaux.

D'importants investissements ont été réalisés dans le domaine du transport des hydrocarbures. Dans l'optique du projet gouvernemental de « transfert du gaz de l'ouest vers l'est », le gazoduc ouest-est, entré en service en 2005, relie le Xinjiang principalement à la région de Shanghai. Son débit a été accru en 2007 pour répondre à la demande. Décidée la même année, la construction d'un deuxième gazoduc ouest-est permet de relier, depuis 2010, via une connexion au gazoduc centrasiatique, le site d'Horgos (dans le Xinjiang) aux régions de Shanghai et de Guangzhou (Canton). Transportant également du gaz en provenance du Turkménistan et du Kazakhstan, ce gazoduc aura une capacité d'acheminement de 30 milliards de m3/an. Depuis la fin de 2006, l'oléoduc de l'Ouest relie Ürümqi à Lanzhou (province de Gansu). Il est composé de deux tubes, l'un transportant des produits raffinés, l’autre du pétrole brut, d’une capacité respective de 10 et 20 millions de tonnes/an. L'intérêt stratégique de l'oléoduc de l'Ouest est d'autant plus marqué qu'il achemine également le pétrole brut issu de l'oléoduc Kazakhstan-Chine (premier oléoduc transfrontalier chinois, reliant Atasu au Kazakhstan à Alashankou au Xinjiang) et destiné aux raffineries chinoises (du Xinjiang et d’autres provinces).

Les bases pétrochimiques édifiées à Ürümqi, Kuytun et Korla, d'où une route, achevée en 1995, relie sur 522 kilomètres (dont 446 km de désert total) les gisements du nord et du sud du bassin du Tarim, ont été suivies par celle de Karamai.

Les ressources métalliques sont extrêmement variées : cuivre de Baicheng et de Koutcha, plomb, zinc et argent d'Ouloungtchak et de Jinghe, or de l'Altaï, de Tchertchen et de Keriya, et surtout uranium dans les Tianshan.

La mise en valeur industrielle du Xinjiang a pu être accélérée grâce à la liaison ferroviaire avec le réseau de la Chine orientale, réalisée à partir de Lanzhou par une voie de plus de 1 100 kilomètres, qui a atteint Ürümqi en 1959.

La rupture sino-soviétique intervenue à partir de 1960 en interrompt la poursuite vers le Kazahkstan soviétique et i [...]

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Écrit par :

  • : chercheur de troisième cycle à l'université de Paris-VII
  • : professeur des Universités, Institut national des langues et civilisations orientales

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Pour citer l’article

Évelyne COHEN, Pierre TROLLIET, « XINJIANG [SIN-KIANG] ou TURKESTAN CHINOIS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/xinjiang-turkestan-chinois/