VERTU

L'exigence de vertu s'ancre dans le désir de trouver une loi qui rendrait la répétition possible. Mais conquérir l'impassibilité, est-ce devenir un dieu ou son servile imitateur ? est-ce promouvoir la vie ou bien l'étouffer ? est-ce conquérir le bonheur ou, au contraire, ôter toute saveur à l'existence ? Bref, l'exigence de vertu peut-elle s'universaliser ?

Concevons la vertu comme la simple manifestation d'une force en mouvement, la mise en œuvre d'un pouvoir qui s'autosuffit, l'opération qui correspond le mieux aux penchants et aux besoins d'un individu isolé ; alors « prendre à bail » la vertu serait le propre d'impuissants cherchant la liberté dans la pensée plus que dans l'action ; supposer possible une définition de la vertu serait le fait d'hypocrites élevant le savoir au-dessus de la pratique ; vouloir préciser les canons de la vertu serait l'affaire de présomptueux s'efforçant d'en imposer par des propos plus que par des actes. « Nul ne sait encore ce que sont le bien et le mal, disait Zarathoustra, nul, si ce n'est le Créateur. »

Reste qu'on ne saurait pourtant dénier à l'apologétique de la vertu sa portée humanisante, comme si, au-delà de toute victoire sur une morale déterminée, s'affirmait le triomphe d'une certaine « forme » de conduite, d'un certain « art » de vivre, ou peut-être plus simplement encore d'un certain type de « représentation », donatrice de sens. Certes, on ne saurait rabaisser les dons au profit des vertus, pour faire du mérite la seule source morale. Et néanmoins comment ne pas voir en la vertu la source privilégiée du sublime, dans la mesure où elle atteste chez l'homme l'existence d'un pouvoir qui, selon l'expression kantienne, « dépasse toute mesure des sens » ?

Mais, si toute vertu procède de lui, Dieu n'est pas vertueux, la vertu dans son archétype n'est vertu de personne, vertu et perfection s'excluent réciproquement. Dès lors, comment l'homme vertueux pourrait-il garantir le statut de ses propres actes ? Et la vertu ne peut-elle se connaître que dans son nég [...]

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ARISTOTE

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  • Pierre AUBENQUE
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Dans le chapitre « La postérité d'Aristote »  : […] mettre en question le formalisme hérité de la morale kantienne. La théorie des vertus comme modèles concrets de comportement et, en particulier, le rôle attribué à la prudence comme forme spécifique d'intellectualité orientée vers l'action retrouvent aujourd'hui une nouvelle actualité. Certains, comme A. Mc Intyre, M. Walzer ou Ch. Taylor, s' […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aristote/#i_2482

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Dans le chapitre « L'éthique et la politique »  : […] s'identifient à celles de la vertu. Il n'y a pas de bonheur sans vie vertueuse. Or cette vie vertueuse ne se borne pas à la justice à l'égard des autres, elle implique également la modération à l'égard des désirs et le courage que réclame la hiérarchie des valeurs. Aristote admet cependant que la vertu ne peut suffire au bonheur : elle contribue […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/aristotelisme/#i_2482

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Dans le chapitre « Bien, bonheur et moralité »  : […] La seconde orientation souligne au contraire la distinction, sinon la divergence, qui existe entre l'aspiration à la vertu et la poursuite du bonheur. Dès l'Antiquité, une telle divergence est un lieu commun de la littérature proverbiale. Placé à la croisée des chemins, Héraclès hésite entre la vertu, austère et sans joie, et le vice, paré de tous […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bien-philosophie/#i_2482

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Dans le chapitre « Bonheur, espoir et vertu »  : […] agir, pourtant, sans espérer ? Oui, répondent les stoïciens, et c'est ce qu'on appelle la vertu. La vertu, rapporte Diogène Laërce (VII, 89), est en effet « adoptée pour elle-même, non point par crainte ni par espoir », et c'est ce que Kant au fond confirmera. Agir dans l'espoir de quelque chose (fût-ce de la vertu), ce n'est pas agir vertueusement […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/bonheur/#i_2482

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Dans le chapitre « Théoriser le civisme : une tâche impossible »  : […] ii, p. 536). La place paraît faite pour le civisme que, cependant, Rousseau ne nommera jamais. C'est que toute vertu s'enracine dans l'amour de soi et doit avoir pour fin le bonheur de l'homme : « tout homme veut être heureux » (Du bonheur public, p. 513). Or « il n'y a aucun gouvernement qui puisse forcer les citoyens de vivre […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/civisme/#i_2482

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  • Paul RICŒUR
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Dans le chapitre « Le contexte « éthique » : Aristote »  : […] au danger, l'emploi des richesses, l'exercice de l'hospitalité et de l'amitié, la distribution des avantages et des honneurs, etc. C'est sous le titre des « vertus » que la réflexion antérieure à Aristote avait placé cette méditation : vertu de tempérance, de courage, de justice, etc. Ces vertus ne sont pas autre chose que les « excellences » […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/volonte/#i_2482

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Pour citer l’article

Baldine SAINT GIRONS, « VERTU », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le . URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vertu/