TUMEURS ANIMALES

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Tumeurs et hémolymphopathies des animaux

Caractères généraux

Bien qu'il soit difficile d'obtenir des données statistiques, les résultats des enquêtes illustrent parfaitement l'importance de la pathologie tumorale chez les animaux. Ils mettent aussi en évidence que les fréquences et le type des tumeurs et hémopathies malignes sont sous la dépendance de différents facteurs.

Tous les groupes zoologiques, Insectes, Batraciens, Oiseaux et Mammifères notamment, sont atteints, mais la fréquence des divers types de tumeurs varie suivant les espèces : les hémopathies sont très fréquentes chez les oiseaux, le chat, les bovins ; les tumeurs épithéliales et conjonctives chez le chien, les tumeurs génito-urinaires chez le chien, le cheval, le porc. Inversement, les tumeurs épithéliales sont rares chez le porc, les tumeurs utérines rares, dans l'ensemble, chez les animaux.

La fréquence globale des tumeurs et hémopathies pour 100 000 sujets est la suivante pour les principales espèces domestiques : chien, 4 ; chat, 1,5 ; cheval, 0,5 ; porc, 0,03 ; bovins, 0,02 ; petits ruminants, 0,01.

La mise en évidence des facteurs héréditaires dans l'apparition du cancer chez l'animal a été faite depuis longtemps. Leur étude est une des voies actuelles de la cancérologie expérimentale et se poursuit notamment sur les lignées consanguines de Rongeurs, caractérisées par des taux très élevés ou très faibles de tumeurs ou d'hémolymphopathies.

En ce qui concerne les animaux domestiques (bovins, ovins, porcins), l'amélioration zootechnique qui renforce l'homogénéité des races, sans cependant atteindre le haut degré de consanguinité des lignées murines, augmente l'influence des facteurs génétiques. Chez les espèces de compagnie, il semble que le chien boxer soit plus communément atteint que le teckel. Pour le chat, on ne possède aucun renseignement.

Si l'influence du sexe est évidente pour les tumeurs génitales, le sexe ne semble pas intervenir de manière significative pour les autres.

Si l'on excepte certaines hémolymphopathies aviaires, la fréquence des tumeurs animales augmente avec l'âge.

En ce qui concerne les agents infectieux, seuls les virus doivent être, à l'heure actuelle, pris en considération dans l'étiologie de certaines tumeurs (malignes ou bénignes) et hémolymphopathies animales. Cette étiologie virale est certaine dans le cas du carcinome rénal de Lucké de la grenouille, du fibrome et du papillome de Shope du lapin, du papillome des bovins et du chien, des hémolymphopathies aviaires, des épithéliomas mammaires de la souris, du polyome de la souris, des hémolymphopathies de la souris, du cobaye et du chat.

À côté des tumeurs qui apparaissent spontanément, beaucoup d'autres peuvent être induites par des agents physiques, chimiques ou par des virus. Bon nombre de ces tumeurs, spontanées ou induites, peuvent être transplantées chez les animaux de même espèce par greffe, c'est-à-dire par inoculation de cellules ou de tissus tumoraux vivants. Au moins une centaine de tumeurs transplantables, toujours disponibles, présentent un grand intérêt en cancérologie expérimentale ; elles permettent notamment de vérifier chez l'animal l'efficacité éventuelle de nouvelles thérapeutiques anticancéreuses.

Principales tumeurs solides

Les tumeurs dont il est ici question sont celles qui présentent un intérêt sur le plan biomédical et celles dont la fréquence entraîne une incidence économique. De plus sont seuls considérés les animaux domestiques, les animaux de compagnie et les animaux de laboratoire.

Le développement des concepts et des techniques permettant de découvrir progressivement l'origine virale de tumeurs dont l'étiologie était, jusqu'à ce jour, inconnue, on ne décrira pas séparément les tumeurs d'origine virale et celles d'origine non virale. Traiter séparément des tumeurs bénignes et des tumeurs malignes serait illogique puisqu'un certain nombre de tumeurs bénignes évoluent parfois vers la malignité. Les tumeurs retenues seront étudiées par appareils, organes ou tissus, en précisant les principales espèces atteintes et les caractéristiques cliniques, anatomiques et évolutives essentielles.

Tumeurs de la peau

Papillome des bovins

Il s'agit d'une tu [...]

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Papillomavirus : épithélium normal et lésions précancéreuses provoquées

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Écrit par :

  • : professeur à la faculté de médecine de l'université de Paris-Val-de-Marne
  • : chef du département d'anatomie pathologique de l'Institut Gustave-Roussy, Villejuif
  • : chef de service d'expérimentation animale à l'Institut Gustave-Roussy, Villejuif

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Pour citer l’article

Jean-Charles FRIEDMANN, Rémi GÉRARD-MARCHANT, Charles GOSSE, « TUMEURS ANIMALES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/tumeurs-animales/