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TÉLÉOSTÉENS ET HOLOSTÉENS

Holostéens

Les naturalistes désignaient sous le terme d' Holostéens un ensemble artificiel (grade évolutif) de poissons dans lequel il est possible de reconnaître deux groupes naturels (monophylétiques) actuels : les Ginglymodes, avec Lepisosteus, et les Halécomorphes, avec Amia.

Lepisosteus - crédits : Encyclopædia Universalis France

Lepisosteus

Lepisosteus et Amia, qui vivent tous deux dans les eaux continentales de l'Amérique du Nord ; cependant, une espèce de Lepisosteus du bassin du Mississippi se rencontre aussi en mer dans le golfe du Mexique.

Brochet - crédits : Damien Halleux Radermecker/ Flickr ; CC BY-SA

Brochet

Le genre Lepisosteus a conservé quelques caractères primitifs (écailles épaisses d'os compact recouvertes de ganoïne, valvule intestinale), mais ceux-ci sont associés à de nombreux traits de spécialisation. Le corps est allongé (une espèce atteint 3 m de long) avec nageoires dorsale et anale superposées (comme cela se rencontre chez quelques Téléostéens, tel le Brochet) ; le museau est long et étroit, ce qui entraîne des remaniements importants dans l'architecture du crâne.

Les Lepisosteus sont des poissons peu actifs, susceptibles cependant d'une nage rapide sur faible distance, pour capturer les poissons dont ils se nourrissent.

La ponte a lieu au printemps ; les œufs fécondés (5 mm de diamètre) sont collés sur les cailloux du fond près des rives.

Le genre Amia est beaucoup moins spécialisé que Lepisosteus. Le corps est plus épais, la tête, courte, est massive, la nageoire dorsale est longue. La caudale, comme celle de Lepisosteus d'ailleurs, est faite d'un seul lobe arrondi, à peu près symétrique, mais son endosquelette a conservé une dissymétrie marquée. Les écailles, sans ganoïne, sont minces et peu différentes de celles des Téléostéens.

Comme Lepisosteus, Amia utilise, le cas échéant, pour les échanges respiratoires, la vessie gazeuse dont la paroi présente des replis vascularisés. En captivité dans un grand aquarium, Amia vient parfois piper en surface de l'air qui passe dans la vessie gazeuse. Le rythme de ces « prises » est accru si la teneur en oxygène dissous diminue. Grâce à ce comportement, Amia peut survivre dans une eau très pauvre en oxygène. Mais si l'on empêche, par un grillage immergé, l'animal de s'approcher de la surface, la mort par asphyxie survient bientôt.

Amia calva, unique espèce actuelle du genre, peut atteindre 70 centimètres ; elle est répandue en Amérique du Nord, au sud du Canada, dans les lacs et les rivières calmes.

Amia se nourrit de Poissons, d'Amphibiens et d'Invertébrés variés. La ponte a lieu parmi les plantes aquatiques, dans un nid circulaire préparé sur le fond par le mâle. Les œufs mesurent 2 ou 3 millimètres de diamètre et chaque femelle en fournit plusieurs dizaines de milliers, répartis souvent dans les nids de plusieurs mâles qui en assurent la garde.

— Yves FRANÇOIS

— Pierre-Antoine SAINT-ANDRÉ

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Crâne, mâchoires et suspensorium - crédits : Encyclopædia Universalis France

Crâne, mâchoires et suspensorium

Leptolepis : squelette caudal - crédits : Encyclopædia Universalis France

Leptolepis : squelette caudal

Silure glane - crédits : Kletr/ Shutterstock

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