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TÉLÉOSTÉENS ET HOLOSTÉENS

Modalités de la reproduction

Comme les autres Vertébrés, les Téléostéens sont typiquement unisexués. Pourtant, dans quelques groupes, existe un hermaphrodisme plus ou moins régulier. Par exemple chez les jeunes Anguilles, bien avant la maturité sexuelle, la gonade comporte dans des portions différentes de grosses ovogonies et des spermatogonies bien plus petites. Bientôt, une de ces catégories cellulaires régresse, tandis que l'autre poursuit son évolution. On a donc affaire à un hermaphrodisme transitoire, juvénile, qui n'est jamais fonctionnel. Dans quelques familles (Sparidés, Serranidés), l'hermaphrodisme est la règle, chez certaines espèces au moins. La gonade est un ovotestis comportant des portions mâles et des portions femelles distinctes. Chez certains Serranidés, la maturation simultanée des deux portions de la glande a été observée, et la possibilité d'autofécondation peut être envisagée.

Appareil génital

Téléostéens : tractus génital - crédits : Encyclopædia Universalis France

Téléostéens : tractus génital

L' appareil génital des Téléostéens est simple comparativement à celui des autres Vertébrés. Les gonades paires (testicules ou ovaires, exceptionnellement ovotestis) sont logées au plafond de la cavité générale et y occupent un volume très variable suivant les espèces et surtout suivant la période du cycle sexuel, contrôlé par des facteurs internes (hypophyse en particulier), mais soumis également à l'action de facteurs externes (température, photopériode...). Les conduits génitaux (cf. appareil génital) sont de simples prolongements des gonades, qui n'ont rien à voir avec les canaux de Müller (pour la femelle) ou de Wolff (pour le mâle) qui habituellement chez les Vertébrés donnent naissance aux oviductes et aux canaux déférents. Les deux canaux symétriques, comme les uretères, se réunissent avant de s'ouvrir par un pore génital médian ventral distinct ou confondu avec le pore urinaire en arrière de l'anus. Chez certaines espèces, les œufs ou les spermatozoïdes, libérés dans la cavité abdominale, sont recueillis par de courts entonnoirs génitaux qui débouchent au pore génital. Les gonades des Téléostéens, comme celles des autres Vertébrés, associent à leur fonction d'élaboration des produits génitaux une activité hormonogène qui contrôle la vie sexuelle et détermine éventuellement les caractères sexuels secondaires.

Le dimorphisme sexuel

Le sexe des Sélaciens est facilement identifiable grâce aux appendices copulateurs du mâle, associés aux nageoires pelviennes. Chez les Téléostéens, au contraire, les différences morphologiques entre mâle et femelle sont habituellement difficiles à percevoir, surtout en dehors de la période de reproduction. Pourtant, chez quelques espèces existent des caractères sexuels secondaires plus ou moins marqués.

Ces différences entre les sexes portent par exemple sur la taille, la femelle étant généralement plus grande que le mâle. Cette règle souffre des exceptions, ainsi celle que l'on observe chez le Dragonet (Callionymus). Il s'agit d'ailleurs d'une différence statistique car, chez l'Anguille par exemple, les plus grands mâles (50 cm) surpassent les plus petites femelles (40 cm). La différence de taille la plus spectaculaire se rencontre dans un sous-ordre de poissons abyssaux, les Cératoïdes. Le jeune mâle se fixe par les mâchoires sur le tégument de la femelle, beaucoup plus grosse que lui. Les tissus des deux partenaires s'interpénètrent et le couple est alors indissociable. L'organisation du mâle est rudimentaire. Son appareil digestif, le foie excepté, régresse. En revanche, les testicules occupent la plus grande partie de la cavité abdominale. On cite le cas d'une femelle de Ceratias de 1,20 m de long et d'un poids de 7 kilogrammes, qui portait sur son flanc un mâle de 16 millimètres pesant 14 milligrammes.

Les différences morphologiques portent parfois sur les[...]

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. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Crâne, mâchoires et suspensorium - crédits : Encyclopædia Universalis France

Crâne, mâchoires et suspensorium

Leptolepis : squelette caudal - crédits : Encyclopædia Universalis France

Leptolepis : squelette caudal

Silure glane - crédits : Kletr/ Shutterstock

Silure glane

Autres références

  • ACTINOPTÉRYGIENS

    • Écrit par Philippe JANVIER
    • 2 756 mots
    • 9 médias
    Lestéléostéens (Teleostei) sont les plus abondants, les plus diversifiés et souvent les plus spécialisés des actinoptérygiens actuels. Ils comptent 23 668 espèces marines et d'eau douce, de morphologie très diverse : perches, brochets, harengs, morues, thons, soles, hippocampes, poissons-coffres,...
  • HORMONES

    • Écrit par Jacques DECOURT, Universalis, Yves-Alain FONTAINE, René LAFONT, Jacques YOUNG
    • 14 354 mots
    • 11 médias
    ...moléculaire au sein de cette famille ? On sait que les Tétrapodes (dont les Amphibiens) possèdent déjà les trois hormones. En revanche, chez les Poissons Téléostéens, il semble bien n'exister, à côté d'une TSH, qu'une seule GTH glycoprotéique ; cette dernière est formée aussi de deux sous-unités dont les...
  • MILIEU INTÉRIEUR

    • Écrit par Jean-Paul TRUCHOT
    • 3 956 mots
    • 4 médias
    Lestéléostéens marins, enfin, ont un milieu intérieur très hypo-osmotique par rapport à l'eau de mer (1/3 environ) et dont la composition ionique est très voisine de celle des téléostéens d'eau douce et des vertébrés supérieurs aériens. De ce fait, ils sont confrontés en permanence à une perte d'eau...
  • OSMORÉGULATION

    • Écrit par Brahim LAHLOU
    • 3 304 mots
    • 3 médias
    Les Poissons téléostéens et les Tétrapodes sont tous hypo-osmotiques à l'eau de mer ; leur concentration interne, voisine de 300 milliosmoles par litre, n'est que le tiers de celle du milieu externe. Le cas classique du Téléostéen marin, représenté dans la figure, constitue un bon exemple de régulation...
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Voir aussi