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TÉLÉOSTÉENS ET HOLOSTÉENS

Téguments et écailles

L' épiderme des Téléostéens est riche en glandes épidermiques unicellulaires. Les glandes cutanées pluricellulaires sont rares, et ce sont généralement des glandes à venin associées à divers dispositifs d'inoculation (épines operculaires des Rascasses, rayons épineux de la nageoire dorsale de la Vive...). Ce sont des glandes spécialisées qui constituent les photophores, organes producteurs de lumière si répandus, en particulier chez les Téléostéens des zones marines profondes.

Le derme est formé essentiellement de nappes de fibres conjonctives et élastiques enroulées en spirale autour du corps. En général, plusieurs couches superposées ont des enroulements opposés et la direction des fibres est donc croisée d'une couche à l'autre, ce qui réalise un revêtement superficiel à la fois résistant et très souple.

Le derme contient aussi diverses catégories de cellules pigmentaires ( chromatophores), dont la répartition réalise un plan spécifique de coloration susceptible de se modifier avec l'âge. En outre, chez certains poissons tout au moins, des déplacements de granules pigmentaires au sein des chromatophores permettent des modifications rapides de la coloration individuelle sous l'action de facteurs extérieurs comme l'éclairement, la teinte du fond, etc. Ces modifications de coloration qui constituent l'adaptation chromatique sont soumis à des mécanismes nerveux et endocriniens.

Téléostéens : écailles - crédits : Encyclopædia Universalis France

Téléostéens : écailles

Les écailles des Téléostéens sont typiquement minces, incluses dans le derme, où elles prennent naissance ; elles se recouvrent partiellement d'avant en arrière. Elles dérivent des écailles ganoïdes des Actinoptérygiens primitifs par amincissement et simplification de la structure, en particulier perte de la dentine et de l'émail. Ces écailles « élasmoïdes » appartiennent à deux types : les écailles cycloïdes des Téléostéens généralisés sont à peu près circulaires, avec un bord postérieur lisse, et elles présentent une ornementation superficielle de fins épaississements grossièrement circulaires et concentriques, les circuli. Les écailles cténoïdes sont définies par leur bord postérieur garni de courtes épines disposées sur plusieurs rangs ; elles caractérisent les Néotéléostéens comprenant les Paracanthoptérygiens (Baudroie, Morue) et les Acanthoptérygiens (dont les Percomorphes).

L'intérêt des écailles élasmoïdes réside dans leur structure. Elles comportent une très mince couche d'os à fibres entremêlées, qui édifie l'ornementation superficielle mentionnée ci-dessus. Elle recouvre la plaque basale beaucoup plus épaisse faite de couches superposées de fibres de collagène régulièrement disposées. Dans chaque strate, les fibres sont parallèles, mais l'orientation change d'une strate à la suivante ; cette structure, qui évoque un contreplaqué, se présente sous deux variantes. La plus simple montre seulement deux orientations des fibres, à peu près perpendiculaires (contreplaqué orthogonal). L'autre disposition est plus compliquée : d'une strate à la suivante, l'orientation varie d'un angle à peu près constant, inférieur à 900, de sorte que l'on trouve généralement, suivant les espèces, cinq, six ou sept directions (contreplaqué en hélice). Le contreplaqué orthogonal se rencontre essentiellement chez les Téléostéens les plus évolués. Les Téléostéens les plus primitifs ont des écailles en contreplaqué hélicoïdal.

Anguille - crédits : stefanek / Biosmotion

Anguille

Mais certains groupes manifestent une réduction plus ou moins poussée de l'écaillure (écailles minuscules, enfouies dans le derme chez l'Anguille ; peau « nue » de certains Silures). À l'inverse, on trouve aussi une hypertrophie du squelette cutané : les Épinoches ont les flancs garnis de quelques plaques osseuses épaisses ; certains Poissons-chats (Loricariidés), les Syngnathes,[...]

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Crâne, mâchoires et suspensorium - crédits : Encyclopædia Universalis France

Crâne, mâchoires et suspensorium

Leptolepis : squelette caudal - crédits : Encyclopædia Universalis France

Leptolepis : squelette caudal

Silure glane - crédits : Kletr/ Shutterstock

Silure glane

Autres références

  • ACTINOPTÉRYGIENS

    • Écrit par Philippe JANVIER
    • 2 756 mots
    • 9 médias
    Lestéléostéens (Teleostei) sont les plus abondants, les plus diversifiés et souvent les plus spécialisés des actinoptérygiens actuels. Ils comptent 23 668 espèces marines et d'eau douce, de morphologie très diverse : perches, brochets, harengs, morues, thons, soles, hippocampes, poissons-coffres,...
  • HORMONES

    • Écrit par Jacques DECOURT, Universalis, Yves-Alain FONTAINE, René LAFONT, Jacques YOUNG
    • 14 354 mots
    • 11 médias
    ...moléculaire au sein de cette famille ? On sait que les Tétrapodes (dont les Amphibiens) possèdent déjà les trois hormones. En revanche, chez les Poissons Téléostéens, il semble bien n'exister, à côté d'une TSH, qu'une seule GTH glycoprotéique ; cette dernière est formée aussi de deux sous-unités dont les...
  • MILIEU INTÉRIEUR

    • Écrit par Jean-Paul TRUCHOT
    • 3 956 mots
    • 4 médias
    Lestéléostéens marins, enfin, ont un milieu intérieur très hypo-osmotique par rapport à l'eau de mer (1/3 environ) et dont la composition ionique est très voisine de celle des téléostéens d'eau douce et des vertébrés supérieurs aériens. De ce fait, ils sont confrontés en permanence à une perte d'eau...
  • OSMORÉGULATION

    • Écrit par Brahim LAHLOU
    • 3 304 mots
    • 3 médias
    Les Poissons téléostéens et les Tétrapodes sont tous hypo-osmotiques à l'eau de mer ; leur concentration interne, voisine de 300 milliosmoles par litre, n'est que le tiers de celle du milieu externe. Le cas classique du Téléostéen marin, représenté dans la figure, constitue un bon exemple de régulation...
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Voir aussi