KIERKEGAARD SØREN (1813-1855)

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Le témoin du christianisme

Le « tremblement de terre »

Søren Aabye Kierkegaard naquit à Copenhague ; il était le benjamin d'une famille de sept enfants dont beaucoup moururent jeunes. S'il ne mentionne jamais sa mère, les références à la personnalité marquante de son père sont nombreuses dans ses œuvres et dans son Journal. Michael Kierkegaard, le père de Søren, appartenait à une pauvre famille de neuf enfants ; un jour où il gardait des moutons dans la lande lugubre du Jutland, transi de faim et de froid, il osa maudire Dieu ; conscient du sacrilège qu'il avait commis, il pensa que toute sa famille subirait un effroyable châtiment et il éleva ses enfants dans cette crainte. Mais la chance finit par lui sourire et il fit fortune dans la bonneterie ; à quarante ans, retiré des affaires, il s'adonna à la réflexion philosophique et à la méditation religieuse. Ami des frères moraves, lecteur assidu des philosophes allemands, doué d'une imagination débordante, redoutable dialecticien, il faisait l'admiration de son fils qu'il éleva dans le respect d'un christianisme tragique, celui du Christ ensanglanté, abandonné sur le Golgotha et hurlant : « Mon Dieu, pourquoi m'as-tu abandonné ? » Lorsque Søren entra à l'université, il commença par mener une vie joyeuse avec ses compagnons d'études, fréquentant les cafés et les cercles de discussions. En 1834, il voit mourir sa mère et l'une de ses sœurs ; c'est le moment où il commence de rédiger son Journal, qui sera le compagnon de toute sa vie. Cette année est également celle d'un épisode mystérieux que Kierkegaard appelle « le tremblement de terre » et dont on a proposé de nombreuses interprétations. Il semble que celle de J. Hohlenberg soit la plus satisfaisante. Le père de Kierkegaard avait considéré son second mariage comme une sorte d'infidélité à l'égard de sa première femme qu'il aimait beaucoup ; celle qu'il avait épousée en secondes noces avait été sa servante et il en eut un premier enfant s [...]


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Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, docteur ès lettres, professeur de philosophie à l'université de Dijon

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Pour citer l’article

Jean BRUN, « KIERKEGAARD SØREN - (1813-1855) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 14 octobre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/soren-kierkegaard/