SONSBruit

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Le bruit provoque, chez la plupart des gens, une sensation désagréable. Il s'agit d'une nuisance à combattre. Pourtant, sur le plan scientifique, il possède une définition très précise et représente un phénomène qui n'occasionne pas de gêne particulière. Du point de vue physiologique, le bruit est un son désagréable et gênant. Un son agréable peut toutefois devenir dangereux pour l'oreille s'il est trop intense.

Le bruit, produit de la civilisation technologique et urbaine, est capable de produire deux sortes de dommages sur l'organisme. Les uns dits spécifiques portent sur l'oreille et sur les fonctions psycho-acoustiques (surdités professionnelles, brouillage des communications humaines). Les autres dits non spécifiques sont constitués par le désagrément, la gêne, la fatigue, ainsi que par des troubles nerveux et généraux. Il suffit pour s'en convaincre de se référer aux faits divers relatant des meurtres commis par des individus s'estimant « agressés » par des bruits.

La nocivité du bruit pose des problèmes plus complexes que les autres nuisances familières à l'hygiéniste du travail (concentrations tolérables des poussières ou des toxiques dans l'atmosphère, par exemple) : le bruit est à la fois un agent d'information, une nuisance et un danger. Les corrélations entre la fatigue auditive temporaire et la surdité, valables pour un individu donné, ne le sont plus pour une collectivité. La durée du bruit, sa fréquence, son intensité, la forme de l'onde sonore, sa complexité et la sensibilité individuelle jouent un rôle important. La qualité sémantique du bruit intervient aussi : certains bruits intenses et dangereux peuvent avoir une valeur informative pour le travailleur. D'autres, même très faibles, ont un caractère perturbant : ainsi le bruit causé par le voisin dans l'habitat collectif ou résidentiel. D'une manière générale, nous ne nous déclarons pas gênés par notre propre bruit, même s'il est assez intense pour détériorer insidieusement notre ouïe. Comme l'enfer de Sartre, le bruit c'est les autres.

Le bruit entraîne des réactions très différentes suivant qu'il apparaît au poste de travail ou en dehors, dans les zones industrielles, les quartiers d'affaires ou les lieux de résidence, et selon qu'il se produit le jour ou la nuit. Le bruit constitue l'un des facteurs perturbants majeurs de la vie moderne tant par ses effets destructeurs sur l'oreille que par ses répercussions générales sur la vigilance, l'attention, le rendement au travail et la santé physique et mentale. Par son effet perturbateur sur la tâche, il augmente enfin la fréquence des accidents du travail. La lutte contre le bruit et les mesures d'insonorisation sont indispensables non seulement dans les locaux de travail et les moyens de transport, mais également dans l'habitation où elles doivent être envisagées dès la construction.

La notion de son et de bruit

Bien que souvent considérés comme différents, ces deux termes sont, en réalité, presque synonymes. Le son est un phénomène physique dû à une variation périodique de la pression atmosphérique. Dans un certain domaine de fréquence, de l'ordre de 20 à 20 000 Hz pour une personne jeune, l'oreille humaine perçoit le son (on a affaire à un son audible). La variation de pression aux alentours de la pression atmosphérique est généralement très faible, et l'amplitude de la différence entre les pressions instantanée et atmosphérique constitue la pression acoustique. Cette dernière se déplace à une vitesse appelée célérité du son, qui est de 340 m/s dans l'air à 20 0C.

Toutefois, ce phénomène se produit rarement dans l'espace ; seuls quelques instruments de musique et phénomènes physiques peuvent émettre un son possédant une seule fréquence (appelée parfois son pur). Dans la plupart des cas, plusieurs fréquences sont mélangées, produisant un son complexe ou bruit. Ce dernier recouvre alors une très large gamme de phénomènes allant de la musique harmonieuse au bruit industriel, aérien, ferroviaire ou routier, souvent insupportable.

Le spectre du bruit permet de représenter sa composition, c'est-à-dire qu'à chaque fréquence on associe le niveau du son pur le composant. Toutefois, cette analyse ne peut être « infiniment fine » dans la pratique. Cela signifie que la décomposition est effectuée en bandes de fréquences plus ou moins larges. Une décomposition « classique » est réalisée tous les 50 Hz. Mais la variation de sensibilité de l'oreille humaine n'est pas linéaire en fréquence. Elle est d'autant plus lente que la fréquence est élevée. Aussi a-t-on imaginé de réaliser des spectres de bruits par bande d'une octave (espace tel que la fréquence la plus élevée a une valeur double de celle de la fréquence la moins élevée : de 50 Hz à 100 Hz ou de 5 000 Hz à 10 000 hz par exemple). On utilise aussi très couramment l'espace d'un tiers d'octave, qui est tel que la fréquence la plus élevée est égale à racine cubique de 2 fois la fréquence la moins élevée.

Pour les mesures normalisées, les bornes des bandes d'octave ont été précisées. Mais c'est par la fréquence centrale qu'on définit, en général, celles-ci : 31,5, 63, 125, 250, 500, 1 000, 2 000, 4 000 et 8 000 Hz.

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Spectres de bruits

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Audition : fatigue auditive

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Perte auditive et niveaux de bruit

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Isolement acoustique

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  • : médecin en chef du Service de santé des armées (marine), ancien attaché à l'hôpital Laennec et au Centre psychiatrique Sainte-Anne, Paris, ancien conseiller à la S.N.E.C.M.A., à la Communauté européenne du charbon et de l'acier et au Comité de l'énergie atomique
  • : professeur des Universités
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Pour citer l’article

Pierre BUGARD, Claude CARLES, Gérard MANGIANTE, « SONS - Bruit », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 05 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/sons-bruit/