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RÉSERVES PHYSIOLOGIQUES Réserves animales

Alors que les besoins nutritionnels, et surtout les besoins énergétiques, des animaux sont permanents, leur alimentation est au contraire discontinue. La mise en réserve temporaire est donc une nécessité vitale. Les composés mis en réserve comportent aussi bien des nutriments d'origine endogène que des nutriments d'origine exogène alimentaire. Comparées aux végétaux, les possibilités métaboliques de synthèse des animaux sont très limitées, ce qui leur confère la contrainte d'hétérotrophie, et l'adaptation est loin d'être parfaite. C'est ainsi que, alors que la synthèse des protéines propres à l'animal nécessite un équilibre entre les divers acides aminés disponibles et notamment les acides aminés indispensables d'origine exogène, l'organisme animal adulte ne dispose pratiquement pas, au sens physiologique, de réserves d'acides aminés, d'où la nécessité constante d'apport à court terme de protéines alimentaires. Au contraire, les glucides et surtout les lipides à finalité énergétique sont susceptibles d'être mis en réserve.

À l'animal adulte, on peut opposer le jeune au début de son développement. L'embryon d'oiseau dispose de réserves protéiques et lipidiques prédéposées dans l'œuf. Le fœtus de Mammifère et le nouveau-né disposent des réserves lipidiques de la mère, mais aussi de son apport alimentaire. Dans les deux cas, les réserves nutritives sont extérieures au jeune animal en développement.

Réserves liées à l'économie générale de l'animal

Réserves énergétiques

Les cellules animales, mais aussi les cellules végétales non autotrophes (non photosynthétiques), obtiennent l'énergie qu'elles utilisent par l'oxydation des molécules organiques hydrocarbonées. À cet effet, la disponibilité de l'oxygène en milieu aérien (oxygène gazeux) et en milieu aquatique (oxygène dissous) n'est généralement pas en question. Chez l'homme, l'oxygène dissous dans le plasma sanguin et combiné chimiquement à l'hémoglobine des hématies et à la myoglobine des muscles, soit environ deux litres, permettrait seulement quelques minutes de survie : les cellules nerveuses sont donc irréversiblement lésées par le manque d'oxygène et d'énergie, comme en témoigne la mort rapide des asphyxiés et des noyés.

Bien que toutes les molécules hydrocarbonées glucides, lipides et protéines soient finalement oxydées, les réserves énergétiques sont essentiellement glucidiques et surtout lipidiques. L'avantage énergétique des lipides (acides gras) sur les glucides (sucres et polysaccharides) est manifeste : 39 kJ (9 kcal/g) contre 17 kJ (4 kcal/g). Cet avantage découle directement du fait que la production d'énergie résulte de l'oxydation de l'hydrogène métabolique en eau et que les molécules d'acides gras contiennent beaucoup plus d'atomes d'hydrogène que les molécules de glucides. Cet avantage énergétique est associé à un avantage supplémentaire de nature physico-chimique. Les lipides sont moins denses que les polysaccharides ou les sucres et de plus ne retiennent pas l'eau. Il s'ensuit que les réserves lipidiques sont beaucoup plus concentrées en potentiel énergétique. En revanche, l'oxydation des acides gras nécessite plus d'oxygène que l'oxydation des sucres, donc des conditions aérobies plus strictes. Schématiquement, les réserves glucidiques sont des réserves à court terme chez les animaux et les réserves lipidiques des réserves à long terme.

Glucides

Le glucose circulant à la disposition des cellules animales provient principalement des réserves de glycogène du foie. Cette réserve est à très court terme : seulement quelques heures. Le cerveau utilise préférentiellement le glucose comme substrat énergétique mais à défaut utilise[...]

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Écrit par

  • : docteur ès sciences, professeur honoraire à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie
  • : professeur à l'université de Paris-XI

Classification

Pour citer cet article

Marc PASCAUD et Jean-Marie VERNIER. RÉSERVES PHYSIOLOGIQUES - Réserves animales [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Glucose : macropolymère ramifié - crédits : Encyclopædia Universalis France

Glucose : macropolymère ramifié

Triglycérides des adipocytes - crédits : Encyclopædia Universalis France

Triglycérides des adipocytes

Œufs in toto - crédits : Encyclopædia Universalis France

Œufs in toto

Autres références

  • ADIPEUX TISSU

    • Écrit par Didier LAVERGNE
    • 334 mots

    Tissu conjonctif dans lequel les fibrilles de précollagène ne forment qu'un mince réseau enserrant des lobules graisseux et dans lequel la microvascularisation est bien développée ainsi que l'innervation. Le tissu adipeux a pour cellules des fibrocytes et des histiocytes. Ces derniers ont...

  • CHOLESTÉROL

    • Écrit par Marc PASCAUD, Jacques ROUFFY
    • 5 932 mots
    • 11 médias
    ...principalement sous forme libre. Dans certains tissus toutefois, on trouve des esters de cholestérol en concentration notable : il s'agit alors de formes de réserve du cholestérol. Dans le foie, le cholestérol est ainsi en réserve en vue de sa conversion en acides biliaires et de son exportation au sein des...
  • EMBRYOLOGIE

    • Écrit par Maurice PANIGEL, Josselyne SALAÜN, Denise SCHEIB, Jean SCHOWING
    • 13 279 mots
    • 19 médias
    ...reptiles et les oiseaux ovipares, la vésicule ombilicale est toujours volumineuse. Elle est, comme dans l'œuf de poule, caractérisée par l'abondance des réserves nutritives (ou vitellus) du « jaune » de l'œuf. Le vitellus est constitué par des protéines, des graisses, lécithines et autres phospholipides,...
  • FER - Rôle biologique du fer

    • Écrit par Carole BEAUMONT
    • 4 731 mots
    • 3 médias
    Lesréserves en fer de l'organisme se trouvent principalement dans les hépatocytes et dans les macrophages du foie et de la rate. Ce fer de réserve est associé à la ferritine, une protéine hétérogène, constituée d'une coquille protéique creuse de diamètre extérieur 12-13 nm et d'un noyau ferrique pouvant...
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Voir aussi