Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

EMBRYOLOGIE

Développement comparé d'embryons

Développement comparé d'embryons

L'embryologie est la science qui se consacre à l'étude du développement de l'embryon, c'est-à-dire à la période de la vie comprise entre la fécondation de l'œuf et la naissance, ou l'éclosion. Décrire, mais aussi expliquer la formation de l'embryon, étudier les mécanismes et les causes du développement embryonnaire, tels sont les buts de l'embryologie. Cette science, considérablement développée au cours des dernières décennies et qui fait appel aux techniques les plus modernes, depuis la microscopie électronique jusqu'à la biochimie moléculaire en passant par la fabrication d'anticorps monoclonaux, n'en est pas moins une science très ancienne.

Les étapes de l'embryologie

Les origines de l'embryologie remontent à l'Antiquité : de nombreux médecins et philosophes s'intéressèrent alors à l'évolution de l'embryon. Leurs moyens techniques étaient réduits, limités à l'observation d'œufs de divers animaux, surtout celui de la poule. Spéculations et hypothèses remplaçaient l'insuffisance des techniques. Les doctrines les plus variées et les plus erronées furent alors proposées pour tenter d'expliquer la formation des êtres.

C'est à Aristote qu'on doit le premier traité d'embryologie connu, ainsi que la première classification des animaux en espèces ovipares, vivipares, et ovovivipares. Mais il échafaude des hypothèses fantaisistes, imprégnées de finalisme, qui seront néfastes au développement de la science jusqu'au Moyen Âge.

Ce n'est qu'au milieu du xviie siècle qu'est franchie une étape importante dans l'histoire de l'embryologie : la publication, en 1651, d'un ouvrage de W.  Harvey intitulé Exercitationes de generatione animalium établit la notion fondamentale que « tout ce qui vit vient initialement d'un œuf ».

En étudiant le développement du germe d'œuf de poule, Harvey constate que l'embryon se forme progressivement, partie après partie : ce processus est interprété par la théorie de l' épigenèse. Une autre théorie, celle de la préformation, supplante provisoirement la précédente, grâce à l'utilisation du microscope qui, en 1677, permet l'observation des spermatozoïdes. Cette découverte, s'ajoutant à celle des follicules dans l'ovaire de mammifères faite par R. De Graaf, est interprétée à l'époque comme une preuve que l'être serait préformé, soit dans l'œuf, pour les ovistes, soit dans le spermatozoïde, pour les animalculistes. Parmi les ovistes se rangent Malpighi, Buffon, Malebranche et Bonnet. Les imaginations se donnent libre cours. C'est alors que Bonnet exprime sa fameuse hypothèse de l'« emboîtement des germes ». L'ovaire d'Ève, mère de l'espèce humaine, aurait contenu les germes des êtres humains, emboîtés les uns dans les autres, d'autant plus petits qu'ils sont éloignés dans le temps de la première femme. Chaque embryon est un être en miniature, le développement n'est qu'un déplissement des formes. Pour les animalculistes, comme A. Leeuwenhoek, Hatsoekerq, Leibniz, Andry, Delenpatius, au contraire, l'œuf n'est qu'un terrain nutritif, c'est dans le spermatozoïde que l'être est préformé. Mais la découverte, par Bonnet, de la parthénogenèse chez le puceron vient renforcer considérablement la théorie des ovistes. Les spermatozoïdes sont complètement discrédités et on ne les considère plus que comme des parasites. Il faut attendre 1786 et les travaux de L. Spallanzani pour que le rôle des spermatozoïdes dans la fécondation soit vraiment établi. Spallanzani accouple des grenouilles dont les mâles sont revêtus de petites culottes de taffetas. Il constate que, dans ces conditions, les œufs n'évoluent pas. Mais, si on verse sur[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeur de biologie de la reproduction à l'université de Paris-VI-Pierre-et-Marie-Curie
  • : docteur ès sciences, chargée de recherche au C.N.R.S.
  • : docteur ès sciences, maître de recherche au C.N.R.S.
  • : professeur à la faculté des sciences de Fribourg, Institut de biologie animale

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Gastrulation chez les oiseaux

Gastrulation chez les oiseaux

Développement comparé d'embryons

Développement comparé d'embryons

Gastrulation

Gastrulation

Autres références

  • ABDOMEN

    • Écrit par Claude GILLOT
    • 6 346 mots
    • 9 médias
    Quelques notions d'embryologie éclaireront l'évolution du péritoine. Le tube digestif initial est sagittal (fig. 5) et présente de haut en bas différents segments. L'œsophage abdominal est court ; l'estomac a la forme d'une poche qui dirige sa concavité, la petite courbure, du côté ventral. Le duodénum...
  • AGASSIZ LOUIS (1807-1873)

    • Écrit par Stéphane SCHMITT
    • 1 396 mots
    • 1 média
    ...de ces descriptions des lois générales. Ainsi, il tente de mettre en évidence l’existence d’un « triple parallélisme » entre les stades successifs du développement embryonnaire, l’échelle des êtres actuels (des plus simples aux plus complexes) et les séries de fossiles des différentes couches géologiques....
  • ANIMAUX MODES DE REPRODUCTION DES

    • Écrit par Catherine ZILLER
    • 4 447 mots
    • 4 médias
    Chezde nombreux animaux, la ségrégation de la lignée germinale est précoce, et s'établit dès les premiers stades du développement embryonnaire. Ainsi, chez l'ascaris du cheval, l'œuf fécondé est polarisé : un pôle « animal » et un pôle « végétatif » différent morphologiquement par l'aspect des...
  • BAER KARL ERNST VON (1792-1876)

    • Écrit par Jacqueline BROSSOLLET
    • 690 mots

    Naturaliste russe, Karl Ernst von Baer domina la science de son époque et fut l'un des pionniers de l'embryologie moderne. Né en Estonie d'une famille prussienne, il étudie la médecine à l'université de Dorpat (actuellement Tartu), passe sa thèse en 1814, puis voyage durant trois ans (Vienne,...

  • Afficher les 57 références

Voir aussi