RELIURE

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Une technique ancestrale

De nos jours encore, pour toute reliure soignée, les premières opérations demeurent affaire d'artisan. Il s'agit, prenant un livre broché, de collationner le bon ordre des cahiers, puis, après avoir laissé un certain temps le volume sous presse, de coudre entre eux les cahiers. L'ouvrier pratique la couture sur nerfs, formant des saillies au dos du volume, ou le grécage, les fils venant se loger dans des entailles faites à la pliure des cahiers (reliure à dos long). Des cartons rectangulaires forment les plats de la reliure et sont fixés à l'extrémité des nerfs. L'intérieur des plats est protégé par des contre-gardes et des gardes, tandis que la tranche du volume est souvent teinte ou dorée. Le relieur recouvre ensuite de cuir ou de toile la totalité des plats (reliure pleine), ou seulement le dos et les coins (demi-reliure), ou encore le bord des plats (reliure à bandes). Les peaux les plus solides et les plus belles sont le maroquin et le chagrin (peau de chèvre). Le veau est lisse et se prête à de beaux effets, mais il est fragile. Le parchemin a tendance à devenir cassant. La basane (peau de mouton) est moins solide que beaucoup de toiles communément employées de nos jours. La couvrure terminée, un ouvrier spécialisé, le doreur, exécute le décor, qui peut être de son invention, ou encore dû à un maître. Il utilise des fers à dorer (fleurons, filets) et des roulettes, chauffés au four et poussés directement sur le cuir (reliure à froid), ou, plus souvent, pousse ces fers sur des feuilles d'or posées sur le cuir (reliure dorée) ; souvent aussi, il sertit les plats de fines lamelles de peaux (reliure mosaïquée).

Depuis le xixe siècle, les opérations de la reliure industrielle ont quelque peu évolué. Aujourd'hui, les cahiers, pliés et empilés mécaniquement, sont munis au dos de mousseline. Celle-ci est encollée à l'intérieur des plats d'un cartonnage, préalablement décoré.

Les premières reliures

L'Orient, l'Antiquité et le Bas-Empire

De tout temps, les hommes ont ép [...]


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Écrit par :

  • : ancien membre de l'École française de Rome, conservateur en chef de la bibliothèque de l'Arsenal
  • : journaliste, chargé de cours à l'École supérieure Estienne

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Pour citer l’article

Jacques GUIGNARD, Pascal FULACHER, « RELIURE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/reliure/