PARCHEMIN

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Peau de mouton, de veau ou de chèvre spécialement préparée pour recevoir l'écriture. La peau de très jeune veau, d'une grande finesse, est dite « vélin ». L'invention du parchemin, attribuée par la légende aux habitants de Pergame (d'où le nom de pergamenum), date sans doute du début de l'ère chrétienne. C'est vers le ive siècle qu'il a commencé à concurrencer le papyrus, dont la fabrication s'est poursuivie jusqu'au milieu du xe siècle en Égypte et jusqu'au xie siècle en Sicile. Le parchemin est apparu en Europe au cours du viie siècle et l'emploi s'en est généralisé au viiie, en partie en raison des qualités propres du nouveau support (robustesse supérieure à celle du papyrus), en partie pour pallier les difficultés d'approvisionnement en papyrus liées à la conquête arabe.

Du ixe au xive siècle, le parchemin a été le support normal de l'écriture en Occident. Les actes ont été rédigés sur les peaux ou sur des fragments de formes et de tailles très diverses, car on utilisait la moindre partie des peaux naturelles (certains mandements ou certaines quittances sont de simples languettes). Calibrées, les peaux ont été pliées et reliées en forme de codex (manuscrits, cartulaires, registres). Elles ont souvent été cousues bout à bout en des rouleaux (rôles) qui atteignent parfois plusieurs dizaines de mètres de long.

Le prix des peaux a conduit au réemploi fréquent de pièces dont l'intérêt juridique avait disparu, qu'on lavait et grattait d'autant plus aisément que la peau était grossière. On appelle palimpsestes les manuscrits (surtout du haut Moyen Âge) dont les pages ont ainsi porté successivement deux textes, dont le plus ancien peut parfois être révélé par un traitement chimique ou optique.

Importé d'Asie, puis d'Espagne, le papier a été considéré en Occident, du xie au xive siècle, comme une curiosité fort onéreuse. La multiplication des moulins à papier au xive siècle et l'abaissement des prix de revient, en même temps qu'une meilleure résistance à la déchirure, ont provoqué à la fin du Moyen Âge le rapide déclin du parchemin dans l'usage courant. Dès le xve siècle, ce n'était plus que la matière de manuscrits de luxe ou d'actes solennels. L'invention de l'imprimerie entraîna l'effacement définitif du parchemin, qui subsista cependant jusqu'au xixe siècle pour divers types de diplômes et d'actes officiels.

—  Jean FAVIER

Écrit par :

  • : membre de l'Institut, directeur général des Archives de France

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Pour citer l’article

Jean FAVIER, « PARCHEMIN », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/parchemin/