PROUDHON PIERRE JOSEPH (1809-1865)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Proudhon

Proudhon
Crédits : Nadar/ Getty Images

photographie

Kropotkine, vers 1910

Kropotkine, vers 1910
Crédits : Hulton Getty

photographie


Paysan de souche et ouvrier de condition, manuel d'origine et intellectuel d'accession, praticien par profession et théoricien par vocation, pragmatique par tempérament et moraliste par caractère, économiste et sociologue par observation, politique et éducateur par induction, Proudhon apparaît comme un microcosme du peuple français. Sa naissance et sa vie revêtent par elles-mêmes une double et même signification historique : l'avènement du prolétaire à l'intelligence de sa condition et de son émancipation, l'émergence de la société industrielle dans sa dimension planétaire.

Proudhon

Proudhon

Photographie

Le journaliste politique français Pierre Joseph Proudhon (1809-1865). Son système de pensée lui fait rejeter le socialisme utopique et forger le concept de socialisme scientifique, fondé sur une science de la société méthodiquement découverte et rigoureusement appliquée.. 

Crédits : Nadar/ Getty Images

Afficher

Dans une œuvre géniale, au foisonnement déconcertant, mais d'une cohérence interne rigoureuse, tous les sujets et les problèmes de l'humanité sont abordés avec un sens surprenant de la projection et de la prospective. « Je sais ce que c'est que la misère, écrit Proudhon. J'y ai vécu. Tout ce que je sais, je le dois au désespoir. » Une telle vie aurait pu faire un aigri. Une formidable santé physique et morale, une prodigieuse intelligence, un tempérament résolument pragmatique en firent un réaliste. Proudhon décide de consacrer sa vie « à l'émancipation de ses frères et compagnons » (lettre à l'académie de Besançon), et, face au monde établi, il se dresse comme « un aventurier de la pensée et de la science ».

Science et liberté, socialisme scientifique et socialisme libéral, libéral car scientifique, et pluraliste parce que libéral : telle est l'originalité de la pensée de Proudhon, par rapport aux socialistes utopiques de son siècle et aux conséquences dogmatiques de la pensée scientifique de Marx. « La souveraineté de la volonté cède devant la souveraineté de la raison, et finira par s'anéantir dans un socialisme scientifique. » « La liberté est anarchie parce qu'elle n'admet pas le gouvernement de la volonté mais seulemen [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages




Écrit par :

  • : docteur ès lettres, ès sciences économiques, docteur en droit, professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne, directeur du Centre d'études et de recherches pour le développement intégré

Classification


Autres références

«  PROUDHON PIERRE JOSEPH (1809-1865)  » est également traité dans :

QU'EST-CE QUE LA PROPRIÉTÉ ? Pierre-Joseph Proudhon - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Éric LETONTURIER
  •  • 1 022 mots
  •  • 1 média

Après un traité de linguistique et un mémoire Sur l'utilité de la célébration du dimanche, Proudhon (1809-1865), esprit indépendant et imprimeur de son état, signe en 1840 une réflexion iconoclaste et restée célèbre sur l'idée de propriété qu'il poursuivra sous f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/qu-est-ce-que-la-propriete/#i_1277

ANARCHISME

  • Écrit par 
  • Henri ARVON, 
  • Jean MAITRON, 
  • Robert PARIS
  • , Universalis
  •  • 13 332 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Le « mutuellisme » »  : […] Proudhon s'efforce d'inscrire la défense de l'autonomie individuelle dans le cadre de la réalité sociale elle-même. Or, pour ce faire, il lui faut lutter contre le pouvoir oppresseur et démoralisant du capital. Afin de l'évincer de la vie sociale et économique, il envisage la suppression du numéraire et la gratuité du crédit et de l'escompte. L'arg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anarchisme/#i_1277

COMMUNISME - Histoire

  • Écrit par 
  • Annie KRIEGEL
  •  • 13 804 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « La naissance du mouvement ouvrier »  : […] Cependant, la transformation industrielle de la société se fait avec de trop violents à-coups – parmi lesquels la baisse généralisée des salaires, la mise au travail des femmes et des enfants, l'extension du paupérisme et l'aliénation à l'outil productif – pour que de premières révoltes, le luddisme en Angleterre ou l'insurrection des canuts de Lyo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/communisme-histoire/#i_1277

ÉCONOMIE SOCIALE

  • Écrit par 
  • Éric BIDET
  •  • 6 004 mots

Dans le chapitre « L'école de la liberté »  : […] La t roisième école, à travers son inspiration libérale, valorise la figure de l’entrepreneur. Elle défend la liberté individuelle comme socle de la justice sociale et voit dans l'association des travailleurs « un moyen de rationaliser le système économique, d'augmenter la productivité et, en matière sociale, d'associer tous les travailleurs aux r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-sociale/#i_1277

FÉDÉRALISME

  • Écrit par 
  • Carl Joachim FRIEDRICH
  • , Universalis
  •  • 5 358 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Controverses au XIXe siècle »  : […] Cependant, une telle conception dualiste a donné lieu à de sérieuses controverses ; le problème fut bien mis en lumière dans l'extraordinaire doctrine des majorités concurrentes de John Calhoun ( Disquisition on Government , 1851) : on ne peut connaître la volonté d'une communauté qu'en tenant compte des majorités de chacun des groupes principaux q […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/federalisme/#i_1277

LEFRANÇOIS GUSTAVE (1826-1901)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 399 mots

Sorti deuxième de l'école normale d'instituteurs de Versailles, Gustave Lefrançois ne peut, en raison de ses idées révolutionnaires, exercer son métier. Aussi devient-il commis aux écritures. À la révolution de 1848, il fonde l'Association des instituteurs socialistes. Son programme d'éducation, qu'il publie, le fait arrêter et condamner en juin 18 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-lefrancois/#i_1277

LONGUET CHARLES (1840-1903)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 381 mots

Né à Caen d'une famille monarchiste, Charles Longuet commence ses études de droit et dirige Les Écoles de France et La Rive gauche, organes de l'opposition. Il a alors la réputation d'être blanquiste. Exilé en Belgique, puis à Londres, il entre en janvier 1862 au Conseil général de l'Internationale et devient secrétaire correspondant pour la Belg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-longuet/#i_1277

MARX KARL (1818-1883)

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 8 533 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La jeunesse (1818-1846) »  : […] À l'époque de la jeunesse de Karl Marx, la contradiction principale d'où résultent les caractéristiques de l'histoire européenne commence seulement à se manifester comme contradiction de la bourgeoisie capitaliste et du prolétariat industriel. Son développement est extrêmement inégal. En Allemagne, où Marx reste jusqu'à la fin de 1843, la bourgeois […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-marx/#i_1277

RAPPORT SOCIAL

  • Écrit par 
  • François VATIN
  •  • 1 476 mots

Si l’expression « rapport social » est parfois utilisée, le pluriel est beaucoup plus usité. Elle apparaît à l’entrée « social » dans la septième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1835). À l’entrée « rapport », on lit cette courte définition : « se dit souvent des relations que les hommes ont entre eux ». Dans le Dictionnaire d’Émile […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rapport-social/#i_1277

SOREL GEORGES (1847-1922)

  • Écrit par 
  • Louis SOUBISE
  •  • 2 241 mots

Dans le chapitre « Évolution et filiation ambivalentes »  : […] L'accueil fait aux Réflexions a été ambigu. Elles ne pouvaient qu'attirer la commisération des « socialistes » qui les ressentaient comme une rêverie, d'autant que, curieusement, ces positions semblaient rejoindre, au moins en surface, l'antidémocratisme de droite des maurrassiens. L'Action française a fait un succès au livre de Sorel ; le sorélie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-sorel/#i_1277

VARLIN EUGÈNE (1839-1871)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 613 mots

Né dans une famille de paysans pauvres, Eugène Varlin entre en apprentissage chez un oncle relieur. Devenu ouvrier relieur, il découvre Proudhon, le lit ardemment, et participe, dès 1857, à la fondation des sociétés de secours mutuel. Très vite, il s'oppose au mutuellisme réformiste que Tolain croyait pouvoir tirer de Proudhon et préconise un colle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-varlin/#i_1277

VERMOREL AUGUSTE (1841-1871)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 504 mots

Fils d'un instituteur du Rhône, il est journaliste à vingt ans et fonde La Jeune France , qui lui vaut deux condamnations. Il crée, avec un groupe de jeunes proudhoniens, Le Courrier français , qui va connaître une grande audience. « Nous avons relevé, écrit Vermorel dans Le Courrier français , le drapeau socialiste affirmant les grands principes d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/auguste-vermorel/#i_1277

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean BANCAL, « PROUDHON PIERRE JOSEPH - (1809-1865) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 07 mars 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-joseph-proudhon/