PROUDHON PIERRE JOSEPH (1809-1865)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Médias de l’article

Proudhon

Proudhon
Crédits : Nadar/ Getty Images

photographie

Kropotkine, vers 1910

Kropotkine, vers 1910
Crédits : Hulton Getty

photographie


Une descendance contrastée

Influences

Au lendemain de la mort de Proudhon, sa doctrine s'est répandue dans toute l'Europe. Ses articles de journaux sont passionnément lus dans les couches populaires, des livres tels que son Premier Mémoire (« ce manifeste scientifique du prolétariat français », Marx), sa Justice (« un des livres les plus importants du xixe siècle », H. de Lubac), sa Capacité politique (« ce catéchisme du mouvement ouvrier français », Gurvitch) en ont fait un chef de file du socialisme européen. En Angleterre, « Proudhon constitue une pâture toute trouvée » (Engels à Marx, 18 déc. 1850). Et de John Watt à Sidney et Beatrice Webb, G. O. H. Cole, H. Laski et G. Woodcock, on saisit la filiation trop peu connue entre proudhonisme et travaillisme. Sur le continent, ses livres, sitôt sortis, sont traduits en allemand, en espagnol et en russe. Dans sa préface de 1890 au Manifeste du Parti communiste, Engels avoue explicitement l'étendue de cette obédience proudhonienne. Le proudhonisme imprègne l'Italie, avec Ciccoti et son fédéralisme politique, l'Espagne avec les groupes de la célèbre Revista blanca, la Belgique avec le socialisme d'un César de Paepe et d'un Émile Vanderwelde, l'Allemagne avec Karl Grün, M. Diehl, Arthur Mulberger, Eduard Bernstein, et le sociologue F. Oppenheimer. Mais c'est en Russie que la doctrine proudhonienne connaît sa diffusion la plus large et une célébrité extraordinaire grâce à Herzen et à ses amis. Le populisme éducatif d'un Lavrov, l'anarchisme d'un Bakounine, d'un Kropotkine se réclameront de la pensée de « l'illustre et héroïque socialiste » (Bakounine). Et la fascination de Tolstoï envers la personne, les idées, le style de Proudhon lui fera emprunter textuellement titres, phrases et thèmes politiques et philosophiques (Guerre et paix, Qu'est-ce que l'art ?, etc.).

Kropotkine, vers 1910

Kropotkine, vers 1910

Photographie

Piotr Alexeïevitch Kropotkine (1842-1921), théoricien russe de l'anarchisme, ici vers 1910. 

Crédits : Hulton Getty

Afficher

L'influence déterminante de la pensée de Proudhon sur Marx est maintenant plein [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 9 pages




Écrit par :

  • : docteur ès lettres, ès sciences économiques, docteur en droit, professeur à l'université de Paris-III-Sorbonne, directeur du Centre d'études et de recherches pour le développement intégré

Classification


Autres références

«  PROUDHON PIERRE JOSEPH (1809-1865)  » est également traité dans :

QU'EST-CE QUE LA PROPRIÉTÉ ? Pierre-Joseph Proudhon - Fiche de lecture

  • Écrit par 
  • Éric LETONTURIER
  •  • 1 022 mots
  •  • 1 média

Après un traité de linguistique et un mémoire Sur l'utilité de la célébration du dimanche, Proudhon (1809-1865), esprit indépendant et imprimeur de son état, signe en 1840 une réflexion iconoclaste et restée célèbre sur l'idée de propriété qu'il poursuivra sous f […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/qu-est-ce-que-la-propriete/#i_1277

ANARCHISME

  • Écrit par 
  • Henri ARVON, 
  • Jean MAITRON, 
  • Robert PARIS
  • , Universalis
  •  • 13 332 mots
  •  • 7 médias

Dans le chapitre « Le « mutuellisme » »  : […] Proudhon s'efforce d'inscrire la défense de l'autonomie individuelle dans le cadre de la réalité sociale elle-même. Or, pour ce faire, il lui faut lutter contre le pouvoir oppresseur et démoralisant du capital. Afin de l'évincer de la vie sociale et économique, il envisage la suppression du numéraire et la gratuité du crédit et de l'escompte. L'arg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/anarchisme/#i_1277

COMMUNISME - Histoire

  • Écrit par 
  • Annie KRIEGEL
  •  • 13 804 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « La naissance du mouvement ouvrier »  : […] Cependant, la transformation industrielle de la société se fait avec de trop violents à-coups – parmi lesquels la baisse généralisée des salaires, la mise au travail des femmes et des enfants, l'extension du paupérisme et l'aliénation à l'outil productif – pour que de premières révoltes, le luddisme en Angleterre ou l'insurrection des canuts de Lyo […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/communisme-histoire/#i_1277

ÉCONOMIE SOCIALE

  • Écrit par 
  • Éric BIDET
  •  • 6 004 mots

Dans le chapitre « L'école de la liberté »  : […] La t roisième école, à travers son inspiration libérale, valorise la figure de l’entrepreneur. Elle défend la liberté individuelle comme socle de la justice sociale et voit dans l'association des travailleurs « un moyen de rationaliser le système économique, d'augmenter la productivité et, en matière sociale, d'associer tous les travailleurs aux r […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/economie-sociale/#i_1277

FÉDÉRALISME

  • Écrit par 
  • Carl Joachim FRIEDRICH
  • , Universalis
  •  • 5 358 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Controverses au XIXe siècle »  : […] Cependant, une telle conception dualiste a donné lieu à de sérieuses controverses ; le problème fut bien mis en lumière dans l'extraordinaire doctrine des majorités concurrentes de John Calhoun ( Disquisition on Government , 1851) : on ne peut connaître la volonté d'une communauté qu'en tenant compte des majorités de chacun des groupes principaux q […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/federalisme/#i_1277

LEFRANÇOIS GUSTAVE (1826-1901)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 399 mots

Sorti deuxième de l'école normale d'instituteurs de Versailles, Gustave Lefrançois ne peut, en raison de ses idées révolutionnaires, exercer son métier. Aussi devient-il commis aux écritures. À la révolution de 1848, il fonde l'Association des instituteurs socialistes. Son programme d'éducation, qu'il publie, le fait arrêter et condamner en juin 18 […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/gustave-lefrancois/#i_1277

LONGUET CHARLES (1840-1903)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 381 mots

Né à Caen d'une famille monarchiste, Charles Longuet commence ses études de droit et dirige Les Écoles de France et La Rive gauche, organes de l'opposition. Il a alors la réputation d'être blanquiste. Exilé en Belgique, puis à Londres, il entre en janvier 1862 au Conseil général de l'Internationale et devient secrétaire correspondant pour la Belg […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/charles-longuet/#i_1277

MARX KARL (1818-1883)

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 8 533 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « La jeunesse (1818-1846) »  : […] À l'époque de la jeunesse de Karl Marx, la contradiction principale d'où résultent les caractéristiques de l'histoire européenne commence seulement à se manifester comme contradiction de la bourgeoisie capitaliste et du prolétariat industriel. Son développement est extrêmement inégal. En Allemagne, où Marx reste jusqu'à la fin de 1843, la bourgeois […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/karl-marx/#i_1277

RAPPORT SOCIAL

  • Écrit par 
  • François VATIN
  •  • 1 476 mots

Si l’expression « rapport social » est parfois utilisée, le pluriel est beaucoup plus usité. Elle apparaît à l’entrée « social » dans la septième édition du Dictionnaire de l’Académie française (1835). À l’entrée « rapport », on lit cette courte définition : « se dit souvent des relations que les hommes ont entre eux ». Dans le Dictionnaire d’Émile […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/rapport-social/#i_1277

SOREL GEORGES (1847-1922)

  • Écrit par 
  • Louis SOUBISE
  •  • 2 241 mots

Dans le chapitre « Évolution et filiation ambivalentes »  : […] L'accueil fait aux Réflexions a été ambigu. Elles ne pouvaient qu'attirer la commisération des « socialistes » qui les ressentaient comme une rêverie, d'autant que, curieusement, ces positions semblaient rejoindre, au moins en surface, l'antidémocratisme de droite des maurrassiens. L'Action française a fait un succès au livre de Sorel ; le sorélie […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/georges-sorel/#i_1277

VARLIN EUGÈNE (1839-1871)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 613 mots

Né dans une famille de paysans pauvres, Eugène Varlin entre en apprentissage chez un oncle relieur. Devenu ouvrier relieur, il découvre Proudhon, le lit ardemment, et participe, dès 1857, à la fondation des sociétés de secours mutuel. Très vite, il s'oppose au mutuellisme réformiste que Tolain croyait pouvoir tirer de Proudhon et préconise un colle […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/eugene-varlin/#i_1277

VERMOREL AUGUSTE (1841-1871)

  • Écrit par 
  • Jean BANCAL
  •  • 504 mots

Fils d'un instituteur du Rhône, il est journaliste à vingt ans et fonde La Jeune France , qui lui vaut deux condamnations. Il crée, avec un groupe de jeunes proudhoniens, Le Courrier français , qui va connaître une grande audience. « Nous avons relevé, écrit Vermorel dans Le Courrier français , le drapeau socialiste affirmant les grands principes d […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/auguste-vermorel/#i_1277

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean BANCAL, « PROUDHON PIERRE JOSEPH - (1809-1865) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-joseph-proudhon/