PHYSIOGNOMONIE

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D'Aristote à Lavater

Le texte fondateur de la physiognomonie, les Physiognomonica, fut longtemps attribué à Aristote lui-même et appartient sans doute à son école. Plus tard, trois autres auteurs y puisèrent tout en le complétant : le sophiste grec Polémon (iie s. apr. J.-C.), un anonyme latin parfois identifié à Apulée (iiie ou ive s.) et le médecin et sophiste juif Adamantius (ive ou ve s.). À la base, un postulat auquel divers courants philosophiques apportent leur explication sous forme de mythes : il y a une étroite interdépendance entre l'âme et le corps qu'elle a façonné. De même que pour soigner l'un il faut passer par l'autre, pour connaître l'âme il faut donc regarder le corps : l'aspect de ses différentes parties permet de déceler les inclinations et les penchants naturels. Les traités se divisent en deux sections. Dans la première, on dresse la liste des segments du corps, en commençant par la tête, avec en regard les indications d'ordre moral qu'ils fournissent selon leur forme, leurs dimensions, leur couleur. L'éclat des yeux, le timbre de la voix, la démarche et les mouvements comptent parmi les traits permanents, au même titre que la morphologie : couleur des cheveux, forme du front, du nez, du dos, etc. La seconde section donne la liste des « caractères » (au sens de Théophraste) avec en regard les traits physiques correspondants. Il y a donc double entrée.

Pour établir leurs listes de signes physiques et de significations morales, les physiognomonistes antiques ont peut-être fait appel à des observations personnelles, mais ils ont surtout eu recours aux lieux communs sur les sexes et les âges et à tous les textes donnant des portraits à la fois physiques et moraux : ceux de la médecine humorale, selon laquelle les tempéraments résultant de la prédominance d'une humeur se manifestent à la fois par l'aspect et le caractère ; de l'historiographie, qui dépeint les grands hommes ; de la géographie, qui décrit le faciès et les mœurs des [...]


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Pour citer l’article

Anne-Marie LECOQ, « PHYSIOGNOMONIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 09 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/physiognomonie/