NIGERIA

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

quelques données-clés.
Nom officielRépublique fédérale du Nigeria (NG)
Chef de l'État et du gouvernementMuhammadu Buhari (depuis le 29 mai 2015)
CapitaleAbuja
Langue officielleanglais
Unité monétairenaira (NGN)
Population217 376 000 (estim. 2022)
Superficie (km2)923 768

Le Nigeria indépendant

Un système fédéral dominé par les régions (1960-1966)

L'autonomie accordée aux trois (puis quatre) régions dans le cadre du système fédéral a permis de préserver l'unité nigériane, mais constitue également une entrave à l'exercice de l'autorité fédérale. Les trois forces politiques principales contrôlent le gouvernement des trois régions et, dès 1961, tendent à s'y ériger en partis uniques. Dans le Nord, il en résulte de violents incidents en pays tiv dès 1960, puis à nouveau en 1964. Dans la région orientale, le NCNC est également hostile à toute représentation autonome des minorités du Sud-Est qui expriment de manière parfois violente leurs revendications. Toutefois, les tensions les plus graves éclatent dans la région occidentale contrôlée par l'Action Group : en mai 1962, les partisans de Obafemi Awolowo au sein de l'Assemblée régionale adoptent une motion de défiance à l'égard du gouvernement régional de S. Akintola, jugé trop conciliant envers la coalition gouvernementale à l'échelon fédéral. De graves incidents provoqués par les partisans d'Akintola aboutissent à une proclamation de l'état d'urgence, puis à la nomination d'administrateurs et de ministres intérimaires par le gouvernement fédéral. Awolowo et ses principaux partisans sont arrêtés et condamnés pour haute trahison à de lourdes peines de prison. Enfin, la région Ouest est affaiblie par un redécoupage qui se traduit par l'établissement d'une quatrième région, le Midwest, en 1964. Parallèlement, les rapports entre les composantes de la coalition fédérale se dégradent : les élections générales de 1964 provoquent un éclatement de la coalition NPC-NCNC au profit d'alliances organisées sur la base d'une dichotomie entre le Nord (Nigerian National Alliance comprenant le NPC et la faction Akintola de l'Action Group) et le Sud (United Progressive Grand Alliance, ou UPGA, formée par le NCNC, les membres de l'Action Group encore en liberté et les partis du Nord minoritaires). Les fraudes électorales dans le Nord conduisent l'UPGA à boycotter le scrutin dans le Sud. Une grave crise politico-constitutionnelle s'ensuit entre le Premier ministre et le président de la Fédération (le Nigeria est devenu une république au sein du Commonwealth en 1963). Un compromis sera finalement trouvé avec la formation d'un cabinet fédéral élargi et l'organisation de nouvelles élections dans l'Est et dans l'Ouest (nov. 1965) où la violence politique atteint à cette occasion des sommets inégalés.

L'unité nigériane menacée (1966-1970)

Le 14 janvier 1966, c'est un régime discrédité qu'un petit groupe d'officiers supérieurs renverse : vingt-sept personnalités civiles, dont le Premier ministre fédéral (A. Tafawa Balewa), ainsi que les Premiers ministres du Nord (A. Bello) et de l'Ouest (S. Akintola), sont assassinées. Le coup d'État, conduit par le major Nzéogwu, échoue toutefois lorsque le général Aguiyi-Ironsi, chef d'état-major des forces armées et ibo, comme la quasi-totalité des putschistes, prend la tête d'un contrecoup d'État et négocie la reddition des mutins. Sa popularité initiale subit une érosion rapide du fait de son refus de traduire les putschistes devant les tribunaux, mais aussi et surtout de son annonce (mai 1966) de l'abolition prochaine du système fédéral au profit d'un gouvernement unitaire. Une violente réaction s'ensuit dans le Nord où les nouvelles dispositions sont considérées comme un moyen d'asseoir la domination du Sud, et tout particulièrement des Ibo. À Zaria, dans le Nord, des manifestations estudiantines dégénèrent en émeutes au cours desquelles une centaine d'Ibo sont tués. Le 29 juillet 1966, le général Aguiyi-Ironsi est à son tour assassiné à Ibadan par des soldats du Nord ; de nombreux soldats de l'Est périssent également dans des mutineries qui éclatent au même moment dans des garnisons du Nord, de l'Ouest et de Lagos. Le pays est au bord de la désintégration lorsque le lieutenant-colonel Yakubu Gowon, officier le plus gradé de la région septentrionale, est nommé président du Conseil militaire suprême. Yakubu Gowon est originaire d'un groupe minoritaire du Nord nigérian. De religion chrétienne, il n'a pas participé au coup d'État ni trempé dans les mutineries. Son premier geste est de rapporter les décrets centralisateurs du mois de mai, avant de convoquer une conf [...]

Yakubu Gowon

Photographie : Yakubu Gowon

Le général Yakubu Gowon, chef de l'État nigérian de 1966 à 1975. 

Crédits : Central Press/ Hulton Archive/ Getty Images

Afficher

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 18 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Médias

Nigeria : carte physique

Nigeria : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

carte

Nigeria : drapeau

Nigeria : drapeau
Crédits : Encyclopædia Universalis France

drapeau

Marché à Lagos

Marché à Lagos
Crédits : Frédéric Soltan/ Getty Images

photographie

Lagos (Nigeria)

Lagos (Nigeria)
Crédits : Olasunkanmi ariyo/ Getty Images

photographie

Afficher les 18 médias de l'article

Écrit par :

  • : directeur de recherche émérite au CNRS, Centre Émile-Durkheim, Sciences Po Bordeaux

Classification

Autres références

«  NIGERIA  » est également traité dans :

ARTS DU NIGERIA (exposition)

  • Écrit par 
  • Vincent BOULORÉ
  •  • 1 554 mots

Réputés pour leur ancienneté et leur extrême diversité stylistique, les arts du Nigeria occupent une place de choix dans l'histoire de l'art africain. Les terres cuites de Nok (600 av.-250 apr. J.-C.), l'art d'Ifè (ixe-xve siècle) et celui, palatial, du […] Lire la suite

ABUJA

  • Écrit par 
  • Daniel C. BACH
  •  • 336 mots
  •  • 1 média

C'est en février 1976 que, sur la base des recommandations d'une commission d'enquête, les militaires à la tête du Nigeria décident de créer une nouvelle capitale fédérale au cœur du pays, mettant ainsi fin à plusieurs décennies d'atermoiements. La décision de créer une ville nouvelle dans la zone de savane du vaste plateau central, à proximité du village d'Abuja, va de pair avec la création d'une […] Lire la suite

ACHEBE CHINUA (1930-2013)

  • Écrit par 
  • Michel FABRE
  •  • 432 mots

Né à Ogidi, au Nigeria, Achebe a étudié à Ibadan et à Londres avant de travailler, dès 1954, à la radio nigériane comme producteur puis directeur régional. Directeur des éditions Citadel Books à Enugu, il a fondé et dirigé de 1962 à 1972 la célèbre collection Écrivains africains aux éditions Heinemann et dirige, depuis 1962, la revue littéraire Okike . Fort actif pendant la guerre civile, il s'est […] Lire la suite

AFRIQUE (Histoire) - Les décolonisations

  • Écrit par 
  • Marc MICHEL
  •  • 12 323 mots
  •  • 25 médias

Dans le chapitre « L'Afrique noire anglophone »  : […] La Grande-Bretagne s'engagea la première dans la voie de la décolonisation en Afrique de l'Ouest, où la situation était plus « mûre » qu'ailleurs, et sur les marges du monde noir. Au Soudan, le problème était étroitement lié à l'avenir des relations anglo-égyptiennes. Le processus de transfert de souveraineté y fut très précoce. S'appuyant sur le statut juridique de condominium anglo-égyptien dep […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Culture et société) - Littératures

  • Écrit par 
  • Jean DERIVE, 
  • Jean-Louis JOUBERT, 
  • Michel LABAN
  •  • 16 605 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Littératures d'Afrique anglophone »  : […] Le prix Nobel décerné en 1986 à l'écrivain nigérian Wole Soyinka a certainement contribué à la reconnaissance internationale de l'excellence des littératures africaines, et en particulier de la vitalité de celles d'Afrique anglophone, longtemps éclipsées par le bruit fait autour de la négritude. En effet, l'Afrique anglophone, peut-être plus pragmatique, s'était d'abord manifestée par la plume d'h […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Histoire et traditions

  • Écrit par 
  • Jean DEVISSE, 
  • Francis GEUS, 
  • Louis PERROIS, 
  • Jean POLET
  • , Universalis
  •  • 6 686 mots

Dans le chapitre « L'art méroïtique »  : […] On ne connaît pas l'origine des hommes qui prirent en main au viii e  siècle avant J.-C. les destinées de la Nubie, mais, s'ils furent sans conteste les héritiers des rois de Kerma et de leurs éventuels prédécesseurs de Qoustoul, ils se réclamèrent vigoureusement des traditions de l'Égypte pharaonique. S'appuyant sur Amon, dieu suprême de l'Égypte thébaine, et sur son clergé de Napata, où un temp […] Lire la suite

AFRIQUE NOIRE (Arts) - Aires et styles

  • Écrit par 
  • Claire BOULLIER, 
  • Geneviève CALAME-GRIAULE, 
  • Michèle COQUET, 
  • François NEYT
  • , Universalis
  •  • 15 142 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La culture Nok »  : […] La culture Nok, découverte fortuitement au cours du xx e  siècle dans le centre du Nigeria, reste aujourd'hui encore peu connue. De récentes datationss tendent à prouver qu'elle se serait épanouie au cours du I er  millénaire avant notre ère. Les matériels issus des fouilles ont également démontré que les Nok étaient sédentaires, agriculteurs, et qu'ils maîtrisaient la fabrication du fer, mais on […] Lire la suite

AZIKIWE NNAMDI (1904-1996)

  • Écrit par 
  • Dominique QUENTIN
  •  • 600 mots
  •  • 1 média

Homme politique africain d'origine ibo (ethnie dominante dans la région orientale du Nigeria), Nnamdi Azikiwe arrive aux États-Unis en 1925 et y restera jusqu'en 1935. Il poursuit ses études à l'université de Pennsylvanie et obtient un doctorat d'anthropologie et de philosophie en 1929. Il conserve de son séjour outre-Atlantique un goût très vif pour les sports et une passion pour tout ce qui touc […] Lire la suite

BÉNIN

  • Écrit par 
  • Richard BANÉGAS
  •  • 8 254 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Le Bénin, « État-entrepôt » »  : […] Cette stabilité reposait également sur une habile gestion du commerce international. Pendant dix-sept ans, en effet, le Bénin a tiré parti de la rente de situation d'une économie de transit, en particulier de sa dépendance vis-à-vis du Nigeria. Jouant depuis longtemps le rôle de port de transit pour les économies enclavées des pays du Sahel, Cotonou a vu ses activités de réexportation exploser da […] Lire la suite

BÉNOUÉ

  • Écrit par 
  • Marie-Christine AUBIN
  •  • 280 mots
  •  • 1 média

Affluent du Niger qui prend sa source dans le massif de l'Adamaoua, à la frontière du Cameroun et du Nigeria, la Bénoué coule dans un fossé tectonique, très large et à faible pente, dont la formation s'est accompagnée de volcanisme : massif de l'Adamaoua, îles du golfe de Guinée (Bioko, Sao Tomé, Annobón, Príncipe). Ce fossé, d'âge crétacé, a été ennoyé par des sédiments calcaires durant le bas Cr […] Lire la suite

Voir aussi

Les derniers événements

5 avril 2022 Nigeria. Lourde condamnation d'un militant athée.

Ancien président de l’Association des humanistes du Nigeria, qui prône la primauté des droits humains sur les préceptes religieux, Mubarak Bala avait été arrêté en avril 2020 pour avoir posté sur le réseau social Facebook des messages critiquant l’islam et le prophète Mahomet. En janvier 2021, la condamnation à mort pour « blasphème » du musicien membre d’une confrérie soufie Yahaya Sharif-Aminu, prononcée en août 2020, avait été annulée en appel, dans l’attente d’un nouveau procès. […] Lire la suite

1er-12 juillet 2021 Finances mondiales. Suspension du projet européen de taxe numérique.

Seuls s’opposent au projet la Barbade, l’Estonie, la Hongrie, l’Irlande, le Kenya, le Nigeria, le Pérou, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et le Sri Lanka. Le 10, le G20 réuni à Venise approuve, après le G7 en juin, l’accord sur la taxation des multinationales. La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen déclare que cet accord « invite les pays à accepter de démanteler les taxes numériques existantes, que les États-Unis considèrent comme discriminatoires, et à s’abstenir d’instaurer des mesures similaires à l’avenir ». […] Lire la suite

4 juin 2021 Nigeria. Confirmation de la mort du chef djihadiste Abubakar Shekau.

Le chef de l’organisation État islamique en Afrique de l’Ouest, Abu Musab al-Barnawi, confirme la mort d’Abubakar Shekau, chef de l’organisation Boko Haram, survenue en mai lors d’un affrontement entre les forces de leurs deux groupes près de Maiduguri, capitale de la province de Borno, dans le nord-est du pays. Auteur de nombreux massacres et pillages à travers le pays, Abubakar Shekau était également responsable de plusieurs enlèvements de lycéennes dont celui commis à Chibok en avril 2014. […] Lire la suite

8 février - 2 mars 2021 Nigeria. Nouveaux enlèvements d'élèves.

Le 8, les autorités de l’État de Zamfara annoncent la reddition, contre son amnistie, d’Awwalun Daudawa, le chef du groupe armé qui avait kidnappé trois cent quarante-quatre élèves d’un pensionnat de Kankara, dans l’État de Katsina, en décembre 2020, pour le compte de Boko Haram. Le 17, trente-huit personnes, dont vingt-quatre écoliers, sont enlevées dans le pensionnat de Kagara, dans l’État de Niger. […] Lire la suite

11-17 décembre 2020 Nigeria. Enlèvement de centaines d'élèves.

Le 11, trois à quatre cents collégiens et lycéens sont enlevés à Kankara, dans l’État nordiste de Katsina, jusque-là relativement épargné par les violences djihadistes. Le 15, l’opération est revendiquée par Abubakar Shekau, chef d’une des deux factions de Boko Haram – nom signifiant « l’éducation occidentale est un péché » en langue haoussa. En avril 2014, Boko Haram avait enlevé deux cent soixante-dix lycéennes à Chibok, dans l’État de Borno, son principal théâtre d’opérations. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Daniel C. BACH, « NIGERIA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 novembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/nigeria/