NATALISME

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Histoire du natalisme

On fixe d'habitude le début du natalisme en France à la fondation, en 1896, de l'Alliance nationale pour l'accroissement de la population française par Jacques Bertillon, chef du bureau de statistiques de la ville de Paris. Cette association républicaine qui compte parmi ses membres des personnalités de gauche (Émile Zola, Émile Cheysson) et de droite (les économistes Alfred de Foville et Paul Leroy-Beaulieu) va progressivement se rapprocher des ligues de moralité telle que la « ligue française pour le relèvement de la moralité publique » de Paul Bureau. En 1913, Bertillon, laïc et dreyfusard s'efface devant le secrétaire général Fernand Boverat, familialiste et conservateur, qui obtient la reconnaissance d'utilité publique pour l'Alliance et qui lui imprimera jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale un tour moralisant et parfois racial (il publie par exemple sous l'égide de l'Alliance en 1931 son ouvrage La race blanche va-t-elle disparaître ?). La propagande nataliste de l'Alliance se concrétise par la loi de 1920 prohibant toute information relative à la contraception et renforçant les sanctions contre l'avortement. Elle se manifeste aussi dans la promulgation du Code de la famille en 1939. Sous Vichy, elle s'associe sans hésiter au mot d'ordre du maréchal Pétain « Travail, Famille, Patrie ». À la Libération sont créés un Haut Comité de la population présidé par le président de la République, un institut de recherche destiné selon ses statuts à étudier les moyens d'accroître la natalité (l'I.N.E.D., Institut national d'études démographiques) et un système généralisé d'allocations familiales. À partir de cette époque, de nombreuses mesures à caractère nataliste ont été prises (quotient familial, primes pour le troisième enfant). L'Alliance existe toujours ainsi que sa revue après plusieurs changements de dénomination. Les principaux directeurs [...]

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 5 pages

Écrit par :

  • : directeur d'études à l'École des hautes études en sciences sociales, directeur de recherche à l'Institut national d'études démographiques, directeur du laboratoire de démographie historique au C.N.R.S.

Classification

Autres références

«  NATALISME  » est également traité dans :

DÉMOGRAPHIE

  • Écrit par 
  • Hervé LE BRAS
  •  • 8 952 mots

Dans le chapitre « Les politiques de population »  : […] Depuis longtemps, et même depuis l'apparition de la démographie dont c'était l'une des raisons d'être, les gouvernements puis les organisations internationales ont cherché à influencer l'évolution des populations dans des directions souvent opposées. Durant les xvii e et xviii e  siècles, la croissance démographique a été encouragée, notamment par immigration. Par exemple, la Prusse, dépeuplée pa […] Lire la suite

ESTONIE

  • Écrit par 
  • Céline BAYOU, 
  • Suzanne CHAMPONNOIS, 
  • Jean-Luc MOREAU
  •  • 9 142 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Une nouvelle politique nataliste ? »  : […] En 2011, l'Estonie comptait 1 294 000 habitants dont 15 p. 100 seulement avaient moins de quinze ans. Les Estoniens représentent 68 p. 100 de cette population, les Russophones 25 p. 100 et les minorités venues d'autres républiques 7 p. 100. La situation démographique, très préoccupante (le taux de natalité étant inférieur au taux de mortalité), a conduit le gouvernement à adopter une mesure tout […] Lire la suite

FAMILLE - Sociologie

  • Écrit par 
  • Rémi LENOIR
  •  • 5 316 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « L'enjeu social et politique des définitions de la famille »  : […] Ce n'est pas un hasard si Durkheim s'est tant intéressé à la famille. Car les réformes du droit de la famille cristallisaient à la fin du xix e  siècle et au début du xx e  siècle des oppositions parmi les plus profondes dans les univers politique, idéologique et économique de son temps. Il n'est guère d'époques, en dehors de la Révolution française et de celle de la révolution juridique des anné […] Lire la suite

LOGEMENT SOCIAL

  • Écrit par 
  • Susanna MAGRI
  •  • 4 032 mots

Dans le chapitre « Logement social et aménagement urbain »  : […] Si les principes régissant la forme de l'habitation restèrent immuables, l'objet de l'action changea au contraire au début du xx e  siècle. Dans le projet réformateur, celle-ci s'étend alors du logement au quartier, l'habitat nouveau étant placé dans une ville elle-même rationalisée. L'objectif s'en trouva déplacé : autant que la vie domestique, c'est la vie sociale qu'il s'agissait désormais de r […] Lire la suite

MALTHUSIANISME ET NÉO-MALTHUSIANISME

  • Écrit par 
  • Jean-François FAURE-SOULET
  •  • 4 241 mots

Dans le chapitre « Pays non surpeuplés »  : […] Alfred Sauvy remarque que la prévention est liée à l'idée d'affranchissement ; les pays non surpeuplés veulent s'affranchir moins de la rareté des biens que de la tyrannie des riches (chômage), des hommes (féminisme) ou simplement de la nature qui associe plaisir et procréation. Entre les deux guerres mondiales, le chômage fait considérer plutôt favorablement la réduction du taux de natalité. On […] Lire la suite

MUSSOLINI BENITO (1883-1945)

  • Écrit par 
  • Pierre MILZA
  •  • 3 761 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Le maître de l'Italie fasciste (1922-1940) »  : […] À partir de 1920, la vie de l'ancien directeur de l' Avanti ! se confond avec celle de son mouvement (devenu Parti national fasciste en 1921), puis avec celle du régime qu'il a instauré en octobre 1922 à la suite d'une période de violence dont le point d'aboutissement fut la « marche sur Rome » et la désignation de Mussolini comme Premier ministre : un régime dont le raidissement autoritaire et t […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Hervé LE BRAS, « NATALISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 mai 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/natalisme/