NAPOLÉON Ier BONAPARTE (1769-1821) empereur des Français (1804-1814 et 1815)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

L'Empire

L'établissement de la paix avait amené le Consulat à vie ; le retour de la guerre devait encourager la formation de l'Empire. Quand un complot d'assassinat financé par les Britanniques fut découvert en 1804, Bonaparte décida de réagir avec la vigueur appropriée. La police pensait que le chef réel de la conspiration était le jeune duc d'Enghien, descendant des Bourbons qui résidait en Allemagne, près de la frontière. En conséquence, avec l'accord de Talleyrand et du chef de la police, Joseph Fouché, le duc fut kidnappé en terrain neutre et amené à Vincennes, où il fut jugé et exécuté (21 mars). Cette action provoqua un sursaut d'opposition dans la vieille noblesse mais rehaussa l'influence de Fouché.

La fondation de l'Empire

Dans l'espoir de consolider sa nouvelle position, Fouché suggéra à Bonaparte que le meilleur moyen de décourager de nouveaux complots contre sa personne était de transformer le consulat à vie en empire héréditaire. En effet, la présence d'un héritier ôterait tout espoir de changer le régime par un assassinat. Bonaparte accepta volontiers la proposition et, le 28 mai 1804, l'Empire était proclamé. Ressuscitant des institutions dignes de l'Ancien Régime, Napoléon voulut être couronné par le pape en personne, de sorte que son couronnement fut plus impressionnant encore que celui des rois de France. Pie VII consentit à venir jusqu'à Paris et la cérémonie, aussi scandaleuse aux yeux des royalistes qu'à ceux des briscards de la Révolution, se déroula à Notre-Dame le 2 décembre 1804. Au dernier moment, l'Empereur prit la couronne des mains du pape et la posa lui-même sur sa tête.

Les titres princiers furent rétablis pour les membres de la famille de Napoléon en 1804 et une noblesse impériale fut créée en 1808. L'Empereur intensifia sa propagande et imposa à la presse une censure de plus en plus stricte. Un régime dictatorial lui permit de poursuivre ses guerres sans se soucier de l'opinion publique française. Président d [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 13 pages



Médias de l’article

Portrait de Napoléon Ier, Girodet-Trioson

Portrait de Napoléon Ier, Girodet-Trioson
Crédits : Erich Lessing/ AKG

photographie

L’Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, J.-L. David

L’Empereur Napoléon dans son cabinet de travail aux Tuileries, J.-L. David
Crédits : Courtesy National Gallery of Art, Washington

photographie

L'impératrice Joséphine

L'impératrice Joséphine
Crédits : Hulton Getty

photographie

Bataille du pont de Lodi

Bataille du pont de Lodi
Crédits : Erich Lessing/ AKG

photographie

Afficher les 14 médias de l'article





Écrit par :

  • : doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de Toulouse

Classification


Autres références

«  NAPOLÉON I er BONAPARTE (1769-1821) empereur des Français (1804-1814 et 1815)  » est également traité dans :

ABEILLES IMPÉRIALES

  • Écrit par 
  • Hervé PINOTEAU
  •  • 433 mots

Mouches et cigales font partie du mobilier funéraire mérovingien ; dans la civilisation de la steppe, la cigale est symbole de résurrection du fait de ses métamorphoses et, selon Édouard Salin : « La cigale mérovingienne évoque l'idée d'immortalité et elle est, plus ou moins indirectement, un héritage de traditions venues d'Extrême-Orient et apportées par le monde des steppes. » Lors de la découve […] Lire la suite

ABOLITIONNISME, histoire de l'esclavage

  • Écrit par 
  • Jean BRUHAT
  •  • 2 929 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'accord des puissances contre la traite »  : […] En Angleterre, en revanche, les abolitionnistes, en raison surtout de l'entêtement de Wilberforce et de son disciple Thomas Buxton, et aussi parce que le travail servile ne présente plus d'intérêt économique, obtiennent en 1807 la suppression de la traite. Le 1 er  janvier 1808, aux États-Unis, entre en vigueur une décision datée de 1794 qui interdisait l'importation d'esclaves d'Afrique. Ces mesu […] Lire la suite

ABOUKIR BATAILLE D' (1er août 1798)

  • Écrit par 
  • Universalis
  •  • 503 mots
  •  • 1 média

Appelée bataille du Nil par les Anglais, cette bataille est l'une des grandes victoires de l'amiral Nelson. Elle oppose le 1 er  août 1798 les flottes française et britannique dans la rade d'Aboukir, à proximité d'Alexandrie, en Égypte. En février 1798, le général Bonaparte, dont les ambitions inquiètent, convainc sans peine les membres du Directoire de l'utilité d'une invasion de l'Égypte afin de […] Lire la suite

AIGLE IMPÉRIALE

  • Écrit par 
  • Hervé PINOTEAU
  •  • 542 mots

Oiseau de Zeus puis de Jupiter, patron de Rome, l'aigle fut employé par les Barbares qui le considéraient comme le symbole de l'Être suprême (Édouard Salin). Des indices prouvent que Charlemagne l'employa au sommet du mât de ses navires (denier de Quentovic, après 804) et en mit une image en bronze au-dessus de son palais d'Aix (Richer, Thietmar). Ce symbole romain parvint aux Stauffen qui le plac […] Lire la suite

AJACCIO

  • Écrit par 
  • Bernard RAFFALLI
  •  • 894 mots
  •  • 1 média

Chef-lieu de la collectivité territoriale de Corse et du département de la Corse-du-Sud, « cité impériale » ainsi que la nomment ses habitants, Ajaccio (67 007 hab. en 2012) occupe dans la partie sud-ouest de l'île les bords d'un des plus beaux golfes de la Méditerranée . La légende prétendait que la ville avait été fondée par Ajax. En fait, parmi les diverses étymologies proposées pour Ajaccio, l […] Lire la suite

ANTISÉMITISME

  • Écrit par 
  • Esther BENBASSA
  •  • 12 221 mots
  •  • 9 médias

Dans le chapitre « Le choc de l'émancipation »  : […] L'émancipation des Juifs en France (1790-1791) suscite des réactions diverses. Il y a ceux qui craignent que les juifs ne remplissent pas leurs obligations à l'égard de la nation qui les a reconnus comme citoyens à part entière. Il y a aussi ceux qui par principe refusent cette entrée dans la nation, les partisans de l'ordre ancien, fondé sur la ségrégation et les discriminations. L'émancipation s […] Lire la suite

APPIANI ANDREA (1754-1817)

  • Écrit par 
  • Bruno FOUCART
  •  • 512 mots

Parmi les représentants majeurs du néo-classicisme, on doit à coup sûr compter Andrea Appiani. Aux côtés d'un Giani, plus tendu et brutal, d'un Camuccini, plus maniérisant, Appiani est en Italie dans la lignée de Mengs et d'Angelica Kauffmann le représentant d'un art où le retour à l'antique passe, entre autres, par une méditation des classicismes, de celui du Raphaël de la Farnésine à celui de Po […] Lire la suite

ARMÉE - Doctrines et tactiques

  • Écrit par 
  • Jean DELMAS
  •  • 7 992 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Masse, manœuvre et idéologie »  : […] La royauté française expirante léguait à la Révolution une armée dotée d'un règlement de manœuvre (1791), de l'amorce de l'organisation divisionnaire (1788) et d'un armement qui restera en service pendant toutes les guerres de la Révolution et de l'Empire (fusil 1777 et artillerie Gribeauval). La Révolution remplit ces structures de la masse des citoyens, les anima d'une idéologie dynamique et co […] Lire la suite

AUSTERLITZ BATAILLE D' (1805)

  • Écrit par 
  • Pascal LE PAUTREMAT
  •  • 298 mots
  •  • 1 média

En septembre 1804, renonçant à envahir l'Angleterre, Napoléon lance la Grande Armée depuis les côtes de la mer du Nord au cœur de l'Europe pour frapper séparément les coalisés russes et autrichiens. Après avoir obtenu la reddition du général Mack à Ulm le 20 octobre et fait son entrée dans Vienne abandonnée le 14 novembre, il recherche une victoire décisive sur les armées alliées de l'empereur d'A […] Lire la suite

BARRAS PAUL comte de (1755-1829)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 680 mots

Issu d'une famille provençale noble, Barras entre dans l'armée à seize ans, fait campagne aux Indes puis sous les ordres de Suffren, et donne sa démission à la fin de la guerre d'Indépendance. Suivent quelques années plus indolentes qu'actives, d'où il émerge inopinément comme député du Var à la Convention. Il y siège à la Montagne, vote la mort de Louis XVI, est envoyé dans le Midi pour une missi […] Lire la suite

BERTHIER ALEXANDRE (1753-1815) maréchal d'Empire (1804) prince de Neuchâtel (1806) prince de Wagram (1809)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 539 mots

Né à Versailles, ingénieur-géographe et officier de carrière, combattant valeureux de la guerre d'Amérique, Berthier, déjà connu comme officier d'état-major modèle, est lieutenant-colonel en 1789 ; avant de devenir le major-général (c'est-à-dire chef d'état-major) de Napoléon, il est celui de La Fayette à la tête de la garde nationale parisienne dès l'automne de 1789. Patriote à tout le moins fort […] Lire la suite

BLOCUS CONTINENTAL

  • Écrit par 
  • Marcel DUNAN, 
  • Universalis
  •  • 1 236 mots

Instrument principal de la lutte conduite par Napoléon I er contre l'Angleterre, le Blocus continental amena dans toute l'Europe des perturbations profondes. Bien que son étanchéité n'ait jamais été absolue, il faillit ruiner l'économie britannique et provoqua en Angleterre de très graves désordres sociaux. Mais, son extension à l'ensemble des pays d'Europe continentale étant la condition de son […] Lire la suite

BONAPARTE JOSEPH (1768-1844) roi de Naples (1806-1808) puis d'Espagne (1808-1813)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 405 mots
  •  • 1 média

Boursier au collège d'Autun, avocat en Corse, candidat malheureux à la Constituante puis à la Législative, antipaoliste réfugié à Marseille (où il fait un mariage avantageux avec une fille du riche négociant Clary), Joseph apparaît déjà, avant l'irrésistible ascension de son frère, comme un garçon charmant, bien qu'un peu infatué, sur lequel on ne peut guère compter. « Aussi suffisant qu'insuffisa […] Lire la suite

BONAPARTE LOUIS (1778-1846) roi de Hollande (1806-1810)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 396 mots

Aspirant d'artillerie en 1790, Louis Bonaparte prend part à la campagne d'Italie en 1796 comme aide de camp de son frère et se retrouve colonel de dragons au retour de l'Égypte. Dès ce moment, atteint peut-être d'une maladie sur la nature de laquelle on s'interroge, il donne des signes de fragilité psychique ; son hypocondrie et sa défiance maladive ne feront que s'accentuer. À la proclamation de […] Lire la suite

BONAPARTE LUCIEN (1775-1845)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 333 mots

Quand il s'enflamme pour les idées révolutionnaires et signe Brutus Buonaparte ses missives, Lucien n'est encore qu'un adolescent ; au début de 1793, il inspire à la Société populaire de Toulon une lettre à la Convention qui entraînera le décret contre Paoli, décret à la suite duquel Paoli fera appel à l'Angleterre. En 1799, président du Conseil des Cinq-Cents, Lucien, par sa présence d'esprit, pe […] Lire la suite

BONAPARTE PAOLETTA dite PAULINE (1780-1825) princesse BORGHÈSE (1803) duchesse de Guastalla (1806)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 240 mots
  •  • 1 média

Célèbre par sa beauté que Canova immortalisera dans le marbre , Paoletta Bonaparte encore adolescente fait déjà des « ravages ». Parmi ses prétendants, Napoléon fait écarter le conventionnel Fréron, dont il se méfie, agrée le général Duphot, malencontreusement assassiné à Rome en 1797, préconise le général Leclerc, officier de valeur, que Pauline épouse en 1801 et qui aurait fait un maréchal d'Emp […] Lire la suite

BRUNE GUILLAUME MARIE ANNE (1763-1815) maréchal d'Empire (1804)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 472 mots

Né à Brive-la-Gaillarde, clerc de procureur, puis imprimeur à Paris, Brune offre un exemple typique d'homme que rien ne semblait appeler à la carrière ni à la gloire des armes et dont la Révolution seule fit un soldat. (Parmi les autres maréchaux d'Empire, on pourrait citer encore le cas de Gouvion-Saint-Cyr, artiste peintre jusqu'en 1792.) Au début de la Révolution, Brune se lance dans le journal […] Lire la suite

CAMBACÉRÈS JEAN-JACQUES RÉGIS DE (1753-1824) deuxième consul (1799-1804) archichancelier d'Empire (1804)

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 624 mots

Né à Montpellier d'une famille de noblesse de robe, conseiller à la cour des aides de Montpellier en 1774, président du tribunal criminel de l'Hérault en 1790, Cambacérès arrive à Paris, député de son département à la Convention, comme juriste compétent, bon vivant notoire et révolutionnaire prudent ; tel il restera durant toute sa vie. Il siège au Marais, vote la mort de Louis XVI en termes volon […] Lire la suite

CAMPOFORMIO PAIX DE (1797)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 379 mots

La première campagne d'Italie de Bonaparte s'achève par la paix de Campoformio. La paix avec l'Autriche aurait tout aussi bien pu être dictée par Hoche, vainqueur des Autrichiens à Neuwied, près de Coblence, le 18 avril 1797. Bonaparte prend de vitesse ses collègues et Vienne préfère traiter avec ce général, car elle espère des compensations en Italie qu'elle ne pense pas obtenir sur le Rhin. Le D […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jacques GODECHOT, « NAPOLÉON Ier BONAPARTE (1769-1821) - empereur des Français (1804-1814 et 1815) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 21 mai 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/napoleon-ier-bonaparte/