ABOUKIR BATAILLE D' (1er août 1798)

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Appelée bataille du Nil par les Anglais, cette bataille est l'une des grandes victoires de l'amiral Nelson. Elle oppose le 1er août 1798 les flottes française et britannique dans la rade d'Aboukir, à proximité d'Alexandrie, en Égypte.

Bataille d'Aboukir

Photographie : Bataille d'Aboukir

Vue de la rade d'Aboukir, le 1er août 1798, au tout début de la manœuvre d'encerclement anglaise. Huile sur toile de Nicolas Pocock (1740-1821). 

Crédits : AKG-images

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En février 1798, le général Bonaparte, dont les ambitions inquiètent, convainc sans peine les membres du Directoire de l'utilité d'une invasion de l'Égypte afin de couper les routes commerciales de la Grande-Bretagne. Ayant appris qu'une importante expédition navale française se préparait, Londres dépêche une escadre sous le commandement du contre-amiral Nelson pour une reconnaissance au large de Toulon afin d'y surveiller les mouvements de la flotte française. Mais une tempête disperse les vaisseaux anglais et les contraint à regagner leur base à Gibraltar. Des vaisseaux supplémentaires y rejoignent Nelson le 7 juin, qui dispose désormais de 14 vaisseaux de ligne.

Entre-temps, l'expédition française a échappé aux Britanniques et s'est emparée de Malte le 10 juin. Une semaine plus tard, Bonaparte repart à destination de son principal objectif, l'Égypte. Nelson, qui a trouvé la rade de Toulon vide, devine l'objectif des Français mais, manquant de frégates pour effectuer des reconnaissances, il double la flotte française et arrive le premier en Égypte. Trouvant le port d'Alexandrie vide, il retourne promptement en Sicile pour réapprovisionner ses vaisseaux. Déterminé à trouver la flotte française, il appareille une nouvelle fois pour l'Égypte. Le 1er août, il repère enfin le gros de la flotte française – 13 vaisseaux de ligne et 4 frégates commandés par l'amiral François-Paul Brueys d'Aigalliers –, ancrée dans la baie d'Aboukir.

Bien qu'il ne reste que quelques heures avant la tombée de la nuit et que les vaisseaux de Brueys soient en forte position défensive, flanqués par une batterie côtière située sur la presqu'île d'Aboukir, Nelson donne immédiatement l'ordre d'attaquer. Plusieurs vaisseaux anglais parviennent à contourner la tête de ligne française et à s'infiltrer dans la baie à l'arrière de ses positions. Un combat féroce s'engage, au cours duquel Nelson lui-même est blessé à la tête. Vers 10 heures du soir, le vaisseau amiral de 120 canons de Brueys, l'Orient, le plus gros vaisseau engagé, explose avec tout son équipage. Le combat se poursuit durant le reste de la nuit. Les vaisseaux de guerre britanniques détruisent ou capturent tous les vaisseaux de ligne français, à l'exception de deux. Les Britanniques déplorent environ 900 victimes, les Français près de dix fois plus.

La bataille d'Aboukir a pour conséquence de bloquer l'armée de Bonaparte en Égypte, la condamnant à la désintégration, de permettre la reprise de Malte et, au-delà, d'assurer à Londres le contrôle de la Méditerranée.

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Pour citer l’article

« ABOUKIR BATAILLE D' (1er août 1798) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 29 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bataille-d-aboukir/