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MUSIQUES SAVANTES ET MUSIQUES POPULAIRES

L'exemple de la musique russe

Avant l'ère de Pierre le Grand, la vie musicale en Russie était partagée entre musique populaire – le folklore russe – et musique religieuse – la liturgie orthodoxe. Depuis l'époque du tsar Alexis Ier (1645-1676), l'usage des instruments était interdit au sein de l'Église orthodoxe, qui les considéraient comme diaboliques car détournant les fidèles de Dieu. Ce n'est qu'au xviiie siècle, sous Pierre le Grand, que la musique occidentale se fera connaître dans l'empire : en 1711, des musiciens français et allemands furent invités à jouer en Russie, à instruire des musiciens russes et à transmettre leur musique. Peu à peu, la musique instrumentale se développera, des conservatoires se créeront vers 1850 et le xixe siècle verra l'arrivée d'interprètes et de compositeurs importants pour l'évolution de la musique en Russie. Dans la première moitié du siècle, des liens commencent à se créer entre la musique populaire russe et la musique occidentale avec Mikhaïl Glinka, fondateur de « l'école russe ». Formé en Allemagne et en Italie, celui-ci revient en Russie et compose en 1836 le premier opéra russe, Une vie pour le tsar. Créé au théâtre Mariinski en présence du tsar Nicolas Ier, cet ouvrage connaît un tel triomphe qu'il fait de Glinka le premier compositeur de Russie.

Piotr Ilitch Tchaïkovski

Piotr Ilitch Tchaïkovski

Dans la seconde moitié du xixe siècle, le groupe musical formé autour de Mili Balakirev et qui réunissait César Cui, Modest Moussorgski, Alexandre Borodine et Nikolaï Rimski-Korsakov – connu sous le nom de « puissant petit groupe » en Russie et rebaptisé groupe des Cinq par les Français – prône un art fondé essentiellement sur le folklore. Fait notable, certains membres de ce groupe – Moussorgski, Rimski-Korsakov et Borodine – portent un grand intérêt à la musique de Berlioz. Cette période est également marquée par la personnalité de Piotr Illitch Tchaïkovski, à qui la critique reprochera parfois son côté trop occidentaliste. Ainsi, le monde musical russe fut très tôt partagé entre la culture nationale et la culture occidentale, tendance que l'on ne manquera pas de ressentir dans la personnalité de Sergueï Prokofiev.

Prokofiev, Chostakovitch et Khatchatourian

Prokofiev, Chostakovitch et Khatchatourian

Au début du xxe siècle, l'opposition entre ces deux mondes ne fera que se renforcer. Dès 1924, une scission radicale s'établit entre l'association des musiciens prônant la simplicité, et celle des musiciens contemporains, tournés vers les pays étrangers occidentaux dont ils jouent la musique. En 1930, la création, par le gouvernement, de l'Union des compositeurs réduira considérablement la liberté des artistes, limitant leurs créations au seul service du parti. Dans ce paysage, quelques irréductibles comme Prokofiev, Chostakovitch ou Khatchatourian tenteront, en vain, d'imposer leur propre style, au risque d'être accusés de « formalisme ».

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Écrit par

  • : musicologue, analyste, cheffe de chœur diplômée du Conservatoire national supérieur de musique de Paris, chargée de cours à Columbia University, New York (États-Unis)

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Roman de Fauvel

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Euridice, Giulio Caccini

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Josquin des Prés, motet Veni Sancte Spiritus

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Autres références

  • CHAMBRE MUSIQUE DE

    • Écrit par Pierre BRETON, Marc VIGNAL
    • 5 489 mots
    • 1 média
    Dans la période qu'inaugure l'après-guerre, la musique savante semble s'éloigner définitivement des musiques populaires. C'est au jazz que la danse et la chanson demandent maintenant cette sève qu'elles puisaient dans les valses et romances, autrefois véritables traits d'union entre deux...

Voir aussi