MONACHISME

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Le monachisme brahmanique et hindou

Ermites forestiers et « renonçants »

Il n'y a pas, à proprement parler, de vie cénobitique dans l'Inde brahmanique. Il y a d'une part des ermites forestiers (vānaprastha), que les Grecs appelèrent pour cette raison ὑλόϐιοι, d'autre part des ascètes (śramaṇa), qui sont des moines errants (parivrāj) et mendiants (bhikṣu) ; ce sont ceux qui ont entièrement renoncé (saṃnyāsin) à la société religieuse séculière. Les Veda et les deux premières Upaniṣad védiques ne font pas de distinction explicite entre ces deux états. Peu à peu cependant, à partir de la Śvetāśvatara Upaniṣad, la division se précise.

Les ermites forestiers sont des anachorètes sédentaires. Accompagnés ou non de leur femme, ils continuent de réciter les Veda, d'accomplir des sacrifices, prennent des bains lustraux. Ils y ajoutent la méditation silencieuse, la chasteté et d'extrêmes austérités (tapas). En pratiquant celles-ci, ils deviennent des accumulateurs d'énergie (tapasvin), rivalisant parfois même avec les dieux. Toutefois, retraite n'est pas rupture. Ces ermites forestiers font toujours partie de la société brahmanique et reçoivent, à l'occasion, des hôtes, comme on le voit au théâtre et dans l'épopée.

Il en va tout autrement pour les moines errants, les « renonçants ». Tolérés autant qu'admirés par la société religieuse séculière, ils ont, quant à eux, rompu tout lien avec elle. Ce qui les définit, au sens propre comme au sens figuré, c'est qu'ils sont sans feu ni lieu, sans attaches. La grande différence avec les moines bouddhistes ou jaïnistes, comme avec les ordres monastiques hindous postérieurs au viiie-ixe siècle, c'est qu'en quittant la société séculière ils ne deviennent pas des réguliers mais plutôt des irréguliers. Toutefois, un trait commun à leur vocation, et qui leur sert de règle informelle, c'est le vairāgya, avec sa double nuance de dégoût du monde ou mieux d'indifférence au monde. C'est là la condition décisive qui fait que ces v [...]

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Moines du mont Athos (Grèce), vers 1930

Moines du mont Athos (Grèce), vers 1930
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Bouddhisme népalais

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Écrit par :

  • : professeur au Collège de France, chaire d'étude du bouddhisme
  • : professeur émérite de philosophie indienne à l'université de Paris-Sorbonne
  • : moine bénédictin, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (IVe section)
  • : professeur de philosophie à l'université de Paris-X-Nanterre
  • : ancien professeur au collège philosophique et théologique de Toulouse, co-directeur de la collection Études musulmanes, collaborateur de l'Encyclopédie l'Islam
  • : docteur ès lettres, directeur d'études à l'École pratique des hautes études (Ve section)

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Pour citer l’article

André BAREAU, Guy BUGAULT, Jacques DUBOIS, Henry DUMÉRY, Louis GARDET, Jean GOUILLARD, « MONACHISME », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 avril 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/monachisme/