MALADIES INFECTIEUSES

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Transmission de l'agent infectieux

L'agent pathogène ne peut se maintenir en tant qu'espèce que par passage d'un organisme, malade, à un autre, sain, puisque tôt ou tard chaque individu meurt. Les micro-organismes pathogènes ont donc à s'adapter à un changement d'hôte.

Ce processus d'adaptation de l'espèce microbienne lors du changement d'hôte comprend trois étapes : d'abord la libération de l'agent infectant à partir de l'organisme infecté, puis le passage de l'agent infectant dans le milieu extérieur, et enfin la pénétration de l'agent infectant dans un nouvel organisme.

Libération de l'agent infectant par l'organisme infecté

Il semble qu'il y ait une électivité de la localisation initiale chez l'hôte de l'agent pathogène. Celui-ci acquiert ce tropisme au cours de son évolution, un organe ou un tissu particulier de l'hôte lui assurant les conditions d'existence les plus favorables. Par exemple, le mécanisme d'adaptation du bacille diphtérique au parasitisme dans la muqueuse du tractus respiratoire peut être représenté de la manière suivante : le microbe est diffusé dans l'air par les gouttelettes de mucus de la gorge du malade au cours de la toux, de l'éternuement ; de là, il gagne la muqueuse d'un autre individu pendant la respiration normale. Renforcée par la sélection au cours de l'évolution, l'adaptation du microbe au parasitisme dans la muqueuse de la gorge s'est ainsi opérée progressivement.

Cette électivité de localisation initiale de l'agent pathogène détermine non seulement la voie de libération de cet agent hors du corps de l'hôte, mais aussi celle de l'infection du nouvel hôte, de même que la nature du milieu extérieur dans lequel ira l'agent infectant : libéré dans l'air par les maladies du tractus respiratoire, le micro-organisme infectera un nouvel hôte lorsque celui-ci inspirera l'atmosphère contaminée. Quand l'agent pathogène a sa localisation initiale dans l'intestin de l'hôte, il est éliminé par la défécation, gagne le sol et éventuellement les réserves d'eau d'alimentation ; les futurs hôtes sont alors contaminés par voie alimentaire et digestive.

Passage de l'agent infectant dans le milieu extérieur

Épidémiologiquement, la plus importante période dans la transmission de l'agent infectant d'un malade à un sujet sain est celle pendant laquelle le micro-organisme est libre dans le milieu extérieur ; celui-ci peut lui procurer une survie dont la durée est liée à de nombreux facteurs : la lumière, les rayons ultraviolets solaires et la dessiccation ont un effet nocif sur beaucoup d'agents pathogènes. Cependant, certaines espèces microbiennes peuvent être longtemps sauvegardées, soit par l'existence d'une enveloppe lipidique protectrice (tel le bacille tuberculeux), soit par celle de formes de résistance en milieux défavorables (telles sont les spores de la bactéridie charbonneuse qui peuvent demeurer viables dans le sol pendant des dizaines d'années).

La température du milieu extérieur est très importante. Beaucoup de micro-organismes parasites de l'homme sont comme lui adaptés à la température de 37 0C, bien que certaines espèces puissent se maintenir à basse température. De même, une ambiance légèrement alcaline facilite souvent le développement des germes et un changement de pH est en général mal supporté par eux. Enfin, dans le milieu extérieur, le microbe pathogène va se trouver en compétition avec une flore saprophyte très variée ; vont alors jouer des phénomènes d'antagonisme importants, du reste mis à profit par l'homme dans les méthodes biologiques d'épuration des eaux usées. Il faut noter aussi que la survie de l'agent infectant dans le milieu extérieur dépend beaucoup des propriétés physico-chimiques de ce dernier : les substances alimentaires telles que la viande, le lait, les coquillages, constituent des milieux nutritifs très adéquats pour bon nombre d'espèces bactériennes.

Les divers micro-organismes se comportent différemment dans leurs réactions au milieu extérieur. Y sont incapables de survie ceux qui ne peuvent être cultivés sur milieux artificiels, comme les virus et les rickettsies. D'autres sont très fragiles, comme le gonocoque ou le pneumocoque. D'autres au contraire peuvent se défendre contre un milieu défavorable par la sporulation, ou l'existence d'une structure cellulaire spéciale. Ces différences de résistance selon le [...]

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Écrit par :

  • : docteur en médecine, chef de travaux à la faculté de médecine de Paris

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Pour citer l’article

Catherine DUPUIS, « MALADIES INFECTIEUSES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 15 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/maladies-infectieuses/