LIBERIA

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Nom officielRépublique du Liberia (LR)
Chef de l'État et du gouvernementGeorge Weah (depuis le 22 janvier 2018)
CapitaleMonrovia
Langue officielleanglais
Unité monétairedollar libérien (LRD)
Population4 913 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)97 036

Histoire

La naissance du Liberia contemporain est indissociable de la fondation de Monrovia par les premiers colons (settlers) américains. Mais l'histoire des sociétés autochtones est bien antérieure à cet événement. Dès le xve siècle, les Portugais jetaient l'ancre au large de cap Mesurado sur lequel, trois siècles et demi plus tard, les settlers américains allaient édifier Monrovia. Ce sont les Portugais qui ont donné à la région son nom de « côte des graines » ou « côte du poivre », nom qu'elle garda jusqu'à la création de la république du Liberia, et même par la suite. Du xvie au xviiie siècle, la région évolua au gré de la fluctuation des rapports de forces entre les grandes puissances européennes, la concurrence pour le contrôle du commerce des épices, de l'or, de l'ivoire et, plus tard, du « bois d'ébène », étant extrêmement vive entre notamment la France, la Hollande et l'Angleterre.

C'est précisément de la condamnation du trafic d'esclaves que germa aux États-Unis, au début du xixe siècle, l'idée de la création, en Afrique, d'un foyer réservé aux Noirs affranchis. Une association philanthropique, l'American Colonization Society, fondée en 1816, incarna cette idée, dans un contexte marqué par l'émergence du mouvement abolitionniste. À vrai dire, le projet américain n'était pas totalement nouveau. En effet, il s'inspirait dans ses grandes lignes d'un antécédent britannique : la création en Sierra Leone, en 1787, par la Grande-Bretagne, d'un foyer d'accueil pour les esclaves noirs affranchis. Mais l'expérience libérienne différait radicalement sur un point fondamental du « modèle » sierra-léonais : alors que la Sierra Leone ne rompit qu'en 1961 avec son statut de colonie de la couronne britannique, le Liberia accéda à l'indépendance dès 1847, et fut donc pendant plus de cent ans le seul État libre du continent africain.

Le premier obstacle qu'eurent à surmonter les initiateurs du projet fut l'attitude assez réservée des roitelets locaux. Les négociations aboutirent à un accord en décembre 1821. En échange de quelques produits manufacturés d'une valeur d'environ 300 dollars, la Société de colonisation se vit octroyer une bande côtière de 200 kilomètres de longueur et 65 kilomètres de largeur, en plus de deux îlots. Sitôt l'accord conclu, les premiers colons – cent quatre-vingt-un au total –, refoulés quelques mois auparavant de Freetown (Sierra Leone), débarquaient sur la petite enclave baptisée Monrovia en 1824 en hommage au président américain James Monroe. Au prix de combats meurtriers avec les populations autochtones rapidement excédées par l'expansionnisme des nouveaux arrivants, de nouvelles implantations se créèrent progressivement, d'autres associations philanthropiques américaines suivant l'exemple de la Société de colonisation. Au total, de 1822 à 1892, plus de seize mille esclaves affranchis furent ainsi ramenés des États-Unis, chiffre auquel il convient d'ajouter celui de cinq mille sept cents esclaves saisis sur les bateaux négriers arraisonnés. En 1839, les implantations décidaient en majorité de se fédérer en un Commonwealth of Liberia doté d'un conseil élu, mais toujours placé sous la tutelle de l'agent de la Société de colonisation. Néanmoins, le « protectorat » américain touchait à sa fin, les États-Unis éprouvant des difficultés à gérer un territoire si lointain. C'est donc avec l'assentiment de la Société de colonisation que les colons proclamaient l'indépendance du Liberia le 26 juillet 1847.

Le deuxième obstacle de taille que la jeune république dut vaincre fut celui des convoitises territoriales anglaises et françaises. La tâche prioritaire allait donc consister à fonder et à consolider la légitimité internationale du nouvel État. Dès 1848, Joseph Jenkins Roberts, le premier président du Liberia, obtint la reconnaissance de son pays par la Grande-Bretagne, à l'issue d'une tournée aux États-Unis et en Europe. Celle de la France allait suivre rapidement. En revanche, le gouvernement américain, confronté sur son territoire aux partisans de la ségrégation raciale, ne reconnut officiellement le jeune État qu'en 1862.

Le troisième problème posé à l'État libérien naissant concernait sa survie économique. Sans être totalement démuni, il devait néanmoins faire face à des besoins chroniques de liquidités cependant que son agricultu [...]

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  • : directeur de recherche au C.N.R.S., à Sciences Po Bordeaux

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Pour citer l’article

René OTAYEK, « LIBERIA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 20 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/liberia/