JOSQUIN DES PRÉS

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L'homme et le style

La réputation de Josquin, de son vivant, était supérieure à celle des autres musiciens. Ronsard, dans sa préface au recueil Mélange de chansons, publié en 1560 (réédité en 1572), cite parmi les disciples de Josquin : Mouton, Willaert, Richafort, Janequin, Maillard, Claudin (de Sermisy), Moulu, Jaquet, Certon et Arcadelt. Le mot disciple est ambigu. Mais si tous les musiciens cités par Ronsard n'ont pas été directement élèves de Josquin, ils lui sont tous redevables de leur technique.

On cite souvent le mot de Martin Luther : « Les musiciens font ce qu'ils peuvent des notes, Josquin en fait ce qu'il veut. » L'éditeur anversois Tylman Susato l'affirme « en son temps très excellent et superéminent en sçavoir musical ».

L'Italien Cosimo Bartoli écrit en 1567 : « De Josquin, on peut dire qu'il fut, en musique, un monstre de la nature comme le fut en architecture, en peinture, en sculpture, notre Michelangelo Buonarroti. » En 1576, l'édition des Mélanges de Roland de Lassus porte un sonnet de J. Megnier dont nous extrayons ce vers : « Josquin aura la palme ayant été premier. »

Du style et de la technique de ses prédécesseurs – Dufay, Busnois, Ockeghem, Obrecht – Josquin a hérité une parfaite connaissance de toutes les subtilités du contrepoint, et même prolonge-t-il, en les modifiant à sa guise, certains principes issus de l'Ars nova du xive siècle (l'isorythmie, par exemple). Mais lors même qu'il recourt aux artifices d'écriture les plus complexes (augmentations, diminutions, récurrences, canons à l'écrevisse), il le fait avec une telle aisance qu'on oublie la technique : la polyphonie est aérée, lumineuse, élégante, et donne une singulière impression d'équilibre et de facilité.

Une autre originalité de Josquin est son art de faire valoir le sens figuratif ou affectif d'un mot dans le texte. Prend-il un texte aussi ingrat à mettre en musique que le récit évangélique de la généalogie du Chr [...]


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Josquin des Prés

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Adieu mes amours, Josquin Des Prés

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Pour citer l’article

Roger BLANCHARD, « JOSQUIN DES PRÉS », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 31 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/josquin-des-pres/